1. Dossiers
  2. Intercommunales

"Le président du comité est coupable de négligence"

Ce jeudi, la Commission d'enquête parlementaire Publifin a entendu six membres du CA de Publifin, qui étaient aussi membres des comités de secteur controversés et qui n'ont pas averti le CA des dysfonctionnements de ces derniers. Ils ont accusé le président du comité Claude Emonts de négligence.
  • Rendez-vous jeudi 13 avril pour la suite des auditions

    Seront auditionnés jeudi :

    • Pierre Stassart (PS), échevin de l'instruction publique à Liège et administrateur de Publifin.
    • Virginie Defrang-Firket (MR), députée wallonne et ancienne vice-présidente du conseil d'administration et du bureau exécutif de Publifin.
    • Didier Hamers (CDH), administrateur et de ancien vice-président de Publifin.
    • Marc Hody (Ecolo), administrateur de Publifin.

    Le vendredi 14 avril, les commissaires entendront les présidents des fédérations politiques liégeoises des partis, à savoir le bourgmestre de Liège Willy Demeyer (PS), le ministre fédéral et bourgmestre en titre de Chaudfontaine Daniel Bacquelaine (MR), l'ex-député provincial et vice-président de Publifin-Nethys Dominique Drion (cdH) - dont ce sera la seconde audition - et l'ancien député wallon Christian Noiret (Ecolo). Les présidents des fédérations provinciales ont été à plusieurs reprises ciblés par les auditionnés de la commission Publifin dans la mise en place et la rémunération des comités de secteur.

    Le président de Publifin et de Nethys André Gilles sera également entendu le 14 avril, pour la troisième fois, après un première séance devant la commission spéciale, et une autre devant la commission d'enquête.

  • Point sur la situation

    • Le président du CPAS d'Awans Maxime Bourlet (MR), membre du CA et d'un comité de secteur de Publifin, a reconnu un manque de vigilance mais réfuté tout volonté de lucre ou de contourner la légalité.
    • Comme ses deux prédécesseurs, il a affirmé que les rémunérations fixes lui avaient été présentées comme recouvrant l'ensemble des prestations relatives au comité de secteur et au CA. "J'ai toujours pensé qu'elles étaient légales parce que cela nous a été présenté comme entrant dans le cadre du décret wallon sur la rémunération des intercommunales". Une interprétation erronée, a rappelé Stéphane Hazée (Ecolo).
    • Maxime Bourlet a expliqué ses absences au comité de secteur (4 sur 9) par des incompatibilités d'agenda, mais il a souligné son implication au sein du CA. Quoi qu'il en soit, le réformateur reconnaît une "grosse erreur d'appréciation de ma part: je n'ai pas à suffisance mesuré que, pris isolément, le fonctionnement des comités de secteur posait un réel problème de gouvernance."
    • L'homme se dit d'accord pour assumer la responsabilité politique, mais pas seul. Il parle d'un dysfonctionnement systémique des mécanisme de contrôle de la gouvernance publique. "Le CA aurait dû être plus vigilant. On aurait dû être plus incisif."
    • Contrairement à ses prédécesseurs Raphaël Amieva (cdH) et André Stein (MR) qui avaient décrit des administrateurs prenant des décisions sans connaître tous les tenants et aboutissants, lui affirme avoir voté la structure du groupe "en toute connaissance de cause". Paradoxalement, il a défendu avec ardeur cette structure pour son intérêt entrepreneurial et pour l'emploi, tout en concédant qu'elle n'était plus adaptée au contrôle par les communes. "Je suis libéral, mais je ne partage pas votre libéralisme, je suis profondément heurté", s'est exclamé le vice-président du MR, Jean-Luc Crucke.
    • Interrogé sur un remboursement des montants perçus dans les comités de secteur, Maxime Bourlet n'a pas voulu laisser penser qu'il "fait de la politique par esprit de lucre." Pour cette raison, il se dit prêt à rembourser via des dons à des associations, mais attend pour ce faire le résultat des procédures en cours (disciplinaire au sein de son parti, parlementaire au sein de la commission d'enquête, et judiciaire via l'information ouverte au parquet général).
    • La conseillère provinciale Marie-Noëlle Mottard (MR), membre du CA de Publifin, a défendu son activité et sa rémunération au sein du comité de secteur Énergie - pourtant apparemment purement informatif -, laissant à plusieurs reprises les députés pantois.
    • La Waremmoise reconnaît le manque d'activité du comité de secteur, mais elle en attribue la responsabilité au président de cet organe, Claude Emonts (PS). "On lui a demandé de faire plus de réunions. Il voulait les faire toujours plus courtes; on lui demandait de fixer une nouvelle date, il refusait, au motif que cela nécessitait un travail du staff administratif et qu'on serait convoqué ultérieurement."
    • Mme Mottard affirme avoir alerté Georges Pire et André Gilles de ce manque d'activité. Ces derniers avaient pourtant affirmé, lors de leurs auditions, n'avoir pas été mis au courant. Elle regrette d'être pointée du doigt alors qu'elle a alerté. Et si elle-même n'a pas mis le point à l'ordre du jour du CA, c'est que "pour des conflits de personnes, la règle en politique veut que l'on tente d'abord de régler le conflit en dehors de la place publique..."
    • Les près de 800 euros nets mensuels qu'elle a touchés au sein du comité de secteur couvraient aussi son investissement au CA selon elle. Ce montant était le même que celui qu'elle touchait au bureau exécutif de l'intercommunale ALG. Chez Publifin, cette rémunération n'était pas volée dit-elle: elle y traitait de problèmes d'index, de lecture des factures, de raccordements à Voo, de dossiers perdus lors d'une migration de dossier, de plan de délestage, de remplacement de compteurs de gaz vétustes, etc. Bruno Lefebvre (PS) s'est étonné de certaines de ces missions, et de ne retrouver aucune trace écrite de ce travail. "On a fait des recommandations au management, qui ne sont pas écrites...", a répondu Mme Mottard.
    • La conseillère provinciale a laissé entendre que ces rémunérations devaient aussi être mises en perspective avec son investissement de 20 ans en politique, dans des mandats souvent non rémunérés. "Les réunions sont en journée, et moi je suis indépendante. Depuis ce matin, moi j'ai zéro", a lancé l'avocate aux députés. Bruno Lefebvre lui a rappelé le sens de l'engagement public.
    • Mme Mottard dit qu'elle ignorait que des membres du comité de secteur percevaient aussi les mêmes rémunérations fixes sans être membres du CA. C'est là que se trouve le scandale selon elle.Elle assure aussi n'avoir pas remarqué qu'elle avait voté sur ses propres rémunérations lors du CA de juin 2013. "N'aviez-vous pas reçu toutes les informations" de la hiérarchie, a questionné Jenny Baltus-Möres (MR). "Vous allez loin dans vos suppositions. Et s'ils avaient tout simplement oublié? ", a répondu l'intéressée, laissant une nouvelle fois les députés ébahis.
    • Cinquième des six membres du CA et de comité de secteur de Publifin à défiler ce jeudi devant la commission d'enquête, la députée provinciale Vinciane Pirmolin (cdH), qui avait été présente à toutes les réunions de comité de secteur, a été relativement épargnée par les députés. L'actuelle présidente du cdH pour l'arrondissement de Liège a jugé les réunions du comité de secteur Energie "toujours très intéressantes et enrichissantes, en tant que mandataire chargé d'assurer le relai entre les niveaux local, provincial et le management".
    • Elle convient que le comité ne s'est pas réuni assez souvent, mais a reporté la faute sur le président du comité. Elle-même avait régulièrement réclamé de connaître la date de la prochaine réunion, a-t-elle assuré. "On aurait pu être plus pro-actif", reconnaît-elle toutefois. Quant à la rémunération, elle lui avait été présentée comme un package pour toutes ses prestations au sein de Publifin (CA, AG et comités), a-t-elle assuré, répétant sur ce point ce qu'avaient dit ses prédécesseurs.
    • "Vous êtes la bonne élève de la classe puisque vous étiez toujours présente, mais ça reste très très bien payé pour une conférence, aussi intéressante soit-elle", a relevé Patrick Prévot (PS). La centriste a reconnu qu'elle n'avait regardé que son propre cas et n'avait sans doute pas été assez attentive au manque de réunions. "Je n'ai pas regardé ce qu'il se passait dans l'assiette de l'autre"
    • L'échevin de Seraing Eric Vanbrabant (PS), administrateur chez Publifin, a placé l'activité et les rémunérations fixes du comité de secteur Énergie dans la continuité de celles du précédent secteur gaz, sans éviter les paradoxes. "Avec le recul, je crois que le jeton de présence aurait été plus judicieux, mais on a hérité du passé, et je ne me suis pas inquiété de ce que cette rémunération était bien en lien avec ce qui était fait", a indiqué celui qui est également président du holding de participations financières Publilec. Il renvoie notamment les responsabilités au comité de rémunération et au président de comité.
    • Plaidant la continuité des instances, M. Vanbrabant a paradoxalement reconnu un "changement fondamental" de ces dernières avec la création du comité de secteur Énergie en 2013. "C'était plus un organe d'information technique". Malgré cela, l'homme dit ne pas avoir eu le sentiment d'avoir commis une erreur. "Mais si la justice démontre une responsabilité, je me plierai à une éventuelle sanction. "Je me suis posé la question quand le scandale a éclaté, mais c'est très facile de réécrire l'histoire. Le premier organe auquel cela devait être réglé était le conseil d'administration. Je le reconnais, je ne l'ai pas fait."
  • Fin des auditions pour aujourd'hui

