Parachute doré pour l'administrateur délégué de Nivelinvest

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Le contrat de Philippe Remy lui garantissait 3 ans d’indemnité à la fin de son mandat, soit plus de 600.000 euros. Il vient d’être réduit à un an. Guy Zone, le CEO de la filiale Sarsi, bénéficiait des mêmes conditions, il les a perdues. Mais il est payé pour rester chez lui.

Après Liège et son scandale lié à l’intercommunale Publifin, Charleroi pour les rémunérations du directeur général de l’Intercommunale de santé publique de Charleroi (ISPPC), Philippe Lejeune, le Brabant wallon risque d’être bientôt touché par les pratiques d’un autre temps. Selon nos informations, le contrat d’engagement de Philippe Remy (étiqueté PS), l’administrateur délégué de Nivelinvest lui garantissait jusqu’il y a peu un parachute doré de trois ans de salaire après son départ à la pension.

Les mêmes conditions étaient également garanties pour Guy Zone (soutenu par le MR), ancien administrateur délégué de la filiale Sarsi, et aujourd’hui président du conseil d’administration de Nivelinvest. Mais comme dirait dans une célèbre publicité, ça c’était avant. Il nous revient que l’arrivée d’administrateurs indépendants au sein de l’invest public local a changé la donne.

Selon des sources proches du dossier, le vent de la nouvelle gouvernance a soufflé chez Nivelinvest à tel point que les contrats des deux dirigeants ont été revus. Le parachute doré de Philippe Remy a été remplacé par un autre. Il devrait finalement toucher un an de salaire à son départ à la pension, soit un peu plus de 200.000 euros. Son mandat arrive à échéance novembre 2018. "Il est vrai que les indemnités prévues dans le cadre de mon contrat ont été revues et rien n’est encore décidé. Mais j’ai le choix entre toucher un an d’indemnité après mon départ ou bien continuer dans une autre fonction chez Nivelinvest", nous a confié Philippe Remy (69 ans).

Il s’étonne de la publicité faite autour de sa situation en rappelant au passage qu’elle relève de la sphère privée. Il précise que son cas a été examiné par le comité de nomination et de rémunération. La situation de Guy Zone est beaucoup plus complexe. Engagé par Nivelinvest dans le cadre d’un contrat à durée indéterminée (CDI), l’homme est président de Nivelinvest et délégué à la gestion journalière de la Sarsi. Son contrat prévoyait la même indemnité de 3 ans si, arrivé à l’âge de la retraite, le Gouvernement wallon ne renouvelait pas son mandat de président!

La clause semblait délicate au regard des administrateurs indépendants du comité de rémunérations qui ont essayé de trouver une porte de sortie avec lui. Il a donc été proposé à Guy Zone de renoncer à ses indemnités. En échange, il toucherait son salaire en tant qu’indépendant, mais en étant dispensé de prestation, soit environ 200.000 euros sur 13 mois. Contacté par nos soins, l’intéressé confirme le "deal" trouvé avec le comité de rémunération, mais dit être conscient qu’une solution bien plus avantageuse a été trouvée pour Philippe Remy. "Je sais bien je n’ai pas été traité de la même façon que M. Remy", observe-t-il.

Un élément aurait joué en défaveur de Guy Zone. Il s’agit de l’engagement de Pierre P., un ingénieur à la Sarsi à l’époque où il était le délégué à la gestion journalière, mais l’intéressé avait falsifié le diplôme d’ingénieur civil dont il n’était pas détenteur. Il a été licencié après quelques années quand le pot aux roses a été découvert. Une plainte a été déposée contre lui en justice pour faux et usage de faux et il serait renvoyé en correctionnelle. Il fait aussi l’objet d’une plainte pour avoir autorisé des entreprises à déverser des terres sur un terrain de la Sarsi sans autorisation.

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