Salaire et fonction rabotés pour Stéphane Moreau

©Anthony Dehez

Stéphane Moreau ne devrait plus être administrateur délégué chez Nethys mais directeur général. Un changement, cosmétique?, qui entraînera une baisse de son salaire. Son sort n’est pas pour autant réglé!

Le jeu de dominos se poursuit dans la galaxie Publifin. Après les recommandations de la commission d’enquête parlementaire et les changements d’administrateurs au conseil d’administration de Publifin, la mue a touché mercredi soir la filiale Nethys. Non sans provoquer de nouvelles crispations politiques autour de la personne de Stéphane Moreau.

"Ce ne seront plus les filiales qui géreront demain la maison-mère Publifin."
Paul-Emile Mottard
Président du conseil d’administration de Publifin

Convoquée sur le coup de 17 heures, l’assemblée générale de Nethys a procédé au renouvellement de la majorité des membres du conseil d’administration de l’intercommunale liégeoise. Exit par exemple André Gilles. Les trois administrateurs, dits indépendants: Philippe Delaunois, Pierre Meyers et François Fornieri, sont par contre confirmés. Les nouveaux membres sont décrits comme des experts. Le PS a désigné Jean-François Cats (réviseur d’entreprise), Charles Delloye (ex-directeur des Tôleries Delloye-Matthieu) et Jacques Tison (ex-réviseur de Publifin). Le MR a, lui, envoyé Olivier Servais (administrateur de sociétés), et Bernard Jurion (économiste et échevin à Spa). Marc Tinant a été désigné par le cdH, l'ancien vice-président du groupe Arco.

Composé de 9 membres plus une place laissée vacante par Ecolo, les nouveaux membres du conseil d’administration de Nethys recevront exclusivement leurs ordres de Publifin. "C’est une approche différente du passé. Il faut se dire que rien ne sera plus comme avant. Ce ne seront plus les filiales qui géreront demain la maison-mère Publifin. Le choix de la stratégie et les orientations du groupe seront établis par les représentants des actionnaires. On ne sera plus dans une stratégie d’opportunités mais une stratégie de groupe", explique Paul-Emile Mottard (PS), le président du conseil d’administration de Publifin et représentant des actionnaires publics liégeois.

Le cas Moreau en sursis

Mais on retiendra surtout de cette assemblée le barrage politique fait contre Stéphane Moreau, poussé dehors par Ecolo, le PS, le MR et le cdHEn tant qu'administrateur-délégué de Nethys, il est membre du CA mais sa présence n'y est plus souhaitée. Finanpart, filiale financière de Nethys, a donc chargé le nouveau CA de Nethys d'examiner les possibilités juridiques en vue d'assurer son retrait du conseil d'administration. L'idée évoquée consisterait à transformer son contrat d'administrateur délégué en contrat de directeur général"J’ai proposé à l’AG qu’on étudie le départ de Stéphane Moreau comme administrateur délégué et qu’on transforme sa fonction en directeur général. La problématique de sa rémunération va également être étudiée par rapport au projet de décret", explique Paul-Emile Mottard.

245.000 €
Payé aujourd’hui plus d’un million par an, si on inclut les bonus, Stéphane Moreau verra son salaire tomber à 245.000 euros.

Ce changement de fonction, vu par certains comme cosmétique, exclurait donc Stéphane Moreau du conseil d’administration. Il s’accompagnera aussi d’une baisse de ses rémunérations. Payé aujourd’hui plus d’un million par an, si on inclut les bonus, Stéphane Moreau verra son salaire tomber à 245.000 euros. L’acceptera-t-il? Dans les coulisses, certains redoutent une longue et coûteuse bataille juridique.

Cela ne règle pourtant pas tout! Le départ de Stéphane Moreau du management de Nethys est toujours exigé par les membres de la commission d’enquête Publifin.

"Je ne protège pas Stéphane Moreau."
Paul-émile Mottard
Président du conseil d’administration de Publifin

La question sera étudiée d’ici quelques mois par les actionnaires. Le président de Publifin dit avancer sans tabou. "Je ne protège pas Stéphane Moreau. Son rôle sera étudié dans le cadre de la stratégie industrielle du groupe. La priorité est maintenant de définir cette stratégie. On devrait boucler ce point dans les prochains mois. Nous verrons après avec quelle équipe de management nous travaillerons. Cette question est l’étape suivante." Il reconnaît cependant que l’appel à la sérénité et l’avenir du groupe sont des éléments qui doivent peser dans la balance. "Cette question de la sérénité doit être posée. Je mesure l’enjeu pour la société d’avoir un management qui corresponde à la sérénité. Mais il serait réducteur de limiter toute la problématique de Nethys à un seul homme."

Recentrage sur certains métiers?

Au niveau de la stratégie, les actionnaires liégeois veulent avant tout éviter la dislocation du groupe. "La commission d’enquête est radicale en disant que c’est un groupe qui doit disparaître! Il est indéniable qu’il faille plus de gouvernance et de transparence mais nous sommes là pour défendre un projet industriel et l’emploi. Nous ne sommes pas sourds aux recommandations parlementaires mais ce rapport est un rapport politique. Si l’objectif de la commission d’enquête parlementaire était de dissoudre le groupe Nethys, il y a une majorité à Liège qui s’y oppose. Nous sommes là pour renforcer ce groupe et l’emploi. Le véhicule juridique doit être modifié mais les actionnaires resteront liégeois."

Refusant d’évoquer d’éventuels changements, même si à ses yeux fusionner le gestionnaire de distribution de gaz et d’électricité, Resa, dans Ores n’est pas pertinent, Paul-Emile Mottard reconnaît que Nethys doit peut-être se repositionner sur certains métiers. Est-ce que cela passera par une vente du pôle média à l’étranger ou l’abandon des activités énergétiques dans les pays de l’est ?

"Il y a beaucoup de sociétés dans le groupe. Il faut définir les métiers dans lesquels on veut se développer. On devra peut-être se repositionner sur certains métiers mais je ne condamne pas une branche par hypothèse."

Epinglant au passage le rapport de la commission d’enquête "dont la composition a exclu les Liégeois", il s’interroge sur la mise en pratique d’une série de recommandations des députés. "Il y a beaucoup de recommandations qui choquent et qui sont compliquées à mettre en œuvre juridiquement comme la question du remboursement des membres des comités de secteur. "

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