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Sophie Wilmès temporise sur l'effort budgétaire

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Invitée à répondre aux questions de Martin Buxant, la ministre du Budget a cherché à rassurer suite à l'annonce faite hier soir par le Comité de monitoring , qui prévoit un effort budgétaire supplémentaire de 2,4 milliards pour le fédéral.

C'était ce matin à  la ministre fédérale du Budget Sophie Wilmès (MR) de se prêter à l'exercice de l'interview politique, au micro de notre journaliste Martin Buxant. Après l'annonce des  chiffres du Comité de monitoring faisant état d'un trou de 2,4 milliards dans le budget fédéral, une question se pose: mais où donc ce gouvernement, qui a fait de l'équilibre budgétaire son cheval de bataille, ira-t-il chercher cette somme?

La ministre a d'emblée relativisé sur l'ampleur de la tâche. "C'est un exercice qui ne sera pas facile, ça j'en conviens bien. Mais ça n'est pas la première fois qu'un gouvernement cherche durant l'été une certaine somme. Il faut s'avoir que lors du gouvernement précédent, on a pu chercher jusqu'à 5,4 milliards durant l’été. Donc, nous sommes effectivement dans un exercice qui va être difficile, mais pas exceptionnel." 

Quid de l'origine de ce trou de 2,4 milliards? Est-il dû à un mauvais calcul des recettes fiscales, comme le dit le Comité de monitoring? La ministre s'en défend. "Il dit effectivement qu'il y a un différentiel entre les recettes qui étaient estimées et les recettes qui sont réalisées.  Ce différentiel s'explique par deux grands points: le premier c'est un recul des recettes TVA dues aux attentats." Quant au deuxième point, la ministre évoque "un recul des recettes en précomptes mobiliers et en versements anticipés, qui est majoritairement dû au recul des taux d'intérêts". Pour pallier à ce différentiel,  Sophie Wilmès évoque la nécessité d'un "buffer fiscal" (tampon), soit la mise en place d'une marge de sécurité.

Reste encore à trouver les fameux milliards. Mais où? Difficile de trouver le moindre indice dans le chef de la ministre. "A partir du 16 août, nous reprenons le travail budgétaire et à ce moment-là nous mettrons sur la table les différentes propositions pour combler ce manque", dit Sophie Wilmès, en temporisant. "Nous sommes dans un processus où nous assainissons les finances publiques. Le travail budgétaire peut se faire au niveau des dépenses et au niveau des recettes." 

Pourquoi ne pas, par exemple, chercher à réaliser des économies du côté des voitures de société, si chères et polluantes, propose Martin Buxant. "La voiture de société fait partie du "package salarial. Donc, à partir du moment où vous diminuez l'avantage pour les travailleurs que constitue la voiture de société, il faut pouvoir la compenser ailleurs," rétorque Sophie Wilmès, qui ne ferme néanmoins pas totalement la porte. "Je n'ai pas de tabou en tant que ministre du Budget, et je pense que toutes les positions peuvent être discutées."

A noter que, même sans ce trou de 2,4 milliards, le déficit fédéral devrait toujours atteindre 0,7% du PIB pour 2017. Là-dessus, la ministre du Budget reste droite dans ses bottes: l'accord gouvernemental prévoit un équilibre pour 2018. Et de rappeler que si ce souhait devait changer, "et bien ça serait avec l'accord des quatre partis autour de la table, ce qui n'a pas été énoncé jusqu'à présent."

Enfin, sur ses relations avec la N-VA au sein du gouvernement, Sophie Wilmès maintient la ligne qui est celle de son parti depuis la formation de la coalition suédoise. "Il faut pouvoir faire la part des choses en politique. Nous avons une urgence absolue, c'est de redresser l'économie de notre pays et de relancer l'emploi." Avant de clôturer: "je pense que quand on a des responsabilités politiques, il faut pouvoir faire cette part des choses, ce que nous faisons, je pense, très bien ensemble." 

L'interview de Sophie Wilmès, à revoir sur BeltRTL

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