Paul-Emile Mottard, président de Publifin, démissionne

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Le cdH, Ecolo et le MR exigeaient la démission du président de Publifin. Ils ont obtenu gain de cause. Paul-Emile Mottard (PS) a quitté ses fonctions. L'homme aurait "pris des libertés" dans la rédaction du rapport trimestriel envoyé à la ministre de tutelle, Valérie De Bue.

La polémique a repris de plus belle dans le dossier de l’intercommunale liégeoise Publifin. En cause: la phrase glissée dans le deuxième rapport trimestriel sur la mise en œuvre des recommandations de la Commission parlementaire Publifin. Elle laissait croire que l’intercommunale demandait une exception à la limitation des salaires des dirigeants de sa filiale opérationnelle Nethys.

Comme nous vous le révélions, il apparaît que ce n’est pas le secrétaire général Gil Simon qui a glissé la phrase "Ne devrait-on pas étendre cette exception à Nethys ?" dans le rapport. Ce serait le président du conseil d’administration de Publifin, Paul-Emile Mottard (PS), qui se serait accordé cette liberté. Le management de Nethys n’est pas intervenu dans le processus.

Le président a reconnu une "maladresse dans la traduction ou l’interprétation" des discussions qui ont eu lieu lors du conseil d’administration sur le sujet. Mais des voix se sont élevées pour demander sa démission. C'est désormais chose faite puisque l'homme a annoncé sa démission lors du conseil d'administration d'urgence qui s'est tenu ce vendredi.

Le cdH dénonçait une falsification du rapport envoyé à la ministre wallonne des Pouvoirs locaux Valérie De Bue (MR) et réclamait des sanctions. "Les administrateurs cdH au conseil d’administration, Pierre Erler et Josly Piette, demanderont officiellement sa démission lors de la réunion d’urgence, demandée par le cdH, qui se tiendra ce jour à 15h ", indiquait le parti humaniste dans un communiqué.

Ecolo aussi réclamait la démission de Paul-Emile Mottard, mais jugeait en même temps ce geste sera insuffisant.

Au MR, le vice-président de Publifin, Fabian Culot, avait estimé sur les ondes de La Première que le président Mottard devait prendre ses responsabilités

Le fonds de la polémique? 23 personnes dépassent le plafond salarial fixé à 245.000 euros. Parmi celles-ci:

• L’administrateur délégué de Nethys Stéphane Moreau: plus de 800.000 euros
• Jos Donvil, le patron de Voo: 750.000 euros
• Le directeur financier Pol Heyse: 600.000 euros
• Le responsable du pôle Assurances Frédéric Vandeschoor: 600.000 euros
• Le conseiller stratégique Daniel Weekers: 600.000 euros
• Le secrétaire général Gil Simon: 300.000 euros

Le vice-président Fabian Culot (MR), également député wallon, a aussi lancé l’idée de désigner un manager de crise pour faire le lien entre le CA de Publifin et le management de Nethys. Selon nos informations, la ministre De Bue aurait fait part d'une demande semblable il y a déjà un mois.

Elle a en tout cas indiqué dans l'après-midi qu'elle mettait Publifin en demeure et allait envoyer au sein de l'intercommunale un délégué spécial de façon à garder un oeil sur ce qui se passe au sein du groupe.

Fabian Culot annonce aussi que la décision a été prise de se séparer du pôle presse en France (Nice-Matin, La Provence) et des projets énergétiques en République démocratique du Congo (RDC). La question est de savoir si ces décisions ont été prises chez Publifin, car une telle option n’est pas encore prise chez Nethys, du moins en ce qui concerne le pôle presse.

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