Financement: Eltys cherche des investisseurs éthiques

Société coopérative d’investissement éthique lancée en février dernier, Eltys ambitionne de fournir du capital à risque à des entrepreneurs qui s’engagent à respecter des critères sociaux et environnementaux précis.

Depuis 2003, Daniel Verplaetse et Nicolas Konstantatos dirigent dvl.lighting, une PME carolorégienne spécialisée dans l’éclairage de vérandas. Ils ont inventé un produit innovant un dissipateur thermique pour lequel un brevet vient d’être accepté qui double la durée de vie des ampoules LED et augmente de 5&flexSpace;% leur rendement. Le problème est que ce "meilleur produit du monde" selon Daniel Verplaetse, leur a coûté cher et qu’ils manquent de moyens pour le fabriquer. En quête de financement, ils se tournent vers les banques qui viennent juste d’entrer dans la crise et se montrent dès lors plus que rétives. Las, ils s’adressent aux institutions de financement de la région wallonne mais qui n’interviennent que si les banques le font également. Ils pourraient aussi solliciter des investisseurs "lambda" mais ceux-ci sont motivés par une rentabilité qui s’accommode mal des considérations éthiques qui guident les deux protagonistes. En 2009, ils décident donc de créer leur propre fonds, puis réalisent que d’autres entreprises sont confrontées au même problème. Le projet se transforme donc en la création d’un fonds global d’investissement éthique.

Les dossiers et les entreprises soutenus par Eltys doivent répondre à certains critères stricts: être implantées en Belgique, verser au moins 10&flexSpace;% de leurs bénéfices à des œuvres sociales ou environnementales et 5&flexSpace;% à leur personnel et ne pas exporter hors Union européenne afin de favoriser la main-d’œuvre locale. Les entreprises s’engagent en outre à respecter une charte éthique et sociétale prévoyant notamment le respect de l’être humain (personnel, sous-traitants, clients) et à recourir à des dispositifs financiers éthiques. De même, aucun employé ou cadre dirigeant ne peut percevoir une rémunération plus de six fois supérieure au plus bas salaire brut versé au sein de l’entreprise.

70 candidats à l’aventure

Eltys est encore en phase de lancement puisqu’un appel aux coopérateurs s’ouvre le 14 octobre et court jusqu’au 19 novembre avec pour objectif de lever 2 millions d’euros. Les parts de la coopérative sont émises à 275 euros chacune. Chaque part octroie un droit de vote lors des assemblées générales d’Eltys, mais un coopérateur ne peut détenir plus de 10&flexSpace;% des droits de vote. De même, un coopérateur ne peut détenir plus de 49&flexSpace;% du capital. En outre, Eltys s’est muni d’un comité de coopérateurs garants qui dispose d’un droit d’avis lors des conseils d’administration et d’un droit de vote en cas de changement des statuts. "Le plus grave qui puisse arriver serait que l’on change nos statuts, explique Daniel Verplaetse. Il s’agit donc d’un garde-fou contre le pouvoir de gens éventuellement malintentionnés".

Avant même l’ouverture de la période de souscription, une septantaine de candidats coopérateurs se sont déjà engagés à participer à l’aventure Eltys pour un montant total de 230.000 euros. "Pour une société qui n’est pas encore créée, ce n’est pas mal", se félicite Daniel Verplaetse. L D.B.

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