Nethys loge ses bijoux dans une nouvelle structure

Désormais, Nethys est scindée en deux branches: l'une qui héberge les participations prises dans les grandes infrastructures publiques, et l'autre qui intègre les activités commerciales comme le pôle médias et Voo. ©BELGAIMAGE

Poussé dans le dos par le politique, le conseil d’administration de Nethys est passé à l’acte. Il a créé deux filiales pour séparer ce que d’aucuns appellent l’"ivraie" commerciale du "bon grain" d’intérêt public.

Pour certains, le mélange des genres est consommé chez Nethys depuis trop longtemps; le mal est fait et plus aucune décision interne ne pourra inverser le cours des choses. Jeudi soir pourtant, le conseil d’administration de la société publique liégeoise à capitaux privés a entériné la nouvelle structure du groupe. Une réorganisation des activités, notamment dictée par la faîtière publique Finanpart et par les conclusions de la Commission Publifin.

Désormais, Nethys est scindée en deux branches: l’une qui héberge les participations prises dans les grandes infrastructures publiques (Liege Airport, Socofe, Meusinvest, Fluxys, etc.) et l’autre qui intègre toutes les activités commerciales, notamment le pôle médias et Voo.

Stéphane Moreau reste administrateur délégué et le conseil de direction reste inchangé. Chez Nethys, on ne veut pas se prononcer sur le bien-fondé de ce nouveau montage. On acte juste qu’il était une obligation. On ajoute que cette opération est purement technique et juridique. Aucun nouveau poste n’est créé.

Nouvelle architecture

Le pôle d’intérêt général inclut les participations – parfois majoritaires – prises dans des entités comme Liege Airport, Meusinvest, Socofe ou Fluxys. Il reste logé sous la faîtière de la société anonyme Nethys existante.

Stéphane Moreau est administrateur délégué de NewCo1 et président du conseil d’administration de NewCo2.

Pour héberger les activités concurrentielles, deux nouvelles sociétés – NewCo1 et NewCo2 – ont été créées ce 22 mai. NewCo2, dans laquelle sera spécifiquement logée la marque VOO et les activités y liées, est enchâssée dans la faîtière NewCo1.

Nethys détient aujourd’hui 614 des 615 actions de cette dernière, la dernière action étant détenue par le WBCC (Wallonie Bruxelles Contact Center). Idem pour NewCo2. Voilà pour la nouvelle plomberie générale.

Au sein de la nouvelle architecture, on garde les mêmes personnes au sommet comme aux étages inférieurs de la structure éclatée. Sans citer tous les administrateurs déjà connus, on retiendra que Stéphane Moreau est à la fois administrateur délégué de NewCo1 et président du CA de NewCo2. 

Reste à voir comment réagiront celles et ceux qui, au balcon, surveillent de très près la moindre manœuvre initiée par Stéphane Moreau ou ceux qui l’entourent. D’autant que les hommes, forts ou moins forts, en place restent les mêmes à tous les étages.

©MEDIAFIN

Plus d’un milliard chacune

Au-delà de la dernière décision actée devant notaire le 22 mai dernier, dont L’Echo a pu prendre connaissance et qui sera sans doute abondamment commentée dans les prochains jours, on rappellera qu’au terme de cette opération de découpe les trois entités séparées sont capitalisées à plus d’un milliard d’euros chacune. 

La décision actée cette semaine par le CA de Nethys sera-t-elle perçue comme un deuxième pas dans la bonne direction - après la scission de Resa - pour rencontrer les souhaits de l’autorité de tutelle ou comme une nouvelle manœuvre dilatoire pour sauver la tête des dirigeants actuels? On le saura rapidement. Ce qui est sûr, c’est que les pilotes de Nethys semblent vouloir initier, sans tergiverser davantage, tout ce qui peut l’être selon eux pour se remettre dans les clous. Restent aussi quelques questions en suspens auxquelles nous tentons de répondre.

Qui compose le conseil d’administration de la nouvelle structure?

En un mot comme en cent, il n’y a pas de nouveaux postes créés avec de nouvelles fonctions rétribuées. C’est la même équipe qui pilote les mêmes actifs structurés de manière un peu différente, en multipliant les bras et les étages.

L’opération menée pour l’instant consiste simplement à créer des structures juridiques pour y loger des actifs sans y intégrer personne physiquement: tout ce qui est dans Newco1 est déjà listé différemment dans Nethys.

Les différentes sociétés logées dans la nouvelle filiale n’étant que des unités opérationnelles de cette dernière, c’est donc également le même comité de direction qui constituera le conseil d’administration de celles-ci. Il faut en effet maintenir, dit-on chez Nethys, une cohérence décisionnelle entre les différents étages de la structure, VOO compris.

Que trouve-t-on aujourd’hui dans le pôle concurrentiel?

Essentiellement, les pôles assurance, production d’énergie et multimédia. Quant à VOO, dont les actifs sont jusqu’ici indistinctement logés dans d’autres sociétés – notamment RESA –, il sera logé dans NewCo2 et remembré. À terme, il pourrait donc rejoindre les autres sociétés aujourd’hui intégrées dans NewCo1.

Quid d’Ogeo dans le nouveau schéma?

Il s’agit d’un prestataire de services auquel on s’affilie et qu’on peut quitter quand on le souhaite. Il n’y a donc pas de liaison structurelle entre Nethys et ce type de société partenaire.

La nouvelle structure permet-elle de décloisonner les salaires?

À la question de savoir si la nouvelle structure pourrait permettre à l’administrateur délégué de NewCo1 de conserver – voire augmenter – son salaire actuel sans plus être tancé par le décret wallon visant à le raboter, la réponse est aujourd’hui négative. L’actionnariat public (Région/Province/Commune) restant inchangé, rien ne change d’un iota concernant ce point précis. Il reste néanmoins plausible que, dans les mois qui viennent, on reviendra sur ce plafond salarial de Stéphane Moreau… Comme sur celui d’autres patrons logés à même enseigne. Notamment celui de la Sonaca, Bernard Delvaux.

Voo pourra-t-il être vendu plus facilement?

La réponse est encore non, du moins à ce stade. Pour vendre un actif de Nethys quel qu’il soit, il faut d’abord élaborer un plan. Il faut ensuite établir une procédure de discussion et de décision avec les différents actionnaires actuels. Rien ne permet de céder VOO à un concurrent sans en référer à la faîtière publique, qui garde la main. Idem pour une hypothétique entrée en Bourse de Nethys, récemment évoquée par certains médias.

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