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Nethys veut forcer PwC à collaborer avec RSM, son nouveau réviseur

Renaud Witmeur, CEO ad interim de Nethys ©Kristof Vadino

Nethys et PwC, son ancien réviseur, se sont affrontés en justice ce mardi matin. Un jugement est attendu avant la fin du mois.

Suite et pas fin, mardi matin, devant le tribunal de l'entreprise de Liège de la démission de PwC de son poste de réviseur et commissaire aux comptes de Nethys. On le sait, depuis quelques mois, la pression augmentait sans cesse entre Nethys et PwC concernant le rôle de ce dernier dans l'approbation des comptes de Nethys pour les années 2017, 2018 et 2019. C'est au cours de cette période que des primes dites de rétention, s'élevant à plus de 15 millions d'euros, ont été octroyées à certains anciens dirigeants de Nethys. Ces opérations, qui n'ont pas fait l'objet de remarques de PwC, sont aujourd'hui l'objet de contestations judiciaires.

In fine, à la fin du mois d'avril, estimant son indépendance gravement menacée, PwC a annoncé sa démission en tant que réviseur de toutes les sociétés de la galaxie Nethys. Plutôt gênant, à quelques semaines de l'approbation attendue des comptes de l'année 2020, et quand on sait que tout le travail d'audit avait été réalisé. Estimant que cette démission était une "voie de fait", Nethys, emmené par Renaud Witmeur, son CEO ad interim, a cité PwC en justice.

"La démission de PwC met la vente de VOO en danger. Une absence de certification des comptes risque de rendre certains acquéreurs frileux."
Charlotte Van Themsche
Avocate de Nethys

L'objet de la demande de Nethys, défendu par Alexandre Verheyden et Charlotte Van Themsche (Jones Day), vise à obtenir une déclaration de PwC selon laquelle sa démission n'a rien à voir avec la situation des comptes de la société. La deuxième demande porte sur la collaboration que PwC doit apporter à RSM, son nouveau réviseur désigné le 21 mai dernier. Pour Nethys, engagé dans le processus de vente de VOO, l'enjeu est de taille. En effet, la société ne veut pas que les acheteurs potentiels aient le moindre doute quant à la réalité de ses comptes, tout comme elle espère que les comptes de l'année 2020 seront approuvés avant la fin du mois de juin.

"La démission de PwC met la vente de VOO en danger. Une absence de certification des comptes risque de rendre certains acquéreurs frileux", a ainsi plaidé Charlotte Van Themsche.

PwC va collaborer

Au cours de la plaidoirie devant la juge des référés du tribunal de l'entreprise de Liège, les deux avocats de Nethys ont longuement plaidé sur le caractère jugé illégal de la démission de PwC, un fait qui leur a été reproché par Nico Goossens (ARGO) et Laurent Stas de Richelle (BLS), les avocats de PwC. Pour eux, cette question relève du fond du dossier.

"La démission de PwC était parfaitement légale et nécessaire."
Nico Goossens
Avocat de PwC

D'entrée de jeu, Me Goossens a précisé que "la démission de PwC était parfaitement légale et nécessaire", ajoutant que "depuis le mois d'août 2020, Nethys a augmenté la pression sur PwC pour le pousser à mettre un terme à son mandat de commissaire."

Prenant la parole à son tour, Laurent Stas de Richelle a ramené le débat aux deux demandes de Nethys, demandant à la présidente de les rejeter. Le réviseur, par la voix de ses avocats, a fait savoir qu'il ne ferait pas la déclaration souhaitée par Nethys. "Que se passera-t-il si le successeur de PwC émet des réserves?", s'est interrogé l'avocat. Quant au deuxième point, il assure que PwC collaborera avec son successeur. C'est d'ailleurs PwC qui a pris contact avec son successeur, afin de mettre cette collaboration en route.

15
millions d'euros
Le montant des primes de rétention accordées aux anciens dirigeants de Nethys.

En fin d'audience, la présidente a laissé entendre qu'elle ne comprenait pas cette demande, alors que PwC a toujours dit qu'il collaborerait. Mais ce que veut Nethys, c'est aller au-delà de ce que la loi prévoit, afin d'être certain que les comptes 2020 seront bien approuvés en temps et en heure. Enfin, la présidente a regretté une perte de temps entre la désignation du nouveau réviseur le 21 mai et cette audience, soit trois semaines qui auraient pu être mises à profit pour entamer cette collaboration tant réclamée.

Le résumé

  • Pendant des années, PwC a révisé les comptes de Nethys sans rien trouver à y redire.
  • La nouvelle direction de Nethys a commencé à se poser des questions sur la qualité du travail de PwC.
  • La tension entre les parties n'a fait qu'augmenter, poussant PwC à remettre sa démission.
  • Aujourd'hui, Nethys veut que PwC s'engage à collaborer avec RSM, son nouveau réviseur.

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