interview

"On a un gouvernement d'amateurs"

©Dieter Telemans

Robert Vertenueil, secrétaire genéral de la FGTB, dénonce différentes réformes envisagées par le gouvernement Michel. Des réformes qui montrent "l'amateurisme", "le conflit d'intérêts" voire "la légèreté" de ce gouvernement.

Robert Vertenueil, secrétaire général de la FGTB, est un homme en colère. Il tire à boulets rouges sur diverses réformes du gouvernement: les pensions, la réforme fiscale, le code des sociétés et même le service minimum à la SNCB.

"Quand on a un gouvernement qui se comporte comme il se comporte en faisant de beaux discours... Mais en réalité, on voit que rien n'est fait de sérieux. Je pense que c'est un gouvernement qui n'est pas digne d'intérêt," lance-t-il sur les ondes de Bel RTL. Face à ce qu'il appelle un gouvernement d'amateurs, il appelle les partis de gauche à se réunir pour élaborer le programme du futur gouvernement.

Mais pourquoi une telle colère? 

♦ Robert Vertenueil dénonce la proposition de retraite anticipée. Il affirme que si tout préretraité partait en retraite anticipée, cela reviendrait à devoir financer deux milliards d'euros; certes légèrement compensés par les gains du chômage. "Ce qui est grave, c'est que personne n'a pensé à calculer le poids de cette mesure. C'est ce qui montre que ce gouvernement est léger quand il parle de budget."

Il n'y va pas par quatre chemins: "Nous avons un gouvernement d'amateurs et de gens empêtrés dans le conflit d'intérêts."

♦ Autre sujet mis en avant par le syndicaliste: la pension 67 ans. Il martèle que l'espérance de vie des gens qui travaillent est en deçà de 65 ans. "La question n'est pas de savoir si je vis plus longtemps, mais si je vis plus longtemps, en bonne santé. Peut-on décemment demander à des gens qui sont malades de continuer de travailler?"

♦ Sur la fiscalité, il ironise: "Le gouvernement a magnifiquement taxé les plus riches: il annonce 500 millions de recettes sur la taxe Caïman alors qu'Eric Van Rompuy affirme que cela rapportera 39 millions au budget." Pour Robert Vertenueil, la différence ne pourra être piochée que dans la poche des travailleurs. "On n'ira pas la chercher dans la poche de ceux qui sont riches."

"Quand il s'agit de prendre des mesures qui s'appliquent aux riches, aux fraudeurs, aux entreprises qui planquent leur pognon à l'étranger, là, on ne prend pas les mesures qu'il faut."

Et d'ajouter: "Je remarque que quand il s'agit de chasser les chômeurs, on trouve tous les moyens pour pouvoir faire appliquer les mesures. Quand il s'agit de prendre des mesures qui s'appliquent aux riches, aux fraudeurs, aux entreprises qui planquent leur pognon à l'étranger, là, on ne prend pas les mesures qu'il faut."

♦ Dans le dossier "code des sociétés", il a le ministre de la Justice dans son viseur. "Dans ce dossier, on tombe dans le surréalisme total."

Le secrétaire général relate l'appel à l'Europe du gouvernement: il faut prendre des mesures pour lutter contre le dumping social, les dérives et la fraude. Il souligne que pendant ce temps, Koen Geens déclare vouloir faire de la Belgique, le Delaware de l'Europe. "C'est un paradis fiscal, un paradis où les gens planquent leur pognon, un paradis de voyous. Au Delaware, on retrouve à une même adresse 285.000 entreprises." Vertenueil s'interroge aussi sur l'implication d'un ministre de la Justice dans la réforme du code des sociétés. "Koen Geens n'est plus crédible. Il devrait s'en aller comme d'autres au gouvernement.

♦ Enfin, sur le service minimum à la SNCB qui vient d'être voté, il affirme que la nécessité pour le citoyen n'est pas d'avoir un service minimum mais maximum. "Beaucoup disent de ne pas s'inquiéter car le service minimum ne sera pas appliqué à la SNCB."

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