Nethys porte sa participation dans Nice-Matin de 20 à 34%

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Respectant le pacte d’actionnaires, le groupe liégeois Nethys a augmenté son poids en déboursant 1,4 million d’euros dans le cadre d’une augmentation de capital. À la satisfaction des salariés actionnaires.

Bloqué depuis plusieurs mois dans son évolution par le dossier Publifin (la maison mère) et les recommandations de la commission d’enquête parlementaire, Nethys tente de poursuivre son développement. Selon nos informations, le groupe liégeois, entité opérationnelle de Publifin, vient de gonfler sa participation dans le groupe de médias français Nice-Matin. Celle-ci passe de 20% à 34%. L’opération a été réalisée dans le cadre d’une augmentation de capital de 1,4 million d’euros entièrement souscrite par Nethys. Selon des sources proches du dossier, il ne s’agit pas d’une nouveauté car cette évolution était attendue et n’était rien d’autre que la concrétisation des engagements pris en 2016 par les actionnaires de Nice-Matin lors de l’entrée de la branche opérationnelle de Publifin dans le groupe de médias français. "La montée en puissance de Nethys dans le capital de Nice-Matin est une opération pratiquement mécanique. Elle traduit le respect du pacte d’actionnaires et c’est une bonne chose. L’arrivée de Nethys avait été validée à 99,97% par les salariés actionnaires de Nice-Matin et je pense qu’ils ne se sont pas trompés", nous a confié Jean-Marc Pastorino, président du directoire de la Société coopérative d’intérêt collectif (Scic) Nice-Matin.

Augmentation de capital

51%
Participation de Nethys
Nethys détient désormais 34% de Nice-Matin, mais sa participation devrait s'élever à 51% fin 2018.

Pour éviter une mauvaise surprise, les dirigeants de Nethys avaient obtenu d’être porteurs de bons de souscription qui leur permettent de réaliser l’augmentation de capital sans être bloqués par un éventuel vote négatif de la part de la Scic actionnaire majoritaire de Nice-Matin. En 2016, c’était aussi par une augmentation de capital que le groupe wallon a fait son entrée dans l’actionnariat du média français via sa filiale Avenir Développement. Il avait déboursé deux millions d’euros pour s’emparer de 20% du capital de Nice-Matin, la Scic gardant 80%. Le pacte d’actionnaires entre les deux partenaires prévoit cette première montée en puissance au plus tard le 31 décembre 2017. Un autre renforcement de Nethys dans Nice-Matin est attendu pour le 31 décembre 2018. Il permettra aux Wallons de monter à 51% en participant à une nouvelle augmentation de capital d’environ 1,6 million d’euros pour racheter 17% supplémentaires.

Mutualisation des coûts

Un an après avoir arrimé Nice-Matin à Nethys, les dirigeants de la Scic lui gardent toujours leur confiance. La Scic est composé de 450 salariés actionnaires et n’est autre que le deuxième actionnaire du groupe de presse français.

"Les salariés de Nice-Matin ne se sont pas trompés en validant l’arrivée de Nethys dans le capital."
jean-marc pastorino
président de la scic nice-matin

C’est à travers la société coopérative que les salariés avaient repris la totalité des parts de Nice-Matin en décembre 2014 avant l’arrivée de Nethys en décembre 2016. Son président salue encore l’arrivée des Wallons dans le capital et, d’après lui, l’opération participe non seulement à la pérennité d’un groupe de presse, mais elle contribue aussi à la sauvegarde des médias régionaux. "Je pense que les salariés-actionnaires dont je ne suis que le porte-parole ont vu juste car il y a aujourd’hui un vrai projet industriel derrière l’arrivée de Nethys avec la mutualisation des coûts de médias régionaux, notamment Nice-Matin, La Provence et L’Avenir en Belgique. Si on ne fait rien, on court un risque car les médias régionaux risquent d’être confrontés à de grandes difficultés", poursuit Jean-Marc Pastorino.

Un des axes de mutualisation des coûts concerne principalement les développements technologiques comme la plateforme numérique ou digitale pour améliorer l’offre d’informations aux lecteurs. Aujourd’hui, la fabrication de Nice-Matin, L’Avenir et Moustique (deux médias propriétés de Nethys en Belgique) est réalisée via le même système informatique (Méthode), avec des améliorations apportées par les uns et les autres.

Selon des observateurs, la montée en puissance de Nethys dans Nice-Matin ne porte pas atteinte à la démarche menée actuellement sur le repositionnement du groupe liégeois suite aux recommandations de la commission d’enquête Publifin. Ce serait d’ailleurs une bonne chose. "Nethys avait déjà des pouvoirs conférés à un actionnaire qui pouvait bloquer certaines choses. Mais la montée en puissance dans Nice-Matin ne peut qu’être bénéfique car c’est plus facile de négocier quelque chose (une éventuelle sortie ou autre chose) quand on a 34 ou 51% que si on n’a que 20%", observe un spécialiste de la question.

Dans le cadre de l’arrivée de Nethys, un plan de départs volontaires de salariés avait été avalisé. Il prévoit une réduction de la voilure des effectifs de 120 travailleurs sur deux ans (2017-2018). Selon nos informations, la concrétisation du plan est en avance sur le calendrier. Environ 90 salariés ont déjà quitté le navire à ce jour.

nouvel expert choisi pour tapie et nethys

Le règlement du différend entre le groupe Nethys et Bernard Tapie dans le dossier du quotidien français La Provence connaît une nouvelle avancée. Selon nos informations, le tribunal de commerce de Paris a désigné un nouvel expert pour départager les deux actionnaires de La Provence. Il s’agit d’une femme: Marie-Louise Liger, expert-comptable à Nancy. C’est à elle que revient désormais la mission d’estimer la valorisation du groupe de presse français afin de permettre au groupe wallon et à l’homme d’affaires français de poursuivre l’application du pacte d’actionnaires signé lors de l’entrée de Nethys dans La Provence en septembre 2015. À l’époque, les Liégeois acquièrent 11% du quotidien français, propriété de Bernard Tapie. Le pacte d’actionnaires prévoyait que Nethys monte à 34%. En cas de désaccord sur la valorisation de cette montée dans le capital, c’est le tribunal de commerce de Paris qui désignera un expert, lequel procédera à l’évaluation. Nethys a valorisé La Provence à 10 millions d’euros, alors que le groupe Bernard Tapie l’estime à 54 millions d’euros! Didier Cardon, le premier expert désigné, a été récusé par Bernard Tapie, car il avait déjà travaillé dans le dossier Adidas. Le nouvel expert choisi par la Justice est aussi calé dans les chiffres. Elle est expert auprès des juridictions à Nancy (cour d’appel, cour administrative d’appel) et agréé par la Cour de cassation. Un autre dossier à charge de Bernard Tapie risque de toucher Nethys. En effet, selon nos confrères de Mediapart, le parquet demande la mise en liquidation du groupe Tapie. Il s’agit du volet civil de l’affaire liée au règlement du dossier Adidas/Crédit Lyonnais. Dans ce dossier, un arbitrage avait permis à Bernard Tapie de toucher un beau pactole (plus de 400 millions) de la part du Consortium de réalisation (CDR). Les juges d’instruction ont rendu une ordonnance de renvoi dans le volet pénal. La mise en liquidation implique notamment La Provence. La décision des juges sur le volet civil est attendue le 30 janvier 2018.

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