interview

"Le PTB considère que le patron est l'homme à abattre"

©Photo News

Elio Di Rupo est revenu dans l'actu ces derniers jours. Au programme: son livre, ses propositions, les moqueries et la "trahison" de Benoit Lutgen.

En pleine crise institutionnelle avec des gouvernements bruxellois et de la Fédération Wallonie-Bruxelles qui attendent toujours des accords de coalition pour reprendre du service, le président du PS Elio Di Rupo vient de sortir un livre baptisé "Nouvelle Conquête", un livre que nous vous présentions ce lundi 21 août.

Ce matin, l'homme au nœud papillon rouge était l'invité de notre journaliste Martin Buxant sur les ondes de Bel RTL pour un retour sur son livre, ses propositions et sur l'actualité politique belge.

 

Sur son livre :

• Sur la partie plus autobiographique et ses origines modestes, le bourgmestre de Mons raconte qu'il a été approché par d'autre partis politiques qui le voulaient dans leur rang - un président du parti libéral l'avait contacté personnellement à l'époque, mais qu'il a toujours été fidèle au socialisme, qu'il défini comme une "(...) adversité sociale et politique. Le fait de vaincre les difficultés".

• Elio Di Rupo fait plusieurs propositions dans son livre, et notamment d'abroger la pension à 67 ans et la dégressivité des allocations de chômage, de réduire le temps de travail ou de taxer les haut revenus. Une façon de regauchiser la gauche et concurrencer le PTB? "Non. En tant que président de parti, je dois fixer un cap, avoir des idées. Je réponds à un certain nombre de réalités que vivent les citoyens." Parmi celles-ci, le président du PS en pose trois grandes : des revenus trop bas, un chômage massif et la pauvreté. 

• Pour financer ses propositions, Elio Di Rupo veut aller chercher dans les poches des actionnaires et  taxer les grandes fortunes, en évitant le "gaspillage fiscal", à travers des cotisations sociales généralisées et, plus original: en faisant participer les nouvelles technologies et les robots, une idée qui lui vient de Bill Gates. 

C'est quoi, l'"écosocialisme"? Pour Elio Di Rupo, il n'est pas question ici de "marcher sur les plates bandes d'Ecolo", mais simplement de "(...) faire un travail aussi affiné dans le domaine environnemental que dans le social."

"Le PTB est un parti communiste qui ne tient pas compte des contraintes internationales, mondiales et européennes."
Elio Di Rupo
Président du PS

Sur le PTB:

"Le PTB est un parti communiste qui ne tient pas compte des contraintes internationales, mondiales et européennes. Le PTB considère que le patron est l'homme à abattre, nous pensons que les entrepreneurs, les créateurs, on en a besoin, surtout à Bruxelles et en Wallonie. On dit simplement que ce doit être dans une économie de marché qui est loyale et régulée."

Sur les moqueries des internautes par rapport à ses déclarations:

"C'est indigne et scandaleux. Mais il faut vivre dans ce caractère intergénérationnel. On a besoin - dans la direction d'une formation politique - de fougue et de sagesse (...) de personne plus expérimentées et de jeunes. Regardez Jeremy Corbyn, le patron du Labour Party - le parti socialiste britannique - on en a dit pis que pendre, on l'a attaqué de toutes parts et puis il a rencontré un très grand succès électoral. C'est mon exemple pour l'avenir."

 

 

Sur l'accord de gouvernement wallon entre le cdH et le MR:

"Ce que Benoit Lutgen a fait est abominable (...) Sur le plan de la noblesse politique: il y avait un gouvernement de centre gauche et il fait basculer le gouvernement wallon à droite, alors que la sociologie wallonne n'est pas à droite."

Sur le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles :

"On a besoin d'institutions qui fonctionnent. Pour le moment, la clé est davantage chez Olivier Maingain. S'il n'y a pas d'accord de sa part, j'espère vraiment que, malgré l'attitude inqualifiable de monsieur Lutgen, le cdH sera correct, jouera le jeu des institutions et ne va pas détruire l'institution de la Fédération Wallonie-Bruxelles ".

"Ce que Benoit Lutgen a fait est abominable (...) Sur le plan de la noblesse politique : il y avait un gouvernement de centre gauche et il fait basculer le gouvernement wallon à droite, alors que la sociologie wallonne n'est pas à droite."
Elio Di Rupo
Président du PS



 


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