    Eric Vanbrabant quitte le fauteuil d'auditionné.

  • "Je suis un petit mandataire, je me suis fait tout seul"

    Eric Vanbrabant ©Rtbf Auvio

    "Mes rémunérations cumulées avoisinent les 100.000 euros brut par an", explique l'échevin de la ville de Seraing, ajoutant "Et tout est public, je n'ai aucun mandat privé".

    Un jour on me dit que les rémunérations sont légales, un jour on me dit non.
    Eric Vanbrabant

    "Eric Vanbrabant essaye alors de se justifier sur les rémunérations qu'il a perçues: "Un jour on me dit que les rémunérations sont légales, un jour on me dit non. Je suis un petit mandataire, je me suis fait tout seul. Si je compare les rémunérations aux réunions effectives, ce que je gagne en tant qu'échevin à Seraing pour une réunion par mois, cela va provoqué l'émoi aussi", explique-t-il.

    "Faites attention, vous êtes sur une pente dangereuse, vous comparez des soi-disant prestations dans des comités bidons à votre travail d'échevin que personne n'a remis en cause", le prévient Stéphane Hazée. "J'essaye simplement de vous expliquer mon raisonnement", répond Eric Vanbrabant.

    "Au CA de Publifin, nous n'avions aucun contact, aucun lien avec les comités de secteur, je ne savais même pas qui les composait", conclut l'échevin socialiste.

  • "Les rémunérations étaient excessives"

    ©BELGA

    "Je suis représentant de mon parti mais également d'un des actionnaires principaux de Publifin, la ville de Seraing", déclare d'emblée Eric Vanbrabant.

    Je ne suis pas là pour émettre un avis sur la présence ou l'absence des gens.
    Eric Vanbrabant

    "Je n'ai pas décidé des rémunérations, elles ont été proposées par le comité de rémunérations. Rien ne me paraîssait anormal par rapport à la manière dont les choses nous ont été présentées", explique l'échevin à la ville de Seraing, avant de poursuivre sur l'absence de certains membres du comité: "A partir du moment où on a un mandat, il y a des gens qui l'assument complètement, d'autres qui ne l'assument pas. Je suis là en tant que représentant de la ville de Seraing, je ne suis pas là pour émettre un avis sur la présence ou l'absence des gens. Si le système permet ce genre de comportement, je ne suis que peu étonné. Ils avaient peut-être de bonnes raisons de ne pas y être, je ne vais pas m'exprimer à ce propos-là", affirme-t-il sereinement.

    "A aucun moment il n'y a eu de réunion sans ordre du jour. Je trouvais ces comités de secteur beaucoup plus intéressant que d'être dans un CA", admet-il. En ce qui concerne les rémunérations, Eric Vanbrabant affirme: "Je trouve que les montants sont relativement excessifs. Est-ce que j'ai commis une erreur dans l'exercice de ma fonction, je n'en ai pas le sentiment. S'il s'avère que j'ai la moindre responsabilité, je me plierai à la sanction qui me sera imposée."

  • C'est au tour d'Eric Vanbrabant d'être auditionné

    Eric Vanbrabant (PS) est échevin à la ville de Seraing. Il a touché 67.198 euros pour avoir participé à 5 réunions sur les 7 prévues à l'agenda.

  • "Les communes avaient le pouvoir d'agir"

    "Les communes n'ont jamais rien demandé. Aux Assemblées Générales, leur taux de présence était très faible donc il serait assez malvenu qu'elles viennent se plaindre après. Il n'y a jamais eu d'interventions de leur part, ils n'ont pas posé de questions", précise Vinciane Pirmolin à Stéphane Hazée qui s'interroge sur le respect de l'intérêt communal.

    Jean-Luc Crucke pose alors un constat pour expliquer ce silence des communes: "Cela ne sert-il pas à rien pour elle d'intervenir puisque ce sont les provinces qui sont actionnaires majoritaires?". Ce à quoi la présidente du CDH liégeois répond: "Dans une Assemblée Générale, tout le monde peut s'exprimer et si c'est intéressant, cela peut provoquer le débat et d'autres poseront alors des questions et ainsi de suite."

  • "Peut-être égoïstement, je n'ai jamais cherché à savoir les rémunérations des autres"

    Vinciane Pirmolin ©Rtbf Auvio

    "Dominique Drion a été à la tête du CDH liégeois pendant 18 ans, du coup, de temps en temps, il donne des infos, mais aujourd'hui, c'est bel et bien moi qui est à la tête de l'arrondissement liégeois", déclare Vinciane Pirmolin, en réponse à Jean-Luc Crucke qui s'interroge sur le rôle que pouvait encore jouer l'élu.

    Peut-être égoïstement, je n'ai jamais cherché à savoir les rémunérations des autres.
    Vinciane Pirmolin

    "Lors du CA de juin 2013, aucun chiffre n'a été donné, je ne suis même pas sûre que le mot rémunérations ait été évoqué", explique la présidente du CDH liégeois. "Par rapport aux rémunérations des autres membres des comités de secteur, je me suis dit que les gens qui étaient dans le même comité que moi gagnaient la même chose que moi. Entre nous, on ne parle jamais d'argent. Peut-être égoïstement, je n'ai jamais cherché à savoir les rémunérations des autres", admet la CDH.

    "Moi, je retrocédais une partie de ma rémunération à ma fédération politique de l'arrondissement de Liège, c'est normal, tout le monde fait comme ça", explique Vinciane Pirmolin.

    Le rôle de l'intercommunale, c'est tout ce qui concerne les salariés.
    Vinciane Pirmolin

    "Quelle est la responsabilité des administrateurs de Publifin alors que le centre stratégique était dans Nethys ?", demande Frédéric Gillot. "Le rôle de l'intercommunale, c'est tout ce qui concerne les salariés. Il y avait les retours d'information de Nethys à postériori également", admet la présidente du CDH liégeois sans vraiment convaincre. "Vous faisiez un boulot de RH quoi", s'exclame le député PTB. "On a commencé à travailler en 2013 et le changement de structure a été décidé en 2014, c'est tout ce que je peux vous dire", répond l'élue CDH.

  • "Un peu naïvement, je pensais qu'il y avait un échange entre le président du comité de secteur et le management"

    ©BELGA

    "C'est la fédération provinciale du CDH qui m'a désignée pour devenir administratrice de Publifin. On devait amener notre expérience de terrain et faire des recommandations. Les réunions étaient intéressantes en tant que mandataires de terrain. Elles étaient préparées de manière sérieuse par le management de Publifin et discutées avec entrain en séances", déclare d'emblée Vinciane Pirmolin.

    "Lorsqu'on m'a proposé de devenir membre du comité de secteur énergie, on m'a précisé que c'était une seule rémunération pour l'ensemble des mandats. Je savais que c'était un montant mensuel fixe mais je ne savais pas combien cela allait être", admet la présidente du CDH liégeois. "Au démarrage, comme c'était les vacances, je me suis dit que tout tournait au ralenti et que c'était normal. Après, on a eu une première réunion en septembre 2013 et puis la deuxième au printemps 2014", précise-t-elle. "Un peu naïvement, je pensais qu'il y avait un échange entre le président du comité de secteur et le management. Ce n'était pas le cas", avoue-t-elle.

    96%
    Vinciane Pirmolin est une des meilleures élèves avec une présence de 96% aux réunions de Publifin.

    A la remarque de Patrick Prévot qui la félicite d'avoir été une des meilleures élèves avec une présence de 96% aux réunions de Publifin, l'élue CDH répond: "Quand on me demande d'exercer un mandat, je me donne à fond. La seule réunion que j'ai ratée, c'est parce que j'avais un conseil communal en même temps, donc je ne savais pas être aux deux endroit."

    "Les rémunérations ont été déterminées par d'autres que nous et elles comprenaient un tout. Il ne faut pas les réduire à quelques réunions par an, il y avait du travail et il fallait assister aux Assemblées générales également", précise Vinciane Pirmolin.

  • C'est au tour de Vinciane Pirmolin d'être auditionnée

    Vinciane Pirmolin (CDH) est présidente du CDH liégeois. Elle a touché 67.198 euros pour avoir participé, et c'est une des rares, à toutes les réunions prévues à l'agenda.

  • "Il y a un problème au niveau de l'attribution des mandats, ce n'est pas sain"

    "Il y a un problème au niveau de l'attribution des mandats, ce n'est pas sain. Puisque ce sont toujours les mêmes personnes qui désignent, on en arrive à des dérives", déclare Marie-Noëlle Mottard. "La population n'en veut pas aux gens qui gagnent de l'argent, ce qui les embête, c'est quand on leur dit que des gens sont payés ça, et puis il y a ça, et ça et ça", tente d'expliquer la conseillère provinciale de Liège.

    "Il n'y a pas d'échanges par mail ou téléphonique après les réunions ?", demande André-Pierre Puget. "Non, une fois, on a débattu un peu d'une question au conseil provincial, mais c'est tout", rétorque la conseillère communale MR. Alors que Stéphane Hazée l'interroge sur ses rétributions à sa fédération politique, Marie-Noëlle Mottard répond: "Je verse 25 euros par mois à ma fédération politique provinciale et 100 euros par mois à la fédération politique locale. Ce sont deux montants fixes".

  • "67.000 euros ? Pour le travail que je fais depuis des années, je l'ai bien mérité"

    "Ce n'est pas correct de dire 67.000 euros pour être allée à des comités de secteur, cela fait longtemps que je suis en politique, je pense que pour tout le travail que je fournis, je l'ai bien mérité", explique Marie-Noëlle Mottard, tentant de convaincre des députés qui essayent de lui faire comprendre que son mandat à Publifin n'était pas une compensation pour toute sa carrière politique.

    Avec le recul, oui peut-être, je consens que j'ai peut-être fait une petite erreur.
    Marie-Noëlle Mottard

    "Pour moi, on n'a pas voté les rémunérations au CA et je ne suis pas membre de l'Assemblée Générale", s'énerve la conseillère provinciale de Liège. "Je ne pense pas qu'on nous cachait systématiquement des choses. Pour moi, c'était de la négligence, ce n'est pas volontairement qu'on a fait quelque chose d'illégal. Il y a eu des dysfonctionnements c'est clair, mais de là à suspecter que tout le monde a commis des infractions pénales", poursuit-elle. "On vous a caché les rémunérations non ?", demande une députée. "Ils ont peut-être oublié", réplique la conseillère communale de Waremme, une réponse qui ne convainc personne.

    J'ai raté 3 réunions des comités de secteur, parce qu'une fois, j'avais une réunion ailleurs, une fois j'étais pris dans un embouteillage et une fois je m'étais trompé de date.
    Marie-Noëlle Mottard

    "J'ai raté 3 réunions des comités de secteur, parce qu'une fois, j'avais une réunion ailleurs, une fois j'étais pris dans un embouteillage et une fois je m'étais trompé de date", affirme Marie-Noëlle Mottard. "Pourquoi n'avez-vous pas réagi davantage à la hauteur des rémunérations par rapport aux absences aux réunions ?", demande une députée. "Avec le recul, oui peut-être, je consens que j'ai peut-être fait une petite erreur", se contente de répondre la conseillère MR.

  • "J'ai eu une rémunération confortable mais pas scandaleuse"

    Marie-Noëlle Mottard ©Rtbf Auvio

    "J'ai dénoncé le problème à ceux qui étaient au-dessus de moi. L'ais-je dénoncé au CA ? Non, j'ignorais que cette situation de dysfonctionnement entraînais un scandale financier pour certains. Pour moi, ceux qui ne venaient pas, ils n'étaient pas payés", déclare Marie-Noëlle Mottard.

    "On a l'impression que l'existence de ces comités de secteur étaient cachés, c'est faux. Dans les premières pages de rapport annuel, il était écrit noir sur blanc. Aux assemblées générales, personne n'a jamais posé de questions sur ces comités de secteur", affirme la conseillère provinciale de Liège.

    "J'ai l'impression d'être pire qu'un criminel. J'ai eu 750/800 euros net par mois pour ce travail. C'est vrai que le comité de secteur ne s'est pas réuni aussi souvent qu'il aurait dû le faire. Les rémunérations ne se limitent pas à aller simplement à une réunion. Il y a du travail avant, après, il y a des représentations à effectuer pour l'intercommunale", se justifie-t-elle. "J'assume pleinement la rémunération que j'ai reçue. Je regrette que les comités de secteur n'aient pas bien fonctionné mais j'ai eu une rémunération confortable mais pas scandaleuse", continue-t-elle.

  • "A Liège, il n'était pas question de parler de rémunérations de mandataires"

    ©Photo News

    "Lorsque j'ai été désignée administratrice de Publifin, on m'a parlé au sein de mon parti de ce comité de secteur énergie. J'ai posé la question de savoir ce que c'était exactement parce que cela me paraîssait bizarre dans le sens où on avait jamais parlé de comité de secteur énergie au CA de Tecteo/Publifin que je venais de quitter. On m'a expliqué les intérêts de ce nouveau secteur énergie qui avait été élaborée par les 4 fédérations politiques traditionnelles de façon totalement légale", déclare d'emblée Marie-Noëlle Mottard, avant de poursuivre: "Cela paraîssait raisonnable et utile donc j'ai accepté le mandat car avant j'étais au comité de secteur gaz et ici, c'était le même secteur qu'avant sauf qu'il était devenu "énergie", donc cela recouvrait un secteur plus large. C'était la même rémunération que j'avais au comité de secteur gaz précédemment".

