Bureaux: ils n'échapperont pas à une mise au vert

Le marché immobilier prend en compte la performance énergétique des bâtiments.

"D’ici quelques années, un bâtiment de bureaux qui n’est pas ‘vert’ ne pourra pratiquement plus être loué sans consentir d’importantes réductions", prédit Charles Lasserre du courtier en bureaux CB Richard Ellis. Actuellement déjà, de plus en plus d’entreprises sont à l’affût de bureaux cadrant avec leur volonté de travailler de manière plus durable, avec moins d’impact (négatif) sur leur environnement. Par conviction personnelle et parce que leurs actionnaires et/ou clients y sont attentifs. Ils souhaitent un bureau peu gourmand en énergie et construit avec des matériaux durables, mais où l’environnement reste agréable pour y travailler. "Vous pouvez facilement construire un bunker sans le moindre problème de climatisation, mais aucune entreprise ne voudra y loger ses collaborateurs".

Eolis

CBRE loue déjà plusieurs bâtiments ‘verts’sur le marché bruxellois des bureaux, et a récemment lancé sur le marché le bâtiment Eolis, place Sainctelette. Ce n’est pas ici une nouvelle construction, mais une rénovation poussée, dans laquelle seule la structure de base de l’ancien bâtiment des années 60 a été conservée. Des installations de chauffage et de climatisation moins gourmandes en énergie doivent nettement moins travailler que les systèmes ordinaires, parce que sur les façades extérieures, des vitrages imperméables à l’air ont été installés en triple vitrage. "Le bâtiment, un immeuble d’angle, est également orienté en grande partie vers le nord, de sorte que les architectes ont eu davantage de liberté pour travailler avec de grandes baies vitrées", explique Guillaume Turcas de CBRE Investors, une filiale autonome de l’entreprise. Les locataires ne pourront s’écarter que de quelques degrés seulement d’une température maximale de 21 degrés en hiver, et d’un minimum de 26 degrés à l’intérieur par temps chaud. Grâce au logiciel Vizelia, ils ont une vue précise de leur consommation d’électricité et d’eau.

Tout compte fait, le bâtiment, certifié par l’organisation française HQE, arrive à une valeur K (exprimant le degré d’isolation thermique global d’un bâtiment) de 36 et à une valeur E (représentant la consommation d’énergie totale d’un bâtiment) de 75. Il demeure ainsi dans les normes de prestation énergétique qui seront en vigueur à Bruxelles à partir de l’an prochain pour les demandes de permis de bâtir. CBRE a même introduit la demande de permis de bâtir pour Eolis en 2007, et devance donc les normes de quatre ans. La consommation d’énergie doit donc être inférieure d’un quart environ par rapport à une surface de bureaux comparable dans un bâtiment classique. Il ne s’agit pas de chiffres spectaculaires. "Vous ne pouvez pas comparer cela avec un bâtiment conçu et construit pour un utilisateur spécifique, explique Lasserre. Si vous connaissez le futur occupant des lieux, si vous savez comment le bâtiment sera réparti et combien de personnes seront appelées à travailler par mètre carré, ou si l’entreprise est d’accord avec des systèmes de ventilation à ouverture automatique etc., il est possible d’aller beaucoup plus loin. Un immeuble de bureaux 100&flexSpace;% passif est peut-être possible quelques-uns ont déjà tenté le coup jusqu’ici avec succès , mais il s’agit en l’occurrence de bureaux destinés à des usagers spécifiques. Sur le marché locatif à Bruxelles, on n’en trouve pas".

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés