Stéphane Moreau quitte le PS avant son exclusion

©Anthony Dehez

Alors que son dossier devait être examiné par la commission de vigilance du parti ce jeudi, le patron de Nethys a décidé de quitter le PS.

Sa décision est tombée mardi sur le coup de 17h15. Stéphane Moreau quitte le parti socialiste. Sur le champ! "J’ai décidé, dès ce jour, de démissionner du Parti socialiste", a-t-il fait savoir dans un communiqué de presse.

Il n’aura donc pas attendu sa convocation au sein de la commission de vigilance du PS ce jeudi, et sa probable exclusion, pour annoncer son départ. "Après plus de trois mois d’observation des évolutions du dossier Publifin, je constate que mon appartenance politique me cause un préjudice personnel dans la mesure où je suis jugé non à l’aune des résultats économiques de l’entreprise que je dirige mais en fonction de critères strictement politiques."

"Je constate que mon appartenance politique me cause un préjudice personnel."
Stéphane Moreau
Dans un communiqué

Démissionnaire, et non viré comme ce fut le cas pour André Gilles il y a une semaine, le bourgmestre d’Ans et homme fort de Nethys était en sursis. Il avait été suspendu de ses mandats internes au PS le 6 février dernier en même temps qu’André Gilles, à la suite du scandale Publifin.

Victime et non coupable

Prenant les devants sur la communication des instances internes du parti, Stéphane Moreau navigue en fin tacticien. Plutôt que d’attendre les bras croisés de se voir infliger une inévitable sanction et d’être d’une certaine façon jugé "coupable" par ses camarades, il se dresse aujourd’hui en victime.

"Il est inutile de tenter davantage de démontrer qu’il n’est pas incompatible d’appartenir à un parti politique et de diriger une entreprise à succès".
Stéphane Moreau

Il justifie son geste pour le bien de l’entreprise qu’il dirige. "Je souligne, à nouveau, que depuis 2005, lorsqu’il m’a été demandé de prendre la tête de l’Association liégeoise d’électricité, j’ai, avec mes collaborateurs et le conseil d’administration, fait prospérer l’entreprise au point d’en multiplier la valeur par 2,5 et de maintenir et créer un maximum d’emplois à Liège et en Wallonie, 2.946 à ce jour. Or j’observe une différence de traitement injustifiée, notamment médiatique, réservée aux dirigeants d’entreprise engagés politiquement par rapport à ceux qui ne le sont pas."

Du côté du PS, si cette porte de sortie "honorable" semble arranger tout le monde, on insiste pour dire que rien n’a été négocié. "Sa lettre de démission doit être transmise à la commission de vigilance mais rien n’a été négocié", assure-t-on.

Accroché à Nethys

©Anthony Dehez

Coupé de tout lien avec le Parti socialiste, Stéphane Moreau devrait en toute logique quitter son mayorat d’Ans, comme il l’a déjà annoncé. Libéré du monde politique, il entend maintenant se concentrer sur ses fonctions "privées" dont son poste de CEO chez Nethys. "Dans le contexte actuel, la poursuite de la croissance économique de l’entreprise requiert une forme de neutralité de ma part", explique-t-il dans sa lettre.

La question est maintenant de savoir si Stéphane Moreau sera soutenu par les actionnaires communaux de l’intercommunale Publifin, la maison mère de Nethys.  Willy Demeyer, l’ancien homme fort du PS à Liège et bourgmestre de la Ville, avait déjà fait savoir lors de son audition par la commission Publifin il y a une dizaine de jours qu’il continuerait à le soutenir.

Stéphane Moreau demeure bourgmestre indépendant d'Ans

Stéphane Moreau reste bourgmestre indépendant de la commune d'Ans, a appris l'agence Belga à bonne source. Cette démission n'engendre que la perte des mandats dérivés de conseiller communal à savoir celui d'administrateur au sein de la société de logement. Le CEO de Nethys est cependant considéré comme absent et est toujours remplacé par Thomas Cialone (MR) comme bourgmestre faisant fonction.

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