    A Liège, il n'était pas question de parler de rémunérations de mandataires.
    Marie-Noëlle Mottard

    "J'ignorais les rémunérations des autres membres du comité de secteur. Je les ai apprises le même jour que vous en ouvrant le journal. A ma connaissance, il n'existe pas une quelconque instance qui priverait un administrateur de sa rémunération", explique la conseillère communale de Waremme. "A Liège, il n'était pas question de parler de rémunérations de mandataires. Aujourd'hui, c'est encore souvent le cas en province de Liège. Les conseillers communaux ne savent pas combien gagne le bourgmestre", affirme la conseillère MR.

    A chaque réunion, alors que les membres voulaient continuer de parler, il fallait faire au plus court.
    Marie-Noëlle Mottard

    Quant aux dysfonctionnements du comité de secteur, Marie-Noëlle Mottard explique: "Les réunions du comité devaient s'aligner sur celles du CA de Tecteo. Il fallait 4 réunions par mois...euh par an...ça aurait été peut-être mieux par mois" rigole nerveusement Marie-Noëlle Mottard, devant des députés de marbre. "A chaque réunion, alors que les membres voulaient continuer de parler, il fallait faire au plus court. Normalement, à la fin de chaque réunion, on devait fixer la suivante mais on ne le faisait jamais car c'était l'administration qui devait s'en charger", conclut la conseillère provinciale de Liège.

  • C'est au tour de Marie-Noëlle Mottard d'être auditionnée

    Marie-Noëlle Mottard (MR) est conseillère communale à Waremme et conseillère provinciale de Liège. Elle a touché 67.198 euros pour avoir participé à 6 réunions sur les 7 prévues.

    ©Photo News

  • La reprise des auditions prend du retard

    Tous les députés ne sont pas encore revenus de la pause dîner.

  • Les auditions se poursuivront après la pause

    Nous sommes à la moitié des auditions. Après la pause seront entendus :

     

    • Marie-Noëlle Mottard (MR) est conseillère communale à Waremme et conseillère provinciale de Liège.
    • Vinciane Pirmolin (CDH) est présidente du CDH liégeois.
    • Eric Vanbrabant (PS) est échevin à la ville de Seraing.
  • Suspension de la séance

    C'est la pause midi. Reprise des débats à 14h15.

  • "Je suis libéral mais je ne partage pas votre libéralisme, je suis honteux de ce que j'entends ici"

    "A travers les investissements dans la presse, ils se font connaître dans un secteur très important", soutient Maxime Bourlet face aux questions de Stéphane Hazée. "C'est une manière de pénétrer le marché. Une marque qui veut se faire connaître quelque part, elle s'implante et ainsi, elle fait parler d'elle", continue le jeune MR.

    "Avec de l'argent public", lui rétorque Jean-Luc Crucke. "Oui, avec des capitaux publics, où est le problème?", lui répond, avec le sourire, le président du CPAS d'Awans, qui ne semble pas mesurer la gravité de ses propos. "Je suis libéral mais je ne partage pas votre libéralisme. Je suis honteux de ce que j'entends ici", s'énerve Jean-Luc Crucke, alors que la président met un terme à la première partie des auditions.

  • Maxime Bourlet, meilleur avocat de Stéphane Moreau ?

    Maxime Bourlet ©Rtbf Auvio

    "Quand j'ai reçu le premier versement, j'ai été étonné. J'ai demandé à un ancien administrateur qui m'a dit que c'était normal et je me suis référé au décret de 2007 qui fixe les barêmes de rémunérations, donc je n'ai pas voulu aller au-delà", admet Maxime Bourlet.

    Je ne pense pas que les décisions qui ont été prises allaient à l'encontre de l'intérêt communal.
    Maxime Bourlet

    "J'assume les orientations stratégiques. Je ne pense pas que les décisions qui ont été prises allaient à l'encontre de l'intérêt communal. Par rapport au Congo, nous n'avons pas été informé. Les journaux dans le sud de la France, je pense que cette décision de Nethys est de développer le savoir-faire éolien dans la région Provence-Alpes-Côtes d'Azur. Avoir de la presse là-bas va aider et cela pourra à l'avenir créer des emplois", exprime fièrement le président du CPAS d'Awans.

    "Vous ne croyez pas que c'est un peu loin des préoccupations des Liégeois ?", demande le député André-Pierre Puget, qui tente de le ramener les pieds sur terre. "C'est important pour la rémunérations des dividendes, c'est ce que veulent les actionnaires", répond le jeune MR. "Vous êtes le meilleur avocat de Stéphane Moreau", répond le député Puget.

    C'est une trahison pour l'intérêt communal.
    Frédéric Gillot

    "Je vous sens enthousiaste Monsieur Bourlet", s'exclame Frédéric Gillot, sous les rires nourris de la salle. "C'est une trahison pour l'intérêt communal". "Compte tenu de votre idéologie et de la mienne, c'est normal que nous ne soyons pas d'accord", se contente de rétorquer Maxime Bourlet. "Au niveau éthique, en tant que président du CPAS, où vous avez affaire à des gens en détresse financière, vos rémunérations ne vous posent pas un problème ?", demande le député PTB. "Que je fasse un mandat pour 5 ou 5.000 euros, je me donnerai toujours de la même manière", répond Maxime Bourlet, qui semble vouloir éluder la question. "Mais ça ne vous pose pas un problème vis-à-vis des gens, des citoyens ?", insiste le député. Maxime Bourlet ne répondra pas...

