Les Belges du Swissleaks

©Bloomberg

Diane von Fürstenberg, Olivier Strebelle, l'industriel Stefaan Colle (famille De Clerck) et l'héritière Jacqueline Boël sont parmi les clients belges d'HSBC. John Crombez plaidera pour la mise en place d'une commission à la Chambre.

Des industriels du textile, des artistes, des diamantaires et quelques fraudeurs patentés font partie des Belges qui disposaient d'un compte à la banque HSBC durant les années concernées par le scandale d'évasion fiscale du SwissLeaks, écrit mardi Le Soir qui, avec De Tijd, Mo* Magazine et plusieurs médias internationaux, dévoile depuis dimanche soir la face cachée du secret bancaire en Suisse.

Sont notamment cités la créatrice de mode Diane von Fürstenberg, le sculpteur Olivier Strebelle, l'industriel Stefaan Colle (famille De Clerck) et l'héritière Jacqueline Boël.

Olivier Strebelle ©BELGA

Olivier Strebelle, âgé de 88 ans, dit ne rien savoir et ne pas gérer ses affaires lui-même.

Le monde du diamant est également représenté avec l'ex-industriel Pierre Salik ou le diamantaire anversois Mozes Konig et les principaux protagonistes du scandale "Omega Diamonds".

On y trouve également des experts financiers, mais aussi un banquier de la KBC, un ou deux footballeurs de seconde zone, des médecins, des cadres de l'industrie, un directeur de mouvement syndical flamand, etc. Sans compter, à nouveau, des "sans profession" et "femmes au foyer".

Pour rappel, sur une fraude évaluée au niveau planétaire à quelque 180 milliards de dollars, quelque 6,26 milliards de dollars concernent la Belgique. Ces fonds étaient répartis entre 2006 et 2007 dans 4.612 comptes bancaires ouverts aux noms de 3.002 Belges --dont au moins 916 diamantaires anversois-- ou sociétés appartenant à des Belges.

Commission parlementaire?

Les socialistes du nord et du sud du pays ont appelé mardi à la mise en place d'une commission spéciale à la Chambre, afin d'assurer le suivi des affaires de fraude fiscale par les services de l'Etat. Laurette Onkelinx (PS) et John Crombez (sp.a) ont plaidé en ce sens dans les interviews matinales de Bel RTL et de la RTBF.


"Il faut que la Chambre vérifie assez fréquemment que tout le nécessaire est fait", a déclaré  Crombez, évoquant une commission à caractère permanent.  Il est selon lui "inacceptable" de ne pas lutter contre la fraude fiscale à l'heure où des efforts sont demandés aux employés, aux allocataires sociaux et aux indépendants.  M. Crombez, qui est désormais chef du groupe sp.a à la Chambre, attaque au passage la politique du gouvernement Michel en la matière, et singulièrement l'action du ministre des Finances Johan Van Overtveldt (N-VA). Ce dernier devrait s'assurer que "tout est fait pour travailler ces dossiers". Mais "s'il s'occupe vraiment de la lutte contre la fraude fiscale, il le cache bien". Au contraire, "chaque fois qu'ils annoncent quelque chose, ils affaiblissent la lutte contre la fraude", enchaîne-t-il, en référence à l'assouplissement des règles sur les transactions en cash et à la suppression de la cotisation à 309% visant les entreprises ayant omis de déclarer des revenus.

Interrogé sur de possibles fuites de capitaux, John Crombez balaie l'argument souvent opposé aux mesures anti-fraude. Les décisions prises en la matière par le gouvernement Di Rupo n'ont pas donné lieu à des fuites de capitaux, souligne-t-il. "Combien de raisons vont-ils encore inventer pour ne pas faire le nécessaire", lâche le socialiste flamand. 

 

 

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés