"En situation de crise, ce sont les femmes qui payent les premières"

©Lieven Van Assche

Marie Arena, députée européenne et ministre-présidente de la Communauté française de 2004 à 2008, condamne avec force le recul de la représentation des femmes dans les lieux de pouvoir. Alors que ce mercredi 8 mars sera célébrée la journée internationale de la femme, l’ex-ministre fédérale, qui s’est exprimée au micro de Martin Buxant ce lundi matin sur Bel Rtl, pointe la crise économique et financière de 2008 comme l’un des facteurs déterminants de ce retour "machiste".

"En situation de crise, ce sont les femmes qui payent les premières. Dans les mesures d’économie qui visent les dépenses publiques, ce sont souvent des mesures qui touchent particulièrement les femmes", explique Marie Arena. "Ce n’est absolument pas normal, mais ça veut dire que l’égalité n’est pas encore acquise, c’est encore très fragile, et dès qu’on est en situation instable, ce sont les femmes qui payent directement la crise", déclare l’eurodéputée socialiste qui se dit favorable à un changement des mœurs à l’intérieur même des partis politiques.  Selon Marie Arena, il faut qu’on fasse grandir, à l’intérieur même des partis, la possibilité d’avoir des femmes à tous les niveaux de pouvoir.

A la question de savoir si imposer des quotas de femmes dans les gouvernements comme cela a déjà été fait dans des conseils d’administration d’entreprises pourrait être une bonne solution, l’ex ministre-présidente de la Communauté française déclare: "Tant qu’on n’a pas acquis l’égalité, oui, c’est une bonne solution. Imposer des quotas, ce n’est pas dévalorisant et ça rapporte aux industries, aux entreprises qui le font. Tout le monde est gagnant."

Bon point pour la Commission européenne

Bien qu’il existe une journée spéciale consacrée à la femme, la Commission européenne a pris le parti de lutter toute l’année pour leurs droits.

65.6%
Depuis 2010, le taux d'emploi des femmes a augmenté constamment pour culminer à 65.6% en 2015, contre 77% chez les hommes.

Sur le marché de l’emploi, la méthode porte ses fruits puisque depuis 2010, le taux d'emploi des femmes a augmenté constamment pour culminer à 65.6% en 2015 contre 77% chez les hommes. Pour sensibiliser au mieux l’opinion publique, la Commission européenne a instauré une journée de l'égalité salariale, mais aussi un Prix européen pour les femmes créatrices d'entreprises innovantes.

Pour eux, la femme, c’est le pilier social, elle doit être à la maison.
Marie Arena
Eurodéputée



Au niveau européen, Marie Arena se montre toutefois critique sur un autre point: le droit à l’avortement. "Quand on regarde les mouvements de droite conservatrice et d’extrême droite, leur cible c’est de ramener la société dans une société très traditionnelle et dans les sociétés traditionnelles, les femmes ont beaucoup moins de droits. Le droit à l’avortement est combattu, comme l’émancipation économique. Pour eux la femme, c’est le pilier social, elle doit être à la maison."

L’eurodéputée reconnaît que la situation est complexe car la question de l’avortement est une compétence nationale et non européenne. "Par contre, la non-discrimination à l’accès à la santé est une compétence européenne. Et moi je trouve que l’accès à l’avortement, c’est l’accès à la santé pour les femmes. Il faut que cet accès à l’avortement puisse être libre pour garantir la santé des femmes", clame-t-elle avec vigueur. Sera-t-elle entendue ?

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