  • "J'ai eu une grosse erreur d'appréciation, c'est vrai"

    ©BELGA

    "J'aimerais nuancer ma participation aux organes de l'intercommunale. Mon mandat et l'indemnité qui en découlait recouvrait ma participation aux comités de secteur, au CA et mon engagement personnel. J'ai participé à seulement 4 réunions du comité de secteur, mais c'était par une incompatibilité d'agenda. Pas par un manque d'intérêt. J'ai participé à 25 réunions du CA sur 30 également", déclare d'emblée Maxime Bourlet. "J'ai été désigné par ma fédération, ce qui m'a semblé cohérent. Je me suis toujours intéressé aux matières qui touchaient de près ou de loin à l'énergie", poursuit-il.

    En nous apercevant de la non-tenue des réunions, on a alerté le président.
    Maxime Bourlet

    "Le premier comité de secteur s'est tenu en octobre 2013 au siège de l'ALE. On a été informé du caractère consultatif des comités de secteur. Je ne m'en inquiète pas puisque j'ai un rôle décisionnel au sein du CA. On nous a présenté le réglement d'ordre intérieur qui prévoyait 4 réunions par an. Ce sont les présidents qui suscitent le débat, qui rythment les réunions. En nous apercevant de la non-tenue des réunions, on a alerté le président", explique le président du CPAS d'Awans.

    "Les comités de secteur n'ont été évoqué en CA qu'en juillet et en novembre 2013. Les réglements d'ordre intérieur ne prévoyaient pas de contacts entre le CA et les comités de secteur, mais naïvement, je croyais que le président du comité, qui siégeait aussi au CA, en parlerait au management, mais non", affirme-t-il, avant d'admettre: "J'ai eu une grosse erreur d'appréciation, c'est vrai."

    Je veux clairement assumer ici certaines choses devant vous.
    Maxime Bourlet

    "Je veux clairement assumer ici certaines choses devant vous. Ma responsabilité est loin d'être exclusive. Je pense que le CA aurait dû être plus vigilant quant aux comités de secteur. Il y a un problème de communication venant du management également", conclut le jeune MR qui semble vouloir assumer ses tords, tout en se dédouanant de certaines erreurs commises.

  • C'est au tour de Maxime Bourlet d'être auditionné

    Maxime Bourlet (MR) est président du CPAS d'Awans. Il a touché 67.198 euros pour avoir assisté à une seule réunion sur les 7 prévues.

  • "J'ai dit à mon parti, je ne sais pas aller aux réunions, remplacez-moi, mais ils m'ont laissé en place"

    Raphaël Amieva Ocebo ©Rtbf Auvio

    Il nous a toujours été répété par le management que tout se faisait dans la légalité.
    Raphaël Amieva Acebo

    "Il nous a toujours été répété par le management que tout se faisait dans la légalité", clame Raphaël Amieva Acebo. Alors que Stéphane Hazée revient sur son départ d'Intradel pour Publifin, le CDH répond: "Il m'a semblé plus opportun d'aller dans un contexte que je connaissais bien", ce à quoi le député Ecolo répond: "Publifin, cela n'avait rien à voir avec votre rôle à Intradel pourtant".

    Il y avait un vrai malaise, une vraie crainte de s'exprimer. Ca ne fonctionnait pas du tout comme ça. Ici, c'était la politique du fait accompli: "Ca doit être comme ça, tout le monde est d'accord ?"
    Raphaël Amieva Acebo

    "A partir du moment où je me suis rendu compte que je n'avais pas le temps d'assister aux réunions, j'ai proposé à mon parti de démissionner mais ils m'ont laissé en place", répond Raphaël Amieva Acebo à Stéphane Hazée qui s'étonne de quelqu'un qui a participé à deux réunions sur neuf, justement les deux dernières quand le scandale a commencé à éclater. Etrange coincidence selon les députés. "J'ai dit à mon parti, c'est difficile pour moi d'y aller, remplacez-moi, mais ils m'ont laissé en place". Sur le fonctionnement des CA, il y a une discipline des CA, il y avait un vrai malaise, une vraie crainte de s'exprimer. Ca ne fonctionnait pas du tout comme ça. Ici, c'était la politique du fait accompli: "Ca doit être comme ça, tout le monde est d'accord ?". "De qui aviez-vous peur?" demande Frédéric Gillot. "C'est du conditionnement social. On attend de vous que vous fassiez fonctionner l'entreprise. On en vient à se demander si on a vraiment raison. J'aurais dû agir bien avant, c'est vrai.

    Le service financier étant la seule chose qui fonctionnait très bien dans l'intercommunale.
    Stéphane Hazée

    "Ayez un peu d'humilité. Vous venez ici en jouant la victime, même pas d'excuses. C'est difficile de faire des erreurs ou mal les choses quand on ne va jamais aux réunions", s'énerve Patrick Prévot, ce à quoi Raphaël Amieva Acebo répond: "Je me suis excusé dans ma lettre de démission". Après avoir débattu sur le nombre de réunions auquel il a assisté (4 selon lui, 2 selon Stéphane Hazée, PV à l'appui), le conseiller communal tente de justifier ses rémunérations. "Vous ne vous êtes pas inquiété? Vous receviez l'argent sur votre compte chaque mois sans aller à aucune réunion et rien ne vous a poussé à vous poser des questions?" s'interroge Stéphane Hazée. "Le service financier étant la seule chose qui fonctionnait très bien dans l'intercommunale", ironise le député Ecolo. "Je percevais un montant fixe, je ne me suis pas posé de questions non", conclut le conseiller.

  • "Le montant des rémunérations m'a paru être normal"

    Raphaël Amieva Acebo, conseiller communal cdH à Crisnée ©BELGA

    "J'étais administrateur d'Intradel. Dominique Drion, quand il a eu connaissance des mandats qui étaient donnés au CDH pour la ville de Liège, m'a proposé de siéger avec lui à Tecteo/Publifin. Il m'a dit que le montant de rémunérations était le même qu'à Intradel", déclare d'emblée Raphaël Amieva Acebo.

