interview

"La tolérance zéro, ca ne veut pas dire grand-chose d'un point de vue judiciaire"

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Jean-Marc Meilleur, procureur du roi de Bruxelles, revient sur les émeutes qui ont touché Bruxelles cette semaine. Beaucoup se sont interrogés du peu d'arrestations...

Jean-Marc Meilleur, procureur du roi de Bruxelles, tempère les diverses déclarations de ces derniers jours parlant d'instaurer à Bruxelles une tolérance zéro à l'issue des émeutes survenues dans la capitale. "La tolérance zéro, ça ne veut pas dire grand chose d'un point de vue judiciaire", explique-t-il sur les ondes de Bel RTL. "Nous avons dit, dès dimanche, que nous tenterions d'identifier un maximum d'auteurs. Que pour ceux dont nous aurions suffisamment de preuves, nous donnerions des suites judiciaires mais pas uniquement le tribunal car nous avons un éventail de possibilités."

Le procureur rappelle que chaque année, le parquet de Bruxelles reçoit entre 70.000 et 80.000 dossiers correctionnels. "Si tolérance zéro, veut dire poursuivre chaque personne qui commet des infractions sur le territoire de Bruxelles-Capital..."

A la suite des émeutes de Bruxelles le week-end dernier et cette semaine, beaucoup se sont étonnés du peu d'arrestations opérées. "Il est important de comprendre que d'un point de vue judiciaire, ce n'est pas toujours opportun d'arrêter les gens immédiatement."

"Ce n'est pas toujours opportun d'arrêter les gens immédiatement"

Jean-Marc Meilleur affirme que lorsque le parquet a une personne devant lui, il doit pouvoir lui imputer un fait avec des preuves. "Le fait d'arrêter tout de suite la personne ne permet pas toujours d'avoir suffisamment d'éléments de preuve, raison pour laquelle nous sommes parfois amenés à libérer la personne pour poursuivre l'enquête."

Pour l'heure, l'identification des auteurs se poursuit. Elle passe par l'analyse des images vidéo mais aussi, une fois l'identité de l'auteur précisée, par des témoignages afin de recouper les informations. "Ce n'est pas parce qu'une personne était présente à ce moment sur les lieux qu'elle a commis des infractions."

Il apparaît toutefois que de nombreux mineurs ou des personnes tout juste majeures étaient présents lors des émeutes. Et Jean-Marc Meilleur d'ajouter que pour les mineurs, il n'y a pas de peines, tout au plus des mesures protectionnelles qui seront examinées au cas par cas. Pour les personnes majeures, en fonction des faits qui leur sont reprochés, les peines peuvent aller de 5 à 10 ans.

 

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