"Publifin est un groupe diversifié, pas nébuleux"

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Le président de Publifin André Gilles a été auditionné pendant plus de 5 heures par les députés wallons vendredi. Une soirée où chacun a joué au chat et à la souris.

Sous le feu des questions des députés de la commission spéciale Publifin, André Gilles a entretenu un certain flou tout au long de son audition vendredi.

Tout commence sur le coup de 16h30. Posé, le président du conseil d’administration de Publifin refait l’historique du groupe. Une litanie qui commence en 1923, avec l’ALE. S’ensuit "une longue évolution": l’arrivée de la télédistribution en 1970, la création de Voo et les développements dans la production d’énergie verte via le rachat d’Electrawinds…

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Face aux députés, André Gilles veut visiblement démontrer que "Publifin est un groupe diversifié, pas nébuleux." Un groupe, rappellera-t-il à de nombreuses reprises, "dont la construction a fait l’objet d’un large consensus dans les familles politiques à Liège" et plus largement en Wallonie. "Ce sont des choix des associés, les communes, qui ont créé ce groupe. Des choix validés à l’unanimité. Les associés à savoir les 76 communes ont validé l’évolution stratégique du modèle. Ce sont par ailleurs des choix qui offrent d’excellents rendements."

"Les émoluments qui ont été versés n’ont pas été décidés n’importe comment."
André Gilles
Président du conseil d’administration de Publifin

Des députés agacés

Arrive forcément la question des rémunérations. "J’aime bien l’histoire et la philosophie que vous êtes venus nous expliquer autour de votre groupe mais nous sommes là aussi parce qu’il y a un malaise", lui a rappelé le député cdH Dimitri Fourny. "Nous n’y arriverons visiblement pas", a lancé de son côté le MR Gilles Mouyard. "Il y a un déni. Cessons de trouver des alibis pour ne pas répondre aux questions", s’énerve Stéphane Hazée (Ecolo).

André Gilles a de son côté rappelé qu’il était présent au Parlement suite à "une invitation et non une convocation."

Les esquives du président

Prenons la question des rémunérations. "Les émoluments qui y ont été versés n’ont pas été décidés n’importe comment" et "en regard des articles du Code de la démocratie locale", a répété à de nombreuses reprises André Gilles. Il précise également que dans un rapport commandé par l’ancien ministre des Pouvoirs locaux, l’administration met en exergue le manque de précision de la loi. "Je suis le premier à critiquer le manque d’assiduité de certains, pas tous, car d’autres ont participé aux réunions. On peut après coup juger que c’était trop élevé et qu’on aurait dû lier ça à la présence, mais la loi était imprécise." Une réponse qui a eu le don d’énerver de nombreux parlementaires.

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Quant au salaire du patron de Nethys Stéphane Moreau, André Gilles a là aussi refusé de donner les détails, renvoyant "à l’enveloppe globale consultable à la Banque nationale". Il a par ailleurs défendu la nécessité de préserver les talents dans des secteurs concurrentiels. "Si nous n’avons pas ces réponses lundi, il y aura un problème", prévient Stéphane Hazée.

Sur l’existence des Comités de secteur à l’origine du scandale des rémunérations de mandataires publics, André Gilles a expliqué que leur installation avait été "imposée". "Il fallait rassurer les associés des intercommunales cessionnaires de leurs activités lors des opérations d’absorption du groupe."

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Insistant tout au long de sa présentation sur le développement de l’emploi et l’ancrage wallon des activités, André Gilles a rappelé les mesures qui vont être menées pour améliorer la gouvernance. "Nous allons nommer de nouveaux administrateurs. Le conseil passera, lui, de 28 à 10 administrateurs. Nous allons également demander aux actionnaires quel avenir il faut pour Publifin. La question est simple, c’est stop ou encore."

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