    La création de Finanpart, c'est l'élément majeur qui a opacifié la gestion de l'intercommunale et limité les pouvoirs des administrateurs.
    Raphaël Amieva Acebo

    "Par rapport à la structure, je ne pense que les administrateurs n'étaient pas conscients de ce que voulait dire le changement de structure. Certains pensaient que c'était simplement un changement de nom", explique-t-il. "La création de Finanpart, c'est l'élément majeur qui a opacifié la gestion de l'intercommunale et limité les pouvoirs des administrateurs. Tout ce qui était l'activité opérationnelle du holding, les administrateurs n'avaient plus de pouvoir. Quand on posait des questions, il nous a été répondu de façon virulente qu'on pouvait poser des questions à Finanpart mais pas aux filiales, alors que ce sont les mêmes qui siègent dans les deux cas", poursuit le conseiller communal de Crisnée.

    Le montant de rémunérations m'a paru être normal, je gagnais déjà la même chose avant.
    Raphaël Amieva Acebo

    "Dominique Drion nous a dit que nous devions avaliser la nouvelle structure, car c'était la postion des partis PS, MR et CDH. Je n'étais pas conscient des soucis que ça allait ensuite poser dans les droits de regard. Nous n'étions pas administrateurs impuissants, mais dans le cadre d'une intercommunale fonctionnant normalement, là c'est vrai que c'était limité", explique-t-il. "Le montant de rémunérations m'a paru être normal. Je gagnais déjà la même chose avant et on nous a dit que c'était calqué sur les barêmes wallon", affirme le conseiller CDH.

    Me suis-je ému du peu de fréquence des réunions ? Non. Me suis-je ému du manque de substance de ces réunions ? Oui, mais on se sent impuissant.
    Raphaël Amieva Acebo

    "Les comités de secteur auraient pu être un bel outil. Mais, c'est vrai que dans les réunions, il y avait une certaine passivité. Il y avait un échange de sentiments, de points de vue. Me suis-je ému du peu de fréquence des réunions ? Non. Me suis-je ému du manque de substance de ces réunions ? Oui, mais on se sent impuissant. Pour le rachat du groupe L'avenir, je me suis opposé, puis, selon les consignes du parti, j'ai dû donner mon accord", conclut le conseiller de Crisnée.

  • C'est au tour de Raphaël Amieva Acebo d'être auditionné

    Il est conseiller communal CDH à Crisnée. Il a gagné 67.198 euros pour avoir participé à 2 réunions sur les 7 prévues.

  • "Nous avons tous vécu dans la certitude que c'était légal"

    "Les comités de secteur, à quoi ça sert ?", demande Frédéric Gillot qui prie André Stein d'être très concret. "C'est dans la problématique de la fusion par absorption entre l'ALG et Tecteo. C'était prévu pour une durée limitée mais ça a été prolongé", répond de façon très floue le conseiller provincial. "Donc, aujourd"hui, vous ne savez toujours pas à quoi ces comités pouvaient bien servir", conclut le député PTB.

    Si c'est légal, on laisse les choses comme ça. Si non, on remet les choses en place et moi j'accepterai la décision avec égalité d'âme.
    André Stein

    "Quelle est votre réaction à l'illégalité des rémunérations des comités de secteur ?", demande Jean-Luc Crucke au conseiller MR. "Nous avons tous vécu dans la certitude que c'était légal. Tout portait à croire que c'était légal. C'est ces dernières semaines que nous avons appris cela. Si c'est légal, on laisse les choses comme ça. Si non, on remet les choses en place et moi j'accepterai la décision avec égalité d'âme. Ces rémunérations, je n'ai rien demandé, mais je ne poserai aucun acte dans la précipitation. Attendons la décision", explique André Stein.

  • "Tout le monde connaissait les dysfonctionnements...personne n'a rien dit"

    André Stein ©Rtbf Auvio

    "Vous dites que beaucoup de gens savaient que ça ne fonctionnait pas, mais personne n'a rien dit ?" demande une députée. "Le dysfonctionnement, c'était quoi ? Trop peu de réunions par rapport aux statuts. J'en ai donc parlé avec mon président, Claude Emonts. Mais jamais les comités de secteur n'ont été à l'ordre du jour pour une réunion du CA de Publifin", répond André Stein. "Pour les rémunérations, j'étais loin des plafonds donc je ne m'en suis pas préoccupé. Je n'ai pas exigé plus d'informations", poursuit-il.

    Les jetons de présence ont été directement transformés en rémunérations fixes après la réunion du 21 juin 2013.
    André Stein

    "Il n'y a aucun montant qui a été cité lors de la réunion qui a fixé les rémunérations au sein des comités de secteur?" demande Stéphane Hazée. "Non, je n'ai le souvenir d'aucun montant qui aurait été mentionné. J'avais remarqué que les réunions étaient très espacées donc j'en ai parlé à Claude Emonts. Il n'a pas été demandé de recommandations aux comités de secteur.Les jetons de présence ont été directement transformés en rémunérations fixes après la réunion du 21 juin 2013", réplique André Stein. "Donc les documents qui ont été transmis au parlement il y a deux ans étaient faux", conclut gravement Stéphane Hazée.

