Un rapport de l'Afsca tenu secret

©BELGA

Le ministre de l'Agriculture explique que la justice demande qu'un rapport de l'Afsca sur la contamination des oeufs au fipronil ne soit pas publiquement dévoilé.

On n'a pas fini d'entendre parler des oeufs contaminés au fipronil. Ce jeudi se réunit encore une commission parlementaire Santé publique & Economie pour parler de ce scandale.

Le ministre de l'Agriculture, Denis Ducarme, était interviewé ce matin par notre journaliste Martin Buxant sur Bel RTL. Selon lui, le danger est-il actuellement sous contrôle? "Nous restons extrêmement vigilants", assure-t-il, rappelant que 21 exploitations sont toujours sous contrôle, mais "nous sortons de cette crise".

Denis Ducarme explique que "nous sommes un des seuls pays européens à dire que l'ensemble de la filière oeufs a été testée." Les  266 exploitations ont été testées, l'ensemble des oeufs belge est garanti sans fipronil, estime-t-il. Bien sûr, "on va continuer à faire des contrôles".

Pour rappel, l'Ecolo Georges Gilkinet a demandé que soient communiqués tous les documents et rapports au sujet de la contamination au fipronil. Ainsi, le rapport de l'Afsca a été distribué à l'ensemble des parlementaires et de la presse, "pour la gestion de la problématique et pour la transparence". Mais certaines informations n'ont pas été rendues publiques. Pourquoi? "Il y a une enquête en cours, rappelle Denis Ducarme. Il faudra qu'il y ait des résultats sur le plan judiciaire qui sanctionnent lourdement ces fraudeurs, qui n'ont pas hésité à s'enrichir en exposant la santé des consommateurs. Donc, il ne faut pas produire d'éléments qui ennuieraient le juge d'instruction."

Le ministre de l'Agriculture a reçu une demande claire: le juge d'instruction ne souhaite pas que le rapport du 25 juillet de l'Afsca (la première communication officielle du problème au ministre Borsus, alors que l'Europe était au courant depuis le 20 juillet) soit produit, et il ne s'agit pas de mettre l'enquête en péril.

Le fonctionnement et le mode de communication de l'Afsca ont, au cours de la gestion de cette crise, souvent été montrés du doigt. Qu'en pense Denis Ducarme, a-t-il correctement été mis au courant par l'Afsca? "La communication passe très bien", assure-t-il, refusant de critiquer l'agence. "Il ne faut pas tirer sur le messager!"

Hier, le gouvernement a annoncé dix mesures de soutien aux entreprises touchées par la crise. Vous en trouverez les détails dans cet article. Mais comment financer toutes ces mesures? Avec la réserve de l'Afsca, qui s'élève, dit Denis Ducarme, à 160 millions. Cette réserve devrait donc permettre de gérer les conséquences de la crise: identifier les dommages, le manque à gagner et le coût de la crise.

 

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