Nethys s'en prend à 5 députés wallons, le parlement contre-attaque

Patrick Prévot, Jean-Luc Crucke, Olga Zrihen, Dimitri Fourny et Stéphane Hazée, ici en commission Publifin, sont assignés en justice par Nethys. ©BELGA

Nethys accuse cinq députés wallons de calomnie et d'atteinte à la présomption d'innocence. Le Parlement de Wallonie l'accompagne en justice pour soutenir ses membres.

Nethys a lancé une procédure judiciaire contre cinq des députés les plus actifs de la commission d'enquête Publifin du parlement wallon: la présidente Olga Zrihen (PS) et les commissaires Patrick Prévot (PS), Jean-Luc Crucke (MR), Dimitri Fourny (cdH) et Stéphane Hazée (Ecolo). La principale société opérationnelle de la galaxie Publifin estime que les députés se sont rendus coupables de calomnie et d'atteinte à la présomption d'innocence. Elle fait ainsi une interprétation restrictive de l'immunité parlementaire dont bénéficient les députés.

Cette action en justice ne plait pas au Parlement de Wallonie qui s'est réuni lundi matin en urgence en séance plénière. Il a décidé de soutenir ses députés visés par Nethys. Comment? En approuvant une proposition de résolution lui permettant d'intervenir dans la procédure judiciaire.

Cette initiative inédite permet au parlement dans son entièreté de se joindre à la cause. La proposition de résolution a été déposée par les membres du Bureau du parlement - à l'exception de Jean-Luc Crucke (MR), l'un des cinq députés assignés -, à savoir le président du parlement André Antoine (cdH), Sophie Pécriaux (PS), Alain Onkelinx (PS), Jean-Paul Wahl (MR) et Christophe Collignon (PS). Chaque député a été invité à se prononcer individuellement et à haute voix sur le vote, qui a été acquis à l'unanimité. Le gouvernement était également présent.

Tentative d'intimidation

"A travers nos cinq députés, c'est en réalité notre Parlement dans son ensemble qui est attaqué."
André Antoine
Président du Parlement wallon

"A travers nos cinq députés, c'est en réalité notre Parlement dans son ensemble qui est attaqué. La citation dont font actuellement l'objet nos collègues n'est en effet en rien une question de personne, mais bien une authentique question de principe qui concerne non seulement le fonctionnement, mais aussi l'essence même de notre Parlement, et plus largement le respect de la démocratie et de la liberté d'expression de nos membres", a indiqué M. Antoine, dans une déclaration préalable au vote.

Il dénonce une "tentative d'intimidation sur des élus du peuple", une "entreprise de délégitimation d'une commission d'enquête parlementaire et, par la force des choses, de l'assemblée parlementaire elle-même". Dès lors, c'est bien "dans son existence" que le parlement s'estime attaqué et réagit en se portant à la cause.  Le président de l'assemblée régionale a également lancé un appel aux autres parlements du pays, pour qu'ils se joignent eux aussi à cette cause qui dépasse le simple cadre du parlement wallon. "Tous les signes de soutien sont les bienvenus", a souligné André Antoine. 

La première audience, devant le tribunal civil de première instance de Namur, est programmée ce mardi 23 mai.

Faire cesser l'action judiciaire

Le cdH a demandé lundi à la majorité PS-MR à la province de Liège d'interrompre la procédure judiciaire intentée par Nethys. "La majorité provinciale liégeoise PS-MR ne peut rester sans réaction. Elle a les moyens d'interrompre cette procédure judiciaire visant à intimider des représentants des citoyens", indique le cdH dans un communiqué, à l'issue de son bureau politique hebdomadaire. "Le cdH ne peut imaginer une seule seconde que le PS et le MR adopteront une attitude différente au conseil provincial liégeois de celle de leurs représentants au parlement wallon qui ont envoyé un signal politique clair pour faire respecter la démocratie et la liberté d'expression", indique le parti centriste.

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