Une belle-mère pour Stéphane Moreau?

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Nouvelle escalade en vue dans la saga qui entoure l’intercommunale liégeoise Nethys/Publifin. La ministre des Pouvoirs locaux Valérie De Bue donne jusqu'au 15 décembre à Publifin pour se doter d'un management et reprendre le contrôle du groupe.

Nouvelle escalade en vue dans la saga qui entoure l’intercommunale liégeoise Nethys/Publifin. Après le dernier rappel à l’ordre fait il y a quelques jours par le ministre-président du gouvernement wallon face à ce qui s’apparente à de l’immobilisme au niveau du management de Nethys concernant la recomposition du périmètre des activités du groupe, voici venu au tour de Valérie De Bue (MR) de relancer la fronde vis-à-vis de l’intercommunale liégeoise! "Il reste une série de recommandations qui ne sont toujours pas appliquées par l’intercommunale comme toutes celles qui concernent le management de Nethys. Ce point sur le management (le départ des personnes incriminées par le rapport de la commission d’enquête Publifin, ndlr) est lié à la redéfinition du périmètre. L’un ne va pas sans l’autre. Quelles sont les activités stratégiques qui vont rester publiques et quelles sont les activités qui doivent rentrer dans le champ concurrentiel et qui seront prises en charge par le secteur privé? On attend des décisions", estime la ministre des Pouvoirs locaux.

Un pilote dans l’avion Publifin pour le 15 décembre

Mais derrière cette transformation de Nethys/Publifin se pose surtout celle du pilotage du groupe. Le constat, posé notamment grâce au travail des deux délégués spéciaux du gouvernement qui ont observé le fonctionnement des instances de Publifin pendant 6 mois, laisse ainsi à penser que la maison-mère Publifin est incapable de piloter la transformation du groupe.

Il n’y a pas de pilotage aujourd’hui. C’est Publifin et non Nethys qui doit piloter la transformation du groupe et chapeauter les décisions.
Valérie De Bue
Ministre des Pouvoirs locaux

Pire, face à un conseil d’administration (CA) de Publifin affaibli par une présidente démissionnaire et une instance insuffisamment armée pour aborder le dossier lié à transformation, le CA de Publifin n’arrive pas à jouer son rôle de contrepoids face au directeur général de Nethys Stéphane Moreau et l’ensemble de son management superpuissant et seul aux commandes.

La ministre entend dès lors inverser la tendance et rendre le pouvoir de l’intercommunale à Publifin. "Je vais envoyer un courrier au groupe dans lequel je mets en demeure Publifin de se doter d’un management de transition au niveau de Publifin. Publifin n’a pas de management propre et c’est problématique car Publifin est la faîtière d’un groupe. Il est impératif qu’ils mettent en place un management de transition pour diriger les changements et aider les administrateurs de Publifin. Il faut une vrai direction. Cela doit être mis en place pour le 15 décembre."

Cette nouvelle équipe qui s’apparente d’ores et déjà à une belle-mère pour Stéphane Moreau aura une mission bien précise. "Sa mission sera d’assurer la transformation de l’intercommunale. Il n’y a pas de pilotage aujourd’hui. C’est Publifin et non Nethys qui doit piloter la transformation du groupe et chapeauter les décisions."

Quant aux changements attendus au niveau du management de Nethys, Valérie De Bue estime que Stéphane Moreau n’a pas vocation à rester dans une structure publique. "Ces changements sont liés à la réorganisation du périmètre de l’intercommunale. Des activités vont partir dans le giron privé. Le management concerné ne sera donc plus dans le secteur public."

Dernier avertissement avant l’escalade

Cette mise en demeure s’apparente à celle de la dernière chance pour les administrateurs de Publifin. Un dernier avertissement avant l’escalade! Sans réaction du côté liégeois d’ici le 15 décembre, la ministre n’exclut pas d’enclencher l’arme ultime. "Le décret permet d'envoyer un commissaire spécial. Mais c’est très délicat à mettre en place car cela veut dire qu’il se substitue à toutes les autres instances. Ce qu’il faut éviter, ce sont des pertes d’emploi. On n’en est pas là sauf pour L’Avenir", souligne la ministre qui rappelle les responsabilités des conseils d’administration dans le contrôle des filiales des intercommunale.

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