interview

Di Rupo veut réduire le temps de travail à 4 jours et sans perte de salaire

©ERIC LALMAND/BELGA

Le président du PS dit craindre un retour en arrière sur les droits des travailleurs. Face à la flexibilité prônée par le gouvernement Michel, il préconise la réduction du temps de travail.

Elio Di Rupo était ce matin l'invité de Martin Buxant sur Bel RTL. Le patron du Parti Socialiste s'inquiète des mesures prises par le gouvernement Michel en matière de travail: CDI pour les intérimaires, semaine de 45 heures, etc.

Pour l'ancien Premier ministre, on détricote les acquis sociaux des travailleurs d'une manière inédite. "Le gouvernement agit contre les travailleurs d'une manière qu'on a jamais connu depuis des décennies! On est dans une situation qui n'est pas digne, qui est véritablement rétrograde."

Il rejette aussi l'idée de débloquer le salaire des patrons d'entreprises publiques, limité à 290.000 euros depuis la législature précédente. Devant la difficulté de trouver un remplaçant pour Jo Cornu à la tête de la SNCB, la N-VA envisage en effet d'augmenter les revenus de son successeur. "C'est indécent! Qu'est-ce qui justifie de telles rémunérations?", s'indigne le président du PS.

L'écart salarial dans le viseur

Le PS veut d'ailleurs faire un pas dans le sens inverse, et réduire l'écart salarial. "Les chefs d'entreprises ont parfois des salaires qui sont 120, 140, 200 fois plus importants que les plus bas salaires. Nous proposons de réduire (ndlr: cet écart), qu'on aille de 1 à 10, voire de 1 à 20 au grand maximum".

Le bourgmestre de Mons n'a pas peur d'aller plus loin que les recettes prônées par l'économiste vedette Thomas Piketty, qui préconise un écart de 1 à 100. "Oui, nous allons plus loin, car je pense qu'un administrateur délégué qui a envie d'accroître son salaire va d'abord devoir accroître le salaire des travailleurs."

Vers une réduction du temps de travail

L'autre cheval de bataille de la rentrée, pour le PS, c'est la réduction du temps de travail à quatre jours "avec maintien du salaire". Un objectif à l'opposé des mesures prises par le gouvernement actuel. 

"Quand on a donné des congés aux travailleurs, payés par les patrons en 1936, tous les patrons criaient au scandale, que ça allait être la fin de l'économie. Ca n'a jamais été la fin de l'économie. On voit qu'il y a des bénéfices dans un certain nombre de grandes entreprises: il y a moyen de le faire." Comment? Le patron du PS demande encore un peu de temps pour élaborer son plan d'attaque. "On va y revenir en détail dans les mois qui viennent."

"Quand vous voyez que le gouvernement est empêtré dans un budget, avec un échec cuisant (...) et bien entendu les leaders viennent parler du burkini. Ce n'est pas sérieux."
Elio Di Rupo
Président du PS

Interdiction du burkini, "une sottise"

Elio Di Rupo ne s'en cache pas. Il n'est pas un grand fan du burkini. Mais malgré ses convictions personnelles, il met en garde contre toute volonté de l'interdire.

"Je suis sur l'égalité homme-femme, la liberté totale des femmes, donc sur le plan philosophique je suis contre. Mais de là à aller l'interdire, c'est une sottise."

Selon lui, le débat sur le burkini est surtout un moyen de détourner l'attention des citoyens. "Quand vous voyez que le gouvernement est empêtré dans un budget, avec un échec cuisant  (...) et bien entendu les leaders viennent parler du burkini. Ce n'est pas sérieux."

Sur Jean-François Tamellini, nouveau patron de la FGTB

"C'est un homme de conviction, un homme d'action. Il va falloir l'écouter et faire en sorte que les syndicats d'une manière générale retrouvent leur place dans la société belge."

→ Lire l'interview de Jean-François Tamellini "Je ne lâcherai rien"

Semaine de 4 jours, le cdH dénonce des "effets d'annonce"

Suite aux déclarations d'Elio Di Rupo sur la semaine des 4 jours, la cdH Catherine Fonck a mis en garde contre les "effets d'annonce" au travers d'un communiqué. Selon elle, exiger des entreprises qu'elles paient un salaire plein de 38 heures aux travailleurs qui ne presteraient que 30,4 heures, c'est la "mort annoncée" de nombre d'entre elles.

 Le cdH préconise plutôt une "flexibilité moderne", qui permettrait de répartir 38 heures sur 4 jours pour concilier plus facilement les vies professionnelle et familiale à condition que la décision soit concertée entre le travailleur et l'employeur.

"Une modernisation du travail est indispensable pour être davantage en adéquation avec la société actuelle. Ce dossier important mérite un travail réaliste afin que travailleurs et employeurs s'y retrouvent. Ce n'est que par cette voie que cette réforme sera une réussite", a souligné Mme Fonck.


 

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Contenu sponsorisé

Partner content