Resa se transforme en intercommunale

©Anthony Dehez

Au menu d’une assemblée générale extraordinaire de Resa, ce mercredi: la transformation en intercommunale, suite aux nouvelles règles entraînées par l’affaire Publifin. Et les liens avec Nethys seront définitivement coupés début juillet.

"Ce mercredi est un grand jour dans l’histoire de Resa, souligne Bernard Thiry, l’actuel président du conseil d’administration du gestionnaire de réseau de distribution de gaz et d’électricité liégeois. Une assemblée générale va modifier les statuts de la société en la transformant en intercommunale." L’aboutissement de près d’un an de travail, nécessaire pour se mettre en conformité avec les nouveaux décrets adoptés en mai 2018, suite à l’affaire Publifin.

Resa avait jusqu’au 1er juin 2019 pour se constituer en personne morale de droit public, détenue au moins à 75% par les communes et les provinces, ou en intercommunale pure de financement, et se doter de son propre personnel. Un nouveau conseil d’administration et un nouveau comité de direction ont été mis en place. En octobre, les liens actionnariaux avec Nethys ont été coupés: Resa est actuellement détenu à 100% par l’intercommunale Publifin, rebaptisée Enodia, détenue par les communes et la province de Liège.

Autonomisation de la structure

Le chantier le plus colossal, l’autonomisation de la structure, a pris du temps. Le gestionnaire de réseau liégeois ne disposait en effet pas de personnel propre: il fonctionnait avec celui d’Enodia et de Nethys. Il a séparé son informatique de celle de Nethys et opéré une série de transferts de personnel. Mais le transfert le plus important, qui concerne 779 statutaires et contractuels venant d’Enodia, sera décidé ce 29 mai, avec effet juridique au 1er juillet.

Le coût de l’opération? "Environ 3 millions d’euros de coûts ‘one shot’, et 5 à 6 millions de coûts récurrents."
Gil Simon
Directeur général de Resa

La majorité du personnel administratif reste pour l’instant rue Louvrex, à Liège, mais l’entreprise compte rassembler dans le futur toutes ses équipes administratives, aujourd’hui éparpillées sur différents sites, dans le centre de Liège. L’assemblée générale extraordinaire qui se tient en fin de journée ce mercredi va aussi consacrer l’arrivée des 73 communes et de la province de Liège, actionnaires d’Enodia, comme actionnaires directs de Resa.

Quid de l'actionnariat?

Sur le plan actionnarial, le changement est limité: Enodia va conserver plus de 99,5% du capital. Mais l’entrée de deux communes au moins dans le capital était nécessaire pour se transformer en intercommunale, comme Resa a choisi de le faire. "Nous avons donc proposé à toutes les communes et à la province un transfert de 4.085 actions à titre gratuit, à proportion de leur participation actuelle dans les secteurs 1 et 5 d’Enodia, c’est-à-dire les activités de distribution d’électricité et de gaz", explique Gil Simon, directeur général de Resa.

En termes de pouvoirs, par contre, cette entrée des communes dans le capital signifie que les décisions nécessiteront désormais une double majorité, au sein des actionnaires communaux d’une part, et chez les autres actionnaires (Enodia et la province) d’autre part.

Isabelle Simonis en présidente

©Dieter Telemans

Le nouveau conseil d’administration comprendra sept représentants des communes (4 PS, 1 MR, 1 Ecolo et 1 PTB, le cdH n’ayant droit qu’à un poste d’observateur, suite à l’application de la clé d’Hondt), et cinq représentants d’Enodia, parmi lesquels figurera Bernard Thiry, l’ex-patron d’Ethias et actuel président du conseil d’administration, bien qu’il ne soit pas élu communal. La présidence du conseil sera proposée à Isabelle Simonis (PS), bourgmestre de Flémalle.

Le coût de l’opération? "Environ 3 millions d’euros de coûts ‘one shot’, et 5 à 6 millions de coûts récurrents", indique Gil Simon. De quoi augmenter potentiellement les tarifs du gestionnaire de réseau d’un peu plus de 2%, si le régulateur wallon considère ces coûts supplémentaires comme légitimes.

Le dividende pour 2018, de 18,8 millions d’euros décidé en avril, reste, lui, comparable à ce qui se faisait par le passé. "La différence, c’est que les 14 à 15 millions d’euros de redevances de voirie sont désormais directement perçus par les communes", indique Gil Simon. Et aussi que Resa ne va plus s’endetter, comme cela a été le cas par le passé, pour faire remonter un maximum de dividendes vers Nethys.

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