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Par belle ou par laide, tourner la page Publifin

Stéphane Moreau. ©Photo News

Dans la saga Publifin, on a l’impression que personne, ni certains politiques ni les médias, ne veut réellement changer de rivage.

Claude Nougaro l’a écrit il y a plus de trente ans déjà. En ajoutant: "Aborder le rivage où rien ne fait semblant". Dans la saga Publifin – pardon, Enodia – et ses multiples prolongements comme autant de saisons d’une série à succès, on a l’impression que personne, ni certains politiques ni les médias, ne veut réellement changer de rivage. Tant le sujet fait les choux gras des uns et des autres. Tant, en période de trêve des confiseurs – et donc de disette sur le front de l’info -, une petite rasade de scandale populiste, avec ses têtes de gondoles, même éculées, ça fait farine au moulin qui tourne à sec.

Sur l’autre rivage, on apprend pourtant que ministre-président wallon et conseil d’administration liégeois ont dépassé le stade de la posture et se parlent. Seraient même sur la même longueur d’ondes pour sortir de cette saga stérile qui, si elle est médiatiquement porteuse, débouche sur le vide, voire sur un gâchis industriel régional.

Une solution pragmatique, qui couvre l’un sans déshabiller l’autre, serait à l’ébauche. Mais on marche, surtout en période de bombement de torses pré-électoraux, sur des œufs. Bien pourris de surcroît. Donc, on avance à tâtons, sans piper mot. En niant. Et les plus rétifs à la manœuvre discrètement en cours ne seraient pas ceux qu’on pense. Que nenni, foi de socialiste liégeois pur et dur, qui verrait d’un très mauvais œil que son ancien fleuron intercommunal se privatise par étages, avec l’adoubement du rival MR.

Pour les entrepreneurs publics ou privés autour de la table, l’équation Publifin est limpide: comment faire en sorte que le bras régional reprenne le contrôle de ses actifs sans ôter à l’étage privé sa liberté d’entreprendre avec la discrétion indispensable à sa sphère, très concurrentielle? "Si nous avons l’intention de racheter une société concurrente et que cette intention devient publique, la cotation de cette société sera doublée au moment où nous lancerons la manœuvre. Idem si nous devions vendre", argue-t-on chez Nethys.

"Il faut faire silence… Saluer le mystère. Sourire. Et puis se taire", concluait Nougaro. Quelle que soit l’issue nécessaire, certains, bleus, rouges, verts ou orange, souriront jaune.   

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