Stéphane Moreau dénonce un acharnement judiciaire

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Le parquet de Liège a demandé le renvoi de Stéphane Moreau en correctionnelle pour son implication dans le dossier Ogeo. Le principal intéressé pointe du doigt un acharnement judiciaire contre sa personne portant sur des quelques dossiers connexes.

Semaine décidément chargée pour Stéphane Moreau qui, après des mois d’accalmie sur le front Publifin, est revenu depuis lundi dans tous les viseurs et sur tous les écrans, avec les mêmes images d’archives usées jusqu’à la corde.

Cette fois, c’est un dossier vieux de huit ans, lié à Ogeo Fund, qui refait surface par médias interposés. Ogeo Fund, c’est le cinquième fonds de pension belge en termes d’actifs sous gestion; ceux-ci dépassent le milliard d’euros pour un bénéfice annuel de près de 50 millions. Il gère notamment les pensions des employés de Publifin (ex-ALE, ALG et Socolie), mais aussi celles de la Cile, de la Ville et du CPAS de Seraing ou de la Province de Liège.

Ce dossier, clôturé à l’instruction au mois de juin dernier, a été initié suite à une lettre anonyme reçue en 2008. Après analyse par le parquet général de Liège, celui-ci a dressé son réquisitoire et annoncé qu’il demandait le renvoi en correctionnelle de plusieurs cadres d’Ogeo. C’est à présent à la chambre du Conseil de confirmer ce renvoi. La plus petite charge suffisante autorise souvent ce renvoi sans augurer de rien sur le fond. Mais Stéphane Moreau est clair: il affirmait vouloir directement arguer sur le fond – et dans les détails – pour obtenir un non-lieu devant cette chambre du Conseil, pour éteindre directement la procédure. "On se trouve face à des insinuations calomnieuses. Il n’y a ni partie civile, ni plaignant, ni inculpation. Et le conseil d’administration d’Ogeo n’a retenu aucun grief à mon égard", insiste-t-il.

Et sur le fond?

Mais que reproche-t-on au juste à Moreau et ses lieutenants, quand le Liégeois le plus médiatisé de l’année était encore CEO du fonds de pension? L’ex-patron est suspecté d’avoir avalisé des emprunts "douteux" au nom d’Ogeo et d’avoir prétexté, en 2011, d’un séminaire professionnel à Abu Dhabi, organisé par UBS, pour s’y rendre à des fins privées au Grand Prix de F1.

Selon le principal intéressé, que nous avons pu contacter à deux reprises, on repasse les plats sur des dossiers connexes faute d’avoir pu lui faire porter le chapeau sur autre chose. "Le dossier à l’instruction sur Tecteo, c’est 9 ans d’enquêtes pour déboucher sur quoi au final? Sur un non-lieu sur quasi-tout! Pour moi, c’est d’ailleurs la principale information du réquisitoire tracé par le substitut du procureur général Paul Catrice", pose d’abord Stéphane Moreau.

Selon lui, l’annonce faite par le parquet liégeois vient de là: "Catrice, ancien affilié du PS à la section d’Ans, n’a rien trouvé pour me charger et a tracé son réquisitoire de renvoi sur des histoires déjà largement éventées dans les médiasJe constate aussi, avec satisfaction, que l’inculpation dont je faisais l’objet depuis 2014 fait l’objet d’une demande de non-lieu par le parquet lui-même. Et il en va de même des 16 autres dossiers et de 18 perquisitions concernant Tecteo. Après la récusation pour inimitié capitale de Philippe Richard en 2015, le juge Frenay a repris les instructions une à une pour finalement ne m’inculper dans aucun dossier instruit", énumère Moreau.

Et Abu Dhabi? "C’est un épisode pour lequel Marc Beyens, alors directeur financier du fonds de pension, est venu confirmer devant le conseil d’administration d’Ogeo que je n’avais même pas été mis au courant du financement et qu’il avait tout réglé lui-même: Ogeo n’a pas déboursé un euro."

Et sur ces emprunts contractés qui ne seraient par légaux? "Il s’agit là d’un pur reproche de technique financière à l’encontre de Messieurs Beyens, Moreau, Lejeune et Valkeners. Le conseil d’administration d’Ogeo s’est prononcé à l’unanimité, à plusieurs reprises, pour considérer que ces opérations avaient été effectuées dans la plus stricte légalité et l’a fait savoir aux instances judiciaires de manière claire. En conclusion, Ogeo relève que le juge Frédéric Frenay, après une enquête minutieuse, n’a inculpé aucun responsable d’Ogeo dans aucun des volets de ce dossier et s’étonne donc de la volonté du substitut du procureur général Paul Catrice de vouloir prolonger le combat entamé par le juge Richard, récusé depuis", indique un communiqué officiel d’Ogeo Fund reçu hier soir.

"C’est de l’acharnement pur et simple!", reprend le principal visé dans ce dossier.

Correctif

Contrairement à ce que nous écrivons dans le journal "L'Echo" de ce week-end, Pol Heyse, le directeur financier de Nethys, n’est en rien concerné par la demande de renvoi en correctionnelle émanant du parquet de Liège.

Celle-ci ne vise que Messieurs Beyens, Moreau, Lejeune et Valkeners.

Toutes nos excuses pour cette erreur.

 

 

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