Stéphane Moreau: "Tu peux dire à Benoît Lutgen que cela va lui coûter très cher"

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Les grandes manœuvres ont véritablement débuté chez Publifin. Poussé vers la sortie par le monde politique wallon, l’administrateur-délégué de Nethys Stéphane Moreau sera fixé sur son sort le 19 février. "Tu peux dire à Benoît Lutgen que cela va lui coûter très cher", a asséné Moreau à un administrateur cdH.

Les grandes manœuvres ont véritablement débuté chez Publifin! Si on ne peut pas encore parler de révolution, le dernier soubresaut autour de la falsification (ou pas?) d’un rapport à transmettre au gouvernement et la démission dans la foulée de Paul-Émile Mottard (PS), le président du conseil d’administration (CA) de Publifin, a remis sur le feu du conseil d’administration de l’intercommunale liégeoise, qui se tenait mardi soir (avant une assemblée des actionnaires), certaines exigences en matière de gouvernance. Dont l’avenir de Stéphane Moreau et le plafonnement des rémunérations à 245.000 euros. 

Contesté par les députés wallons et en particulier par ceux ayant participé à la commission d’enquête mise sur pied à la suite du scandale des comités de secteur chez Publifin, l’actuel administrateur-délégué de Nethys, la filiale opérationnelle de Publifin, jouissait jusqu’ici d’une certaine immunité dans les rangs politiques liégeois. Et bien qu’ayant quitté le parti socialiste et ayant abandonné son poste de bourgmestre d’Ans, Stéphane Moreau conservait la confiance des camarades du PS liégeois. Sa démission de la direction de Nethys n’avait donc jusqu’ici jamais été mise sur la table du conseil d’administration de Publifin.

La donne est aujourd’hui différente. La fédération liégeoise du PS a appelé vendredi, pour la première fois, à un changement du fonctionnement du management de Nethys et de la composition de ses instances dirigeantes, et "recommandé aux conseils d’administration de Publifin et de Nethys d’agir en ce sens dans les meilleurs délais".

"Tu peux dire à Benoît Lutgen que cela va lui coûter très cher."
Stéphane Moreau Administrateur-délégué de Nethys

Profitant du momentum, les deux administrateurs cdH de Publifin, Pierre Erler et Josly Piette, ont mis le cas de Stéphane Moreau sur la table du conseil d’administration de Publifin qui se tenait mardi soir. "Nous demandons son remplacement", confiait une source centriste.

Même dans les rangs des administrateurs de Nethys, certains se disent aujourd’hui prêts à sacrifier Stéphane Moreau:

"Je constate qu’au fil du temps et en fonction de quelques intérêts personnels, on a détruit l’intérêt du groupe. Il faut se séparer de gens comme Stéphane Moreau. Il est un actif important de Nethys, mais son passif est plus important."

Moreau remonté contre Lutgen

Visiblement conscient des enjeux, Stéphane Moreau a tenu à participer au conseil d’administration. Lors de la réunion, le patron de Nethys aurait même perdu son calme et, à l’adresse d’un administrateur cdH, il aurait tenu des propos menaçants à l’égard du président du cdH. "Tu peux dire à Benoît Lutgen que cela va lui coûter très cher." Très tendues, les discussions sur l’avenir du management de Nethys et sur le plafonnement des rémunérations ont cependant coupé court.

Malgré une certaine unanimité au sein des administrateurs du MR, du cdH et du PS à Liège pour avoir rapidement une réflexion sur l’avenir du management, le conseil d’administration de Publifin s’est heurté à un obstacle lié à l’architecture du groupe. Le management de Nethys, dont fait partie Stéphane Moreau, dépend de Finanpart, la société écran entre Publifin et Nethys. Autrement dit, le CA de Publifin n’a aucune prise sur Nethys. Il a donc été décidé de convoquer une assemblée générale de Finanpart le 19 février, soit la veille du CA de Nethys.

"Enfin, aujourd’hui, les questions liées aux rémunérations et à l’avenir du management sont sur la table. Cela a pris du temps! La question est maintenant de savoir ce que va vraiment faire le PS."
Marc Hody
administrateur Ecolo

Pour Marc Hody, administrateur Ecolo, la question est maintenant de savoir ce que va vraiment faire le PS. "Enfin, aujourd’hui, les questions liées aux rémunérations et à l’avenir du management sont sur la table. Cela a pris du temps! La question est maintenant de savoir ce que va vraiment faire le PS. Il n’y a pas de chasse à l’homme, mais personne n’est intouchable! L’actionnaire public doit retrouver la maîtrise du groupe et cela passe par la question du management."

Dans les rangs socialistes, l’administrateur Hassan Bousetta reconnaît que les lignes ont bougé depuis ce week-end. "Mais avant d’aborder toutes ces questions, on veut entendre le président du CA de Nethys Pierre Meyers sur l’avenir du management. Il sera entendu par le CA de Finanpart le 19 février."

Nouvelle présidente

À côté de cette énième saillie autour du cas Moreau, les administrateurs ont désigné un nouveau président à la suite de la démission de Paul-Émile Mottard vendredi. Pressentie depuis quelques jours, c’est la conseillère provinciale Stéphanie De Simone (PS), directrice générale de l’intercommunale du Centre hospitalier Bois de l’Abbaye (Seraing), qui a été désignée.

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