interview

"Il y a un Président élu, il faudra travailler avec lui"

©EPA

Didier Reynders, ministre des Affaires étrangères, appelle l'Europe à réagir plutôt que d'attendre de voir ce que sera la politique américaine. Trump veut un plan d'investissement, c'est également ce dont l'Europe a besoin.

"Il y a un Président élu, il faudra travailler avec lui". Didier Reynders, ministre des Affaires étrangères affirme que l'Europe doit s'activer face à l'arrivée au pouvoir du nouveau président américain, Donald Trump. "Je crois que nous devons un peu moins nous préoccuper de ce que sera la politique américaine et un peu plus penser au renforcement de la politique européenne", déclare-t-il au micro de Martin Buxant sur Bel RTL.

Il souligne les intentions de Trump quant à un immense plan d'investissement aux Etats-Unis. "C'est ce dont nous avons besoin aussi en Europe. Il faut aller plus loin que le plan Juncker. On parle de faire revenir des industries aux Etats-Unis. L'Europe a aussi besoin de développer sa politique industrielle mais pas à un niveau national, comme je l'entends dans la campagne française ou à l'échelle wallonne lors du Ceta."

Il appelle aussi l'Europe à repenser sa politique en matière de défense. "En 2012, Barack Obama disait déjà que l'Europe devait prendre plus à sa charge sa défense. Les Etats-Unis ne veulent plus financer 3/4 de l'Otan alors qu'il y a 28 membres. L'Europe doit donc davantage investir et regrouper ses forces au sen de l'Otan."

Quant à la collaboration avec les Etats-Unis, Didier Reynders affirme que des contacts ont déjà été noués avec la nouvelle administration. Des rendez-vous ont été fixés. Donald Trump est lui-même déjà attendu au prochain sommet de l'Otan qui se tiendra à Bruxelles en mai ou en juillet prochain.

"Ce qui m'inquiète le plus, c'est que le Président semble privilégier les contacts bilatéraux. Il est très critique sur les Nations Unies, sur l'Union européenne, sur l'Otan, sur le climat, sur tout ce qui est multilatéral. J'ai l'impression qu'il va chercher à faire des accords avec chaque partenaire dont l'Europe, si elle démontre qu'elle a une plus-value."

Publifin, un dossier catastrophique pour l'image wallonne

Si le monde est rivé sur la prestation de serment du nouveau Président des Etats-Unis qui se tiendra en fin d'après-midi, heure belge. Chez nous, c'est le dossier Publifin qui occupe les esprits. Sur le sujet, le ministre des Affaires étrangères note la volonté du Ministre-président, Paul Magnette de reprendre le dossier. "J'espère qu'il va le faire en concertation avec les chefs de groupe du parlement wallon."

La priorité est, pour lui, la prise de mesures alors que l'image de la Wallonie pâtit à nouveau de ces accusations. "Lorsqu'on travaille dans le secteur public, il faut pouvoir déclarer tous les mandats et les rémunérations liées." Il rappelle aussi la proposition du MR d'oeuvrer à un décumul intégrale entre la fonction de bourgmestre et de parlementaire pour les communes de 50.000 habitants. Comme cela se fait à l'Europe.

Il conclut toutefois ne pas vouloir empêcher un "patron d'une boucherie de devenir bourgmestre d'une commune de 5.000 habitants", contrairement à Elio Di Rupo qui annonçait jeudi vouloir interdire aux bourgmestres et échevins d'être patron d'une entreprise.

Didier Reynders termine son interview sur une note ironique. Interrogé sur le livre de Jacqueline Galant, sorti la semaine dernière, il réplique: "Je vous conseille, si vous voulez un livre sur une femme de qualité, de lire le livre de Francis Van de Woestijn sur Antoinette Spaak. J'ai d'abord lu celui-là!".

 

Retrouvez ici l'intégralité de l'interview de Didier Reynders

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