interview

"Faire des gares et des investissements publics pour la beauté du site, je ne comprends pas"

©Emy Elleboog

Roland Gillet sera désormais conseiller économique du Premier ministre, Charles Michel. Mais pour relancer l'économie, il dit n'avoir aucune recette miracle.

Roland Gillet, Professeur de finances à la Sorbonne et à la Solvay Business School, considère que la Belgique n'est pas sur une si mauvaise voie que cela, notamment en matière d'emploi.

"Les statistiques, et la manière dont on les comptabilise, sont toujours sujettes à caution. Mais on voit que les politiques qui sont menées ces dernières années commencent à prendre corps. Et une des priorités de ce gouvernement, c'est l'emploi!"

Pas de quoi rougir donc face à la France, en proie à la colère populaire, mais également face aux autres pays européens. 

Et pour relancer l'économie, celui qui va désormais conseiller le Premier ministre sur les questions économiques a-t-il un remède miracle? La réponse est claire: "il n'existe pas de recette miracle." 

"Penser aujourd'hui encore qu'on va relancer l'activité économique avec ce qu'on appelle du crédit à l'économie réelle, c'est mener au surendettement. Et du surendettement + du surendettement, cela donne du surendettement au carré."

Certes, il n'est pas opposé aux investissements publics, mais là aussi, il lance un avertissement: "faire de grandes gares et de grands investissements publics, pour autant que cela ne crée pas de l'emploi uniquement le temps des travaux, c'est très bien. Si c'est uniquement pour la beauté du site, j'ai plus difficile à comprendre car il y a aujourd'hui des priorités plus créatrices d'emplois durables, comme plus de mobilité dans le pays et à Bruxelles.

Et que dire de la vente des "bijoux de famille" pour remplir les caisses? "On peut toujours dire: l'Etat vend et réduit sa dette. Mais l'interrogation de l'Etat doit être sa valeur ajoutée en tant qu'actionnaire. S'il a une valeur ajoutée et qu'il pense qu'il est stratégique de rester dans l'entreprise à ce moment, le coût actuel compte tenu des taux auquel il s'endette n'est pas une raison suffisante pour s'en défaire."

Membre de groupes de réflexion au niveau international, Roland Gillet côtoie de nombreux chefs d'Etat. Est-ce que ces rencontres lui donnent le goût du politique? "Jamais", lance-t-il franco. "Même s'il ne faut jamais dire jamais! Je m'amuse trop avec mes étudiants à l'université."

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Contenu sponsorisé

Partner content