    Vu que des signaux d'alerte ne sont venus de nulle part, j'ai accepté de suivre les décisions et je trouve ça normal.
    André Stein

    André Stein répond aux questions de Pascal Baurain qui lui demande s'il n'a pas été contraint d'accepter certaines décisions et que du coup, s'il n'a pas simplement servi d'homme de paille, étant donné que les comités de secteurs n'avaient aucun pouvoir. "Vu que des signaux d'alerte ne sont venus de nulle part, j'ai accepté de suivre les décisions et je trouve ça normal. Homme de paille ? Non, on suit ce qui nous a été donné mais en pleine connaissance de cause. En 2015, lorsqu'il y a eu des plaintes envers des comités de secteur, jamais rien n'a été dit au CA, donc je me suis dit que c'est parce que le CA ne s'occupait pas de cela, il n'avait aucune surveillance à avoir sur les comités de secteur. Le rôle du comité de secteur ne se résumait même pas à fixer les réunions, c'est le management qui les fixait parce qu'il fallait que les cadres de Publifin soient disponibles", répond le conseiller provincial de Liège.

  • Le nouveau CA de Publifin déjà contesté

    A une large majorité, l'ordre du jour de l'Assemblée Générale extraordinaire de l'intercommunale Publifin a été approuvé jeudi dernier. Le Conseil d'Administration se compose désormais de onze administrateurs, dont dix nouveaux. Mais le "Publifin nouveau" démarre dans une ambiance de méfiance.

  • "Mes rémunérations, je ne savais pas, je ne vérifie pas mes extraits de compte"

    André Stein (MR), conseiller provincial de Liège ©BELGA

    "J'ai été membre du CA de Publifin et du comité de secteur énergie", déclare d'emblée André Stein pour se présenter. Pour expliquer comment il est arrivé à ses postes d'administrateur de Publifin et du comité de secteur, André Stein explique: "Lorsqu'on est conseiller provincial, on attribue un certain nombre de mandats. 1 ou 2 seront rémunérés, les autres seront gratuits. La rémunération, je l'ai découverte en cours de fonctionnement."

    L'intercommunale est devenue une entreprise commerciale et industrielle.
    André Stein

    A propos des structures dans laquelle le conseiller a siégé, il déclare: "Je devais surveiller, faire des propositions. Cela se fait en totale indépendance, on fait des propositions dans l'intérêt de l'institution et pas en fonction du parti. L'intercommunale est devenue une entreprise commerciale et industrielle."

    On entend souvent: "Sur certains sujets, la stratégie n'appartient pas au CA." "C'est vrai et c'est faux. Légalement, le CA peut tout bloquer. Mais c'est vrai aussi parce que dans le contexte dans lequel on était, c'était impensable", répond André Stein.

    Aucun signal d'alerte

    "Les secrets étaient bien gardés. Un jour, il y avait un CA. Mon groupe politique a été convié une heure avant. André Gilles et Pol Heyse nous disent que tout était réglé avec les autres partis et avec le gouvernement wallon. Quand on nous développe tout ça, je pense que c'est une bonne chose pour l'entreprise. A ce moment-là, il n'y a aucun signal d'alerte, ce qui fait qu'en tant que membre du CA, j'ai voté le texte", poursuit le conseiller provincial de Liège.

    Quand j'ai été désigné, je ne voyais pas vraiment ce qu'était un comité de secteur.
    André Stein

    "En ce qui concerne les comités de secteur, quand j'ai été désigné, je ne voyais pas vraiment ce qu'était un comité de secteur. Puis il se passe un temps très long entre le 21 juin 2013, jour où on a été désigné, et le moment où on a commencé quelque chose, au mois d'octobre. La réunion a duré une heure et on nous a remis un réglement d'ordre intérieur et d'autres documents sur le fonctionnement des comités", déclare André Stein.

    J'ai dit au président qu'on recevait trop pour trop peu de réunions. Je ne sais plus ce qu'il m'a répondu.
    André Stein

    L'administrateur de Publifin aborde alors la hauteur de ses rémunérations: "Quant aux rémunérations, je ne vérifie pas mes extraits de compte. A un moment, je constate qu'on ne reçoit plus de jetons de présence et puis on se rend compte qu'on reçoit une somme fixe mensuelle. J'en ai parlé au management et ils m'ont dit que c'était totalement normal. Le temps passe et je commence à comprendre que les réunions ne sont pas nombreuses. C'est à ce moment-là que je me rend compte que c'est le président, M. Emonts pour le comité de secteur énergie, qui fixe le nombre de réunions", explique André Stein, avant d'ajouter: "J'ai dit au président qu'on recevait trop pour trop peu de réunions. Je ne sais plus ce qu'il m'a répondu."

    "Suite à mes interventions, ça n'a pas bougé beaucoup. En 2016, avec le changement de statut, ça a bougé mais je ne sais pas si c'est dû à ma demande", conclut le conseiller provincial.

  • André Stein est le premier à être auditionné

    André Stein (MR) est conseiller provincial de Liège. Il a touché le montant de 67.198 euros en prenant part à seulement 5 réunions sur les 7 prévues.

  • Les auditions prennent un peu de retard

    Tous les députés ne sont pas encore là.

  • Les auditions commencent à 9h

    Les commissaires commenceront avec André Stein.

    ©Rtbf Auvio

  • Programme de la journée

    Programme chargé aujourd'hui puisque 6 personnes vont être auditionnées par les parlementaires.

    Il s'agit de six membres PS, MR et cdH du CA de Publifin, qui étaient aussi membres des comités de secteur controversés et n'auraient pas averti le CA des dysfonctionnements de ces derniers.

     

    • André Stein (MR) est conseiller provincial de Liège.
    • Raphaël Amieva Acebo (CDH) est conseiller communal à Crisnée.
    • Maxime Bourlet (MR) est président du CPAS d'Awans.
    • Marie-Noëlle Mottard (MR) est conseillère communale à Waremme et conseillère provinciale de Liège.
    • Vinciane Pirmolin (CDH) est présidente du CDH liégeois.
    • Eric Vanbrabant (PS) est échevin à la ville de Seraing.
  • Bonjour à toutes et à tous et bienvenue pour cette nouvelle journée d'auditions à la Commission parlementaire Publifin.

Plus sur Les Marchés

Contenu sponsorisé

Partner content