Nethys n'ira pas en justice contre les députés de la Commission Publifin

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Nethys, le groupe dirigé par Stéphane Moreau, se désiste de son action devant le tribunal civil de Namur où elle mettait en cause cinq députés wallons de la commission d'enquête Publifin.

Finalement, Nethys ne réglera pas ses comptes avec les cinq députés de la commission Publifin devant les tribunaux. Le groupe liégeois, actif notamment dans les télécoms et l'énergie, fait donc machine arrière "dans un souci de sérénité". C'est ainsi qu'on apprend ce lundi soir par voie de communiqué que "le Conseil d'administration de Nethys, à l'unanimité, a décidé ce jour de se désister dans le cadre de la cause introduite au Tribunal civil de Namur."

Nethys, la principale filiale du groupe public liégeois Publifin, dirigée par Stéphane Moreau, reprochait à la présidente de la commission d'enquête Olga Zrihen (PS) ainsi qu'à quatre des principaux commissaire (Patrick Prévot pour le PS, Jean-Luc Crucke pour le MR, Dimitri Fourny pour le cdH et Stéphane Hazée pour Ecolo) certaines déclarations au cours des travaux parlementaires ou dans les médias, qu'elle voit comme de la calomnie et une atteinte aux droits de la défense, dont la présomption d'innocence.   

"Le groupe Publifin/Nethys a compris que les commissaires n'avaient pas de volonté de nuire."
Olga Zrihen (PS)
Députée wallonne

Les cinq députés s'en étaient défendus avec véhémence, avançant leur liberté d'expression et leur immunité parlementaire. Avec les autres membres de la commission, ils avaient produit un rapport cinglant sur le fonctionnement du groupe Publifin/Nethys et dénoncé au procureur général de Liège quinze indices d'infractions pénales de ce groupe, relevés au cours de près de cinq mois de travaux.     

Jean-Luc Crucke, de son côté, est entre-temps devenu ministre de l'Energie au gouvernement wallon, alors que la Région a retrouvé la tutelle sur le groupe Publifin.

Pour la présidente de la Commission Publifin, Olga Zrihen, le retrait par Nethys de son action en justice montre que "le groupe Publifin/Nethys a compris que les commissaires n'avaient pas de volonté de nuire". La députée socialiste estime qu'"il n'y avait pas de volonté de nuisance, mais un rappel à l'ordre vis-à-vis du droit, du cadre de travail. L'action de Nethys mettait aussi les travailleurs en difficulté, d'autant que la société lançait cette attaque avec de l'argent public".

A ses yeux, ce désistement est une nouvelle preuve que le groupe a pris ses responsabilités et qu'"il y a des changements à Publifin, ainsi qu'à Finanpart" (l'étage intermédiaire entre le holding et la société Nethys). Olga Zrihen se réjouit aussi de pouvoir se concentrer désormais totalement sur son travail de députée plutôt que de devoir répondre à une attaque "déraisonnable". 

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