edito

Quand les dégoûtés seront partis, resteront les dégoûtants

Martin Buxant

Le spectacle peu glorieux de la politique.

La formule prend aujourd’hui tout son sens: "quand les dégoûtés seront partis, resteront les dégoûtants". 24 décembre 2016, nous en sommes là. On a beau aimer la politique, au sens noble du terme, servir et porter haut l’intérêt public, où que l’on regarde, le spectacle est assez peu glorieux. La triste pantalonnade du scandale Publifin – où des élus de tous bords se sont honteusement fait rémunérer (avec de l’argent public) pour des réunions auxquelles ils n’assistaient pas – est le clou sur le cercueil du Belge qui se berçait encore de quelques illusions. Passons sur les nominations politiques, passons, aussi, sur l’absence de gouvernance et de concertation qui fait qu’une ville comme Bruxelles ploie sous la congestion automobile. Ces travers que Wallons et Bruxellois se sont habitués à avoir comme horizon.

Au PTB, on veut bien soigner les pauvres mais on leur demande de voter pour l’extrême-gauche. Des pratiques aussi détestables que celles que le PTB dénonce chez les autres.

"Comment osent-ils?". C’est le titre du livre que le barde flamand de l’extrême-gauche Peter Mertens sortait il y a peu. Ce PTB relooké, derrière le jovial Raoul Hedebouw, ferait presque envie si on n’y prenait pas garde. Le PTB, c’est beau, c’est neuf, ça n’a jamais mis les mains dans le cambouis du pouvoir donc, forcément, en se cantonnant au registre du "y a qu’à" et du "faut que", on fait des émules. Le camarade Raoul surfe sa vague populiste, distribue des promesses de lendemains meilleurs. "Avec nous, ce sera différent" ou "Si on nous laisse faire".

Il est temps de couper les ailes à ce canard pétébiste. Sur le fond, 9 de leurs propositions sur 10 sont simplement impraticables. Sur la forme, leurs pratiques, à l’image de leur manière de procéder dans leurs maisons médicales, sont détestables et n’ont rien à envier à celles qu’ils dénoncent à longueur de journées. Utiliser les fichiers médicaux pour faire sa propagande électorale. Au PTB, on veut bien soigner les pauvres, mais on leur demande de voter extrême-gauche en échange. En matière de propagande, le PTB a été à la meilleure école.

Il n’y a pas de solution facile ou de recette miracle et le PTB n’a de leçon à donner à personne. Méfions-nous des mirages et des prometteurs de lendemains qui chantent.

Allez, joyeuses fêtes.


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