interview

"La police doit avoir une intime connaissance des quartiers et de la population"

Bernard Clerfayt ©Thierry du Bois

Bernard Clerfayt, bourgmestre de Schaerbeek, ne se dit pas favorable à une fusion des six zones de police à Bruxelles. Pour lui, une bonne sécurité dans les villes passe par la prévention. Et prévenir, c'est connaître sa ville et sa population.

Bernard Clerfayt (DéFi), bourgmestre de Schaerbeek, défend Bruxelles face aux critiques venues notamment de Flandre. "On ne peut pas dire des mensonges. Quand de la Flandre entière, on nous dit que tout va mal à Bruxelles, c'est faux! Des 5 grandes villes du pays sur ces 20 dernières années, c'est à Bruxelles que la criminalité a le plus diminué (-30%)", lance -t-il sur les ondes de Bel RTL.

Il note toutefois plusieurs problèmes à Bruxelles.

♦ Tout d'abord l'effectif policier: "Il y a pour toute la région bruxelloise 42 policiers pour 1.000 habitants, comme à Anvers. Mais Bruxelles accueille plus d'événements, plus de navetteurs, plus de vie économique et sociale. C'est donc trop peu en comparaison à Anvers. Il est donc absolument nécessaire de renforcer les forces de police en région bruxelloise."

Faut-il fusionner les zones de polices? Bernard Clerfayt emprunterait plutôt le chemin inverse en les multipliant. Objectif: être plus proche de la population. "Les causes des événements de la semaine dernière ne sont liées à un manque de coordination. Il s'agit de manque d'informations et d'erreurs d'interventions tactiques."

♦ D'oùle deuxième problème pointé par le bourgmestre: la prévention. "On se demande si la police de Bruxelles a suffisamment de liens avec les services de prévention." Il avance que les services de police doivent avoir une "intime connaissance" des quartiers, de leurs populations, de leurs communautés.

Relire notre reportage: Bruxelles brûle-t-elle?

Rentré du congrès européen des villes sur la sécurité, il affirme que tous les acteurs de ce congrès sont unanimes: A moyen terme, la sécurité implique "de marcher sur deux jambes":
→ celle de la police: une présence dans les quartiers est indispensable comme une rapidité d'intervention
→ celle de la prévention: "A moyen terme, la sécurité se nourrit de la confiance que les citoyens ont dans les institutions, dans la ville... Cette confiance se nourrit d'une cohésion sociale. Il faut donc des politiques de développement des quartiers, des populations et des communautés dans le long terme."

♦ La gestion du piétonnier. "Le piétonnier ne se gère pas comme un boulevard pour voiture." Pour Bernard Clerfayt, la police de Bruxelles n'est pas suffisamment préparée à des interventions sur le piétonnier et à la canalisation de la foule.

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