La Flandre a mieux profité de la reprise

Le gouvernement de L"Elysette aurait certainement préféré de meilleurs chiffres. ©Thierry Du Bois

Entre 2008 et 2010, la Wallonie a mieux absorbé le choc de la crise. Depuis 2011 en revanche, la Flandre se débrouille mieux pour accrocher son wagon au train de la reprise.

Qui de la Flandre ou de la Wallonie aligne les meilleures performances économiques en ces temps de crise? La publication vendredi par la Banque nationale des comptes régionaux pose à nouveau la question. Que disent ces chiffres?

- Meilleure croissance de l’économie flamande. La Flandre a enregistré ces dernières années une meilleure croissance que la Wallonie. L’économie du nord du pays a crû de 2,8% en 2011 et de -0,1% en 2012. Côté wallon, on note une croissance de 0,9% en 2011 et de -0,5% en 2012. Bruxelles occupe une position intermédiaire avec 1,5% de croissance en 2011 et -0,3% en 2012.

En 2009 et 2010, la tendance était inversée, avec une croissance wallonne plus vigoureuse que celle de la Flandre. Pour Philippe Ledent, économiste chez ING, ceci illustre "la résilience plus importante de l’économie wallonne en période de crise et la capacité de rebondir plus importante de l’économie flamande lorsque la reprise se manifeste". Ainsi par exemple, un pôle d’activité comme le port d’Anvers est éminemment sensible aux aléas de la conjoncture économique internationale.

Express

La croissance flamande a été meilleure que la croissance wallonne en 2011 et 2012.

Dans le même temps, la Wallonie et Bruxelles ont créé proportionnellement plus d’emplois que la Flandre.

Ceci illustre à nouveau la meilleure résilience wallonne en période de crise et la capacité supérieure de la Flandre à rebondir lorsque la reprise se manifeste.

- La Wallonie a créé plus d’emplois. La Wallonie a créé proportionnellement plus d’emplois pendant la période 2011-2012 que la Flandre. En 2011, l’emploi flamand a progressé de 1,2% alors que l’emploi wallon a crû de 1,6%. Là aussi, le phénomène n’a rien d’étonnant, estime Philippe Ledent: "Le marché de l’emploi en Flandre subit encore les conséquences de la crise de 2008-2010. La Wallonie a quant à elle été davantage préservée au niveau de l’emploi, vu le poids plus important de son secteur public."

Précisons toutefois qu’en chiffres absolus, c’est toujours la Flandre qui propose le plus d’emplois: 27.000 emplois salariés nouveaux en 2011 contre seulement 15.900 postes de travail en Wallonie. À Bruxelles, l’emploi salarié a progressé de 11.000 unités.

Que ce soit en Flandre ou en Wallonie, la plupart des emplois nouveaux ont été créés dans le secteur de l’intérim, du nettoyage, le secteur social, l’enseignement et le commerce. La situation de l’emploi dans l’industrie s’est par contre dégradée.

- Les Wallons gagnent moins. Les chiffres de la Banque nationale montrent par ailleurs des écarts de revenus assez importants entre Flamands et Wallons.

En Flandre, le revenu primaire par habitant était de 25.300 euros en 2011, soit 108,4% de la moyenne nationale. Quant au revenu disponible (après correction et redistribution par l’impôt), il était de 19.700 euros, soit 106% de la moyenne nationale.

En Wallonie, le revenu primaire par habitant était de 20.450 euros en 2011, soit 87,8% de la moyenne nationale. Le revenu disponible, lui, atteignait 17.000 euros, soit 91,5% de la moyenne nationale.

À Bruxelles, le revenu primaire par habitant s’est établi en 2011 à 21.130 euros, soit 90,6% de la moyenne nationale. Le revenu disponible, lui, était de 17.200 euros, soit 92,6% de la moyenne nationale. Par rapport à 2010, ces deux indicateurs ont baissé. C’est une des conséquences de la forte croissance de la population bruxelloise (+ 2,2%).

Différences minimes

On remarquera que les écarts de croissance entre les régions sont relativement limités, voire minimes. Entre -0,1% de croissance pour la Flandre, -0,3% pour Bruxelles ou encore -0,5% pour la Wallonie en 2012, on ne peut pas dire qu’une entité s’en sort nettement mieux qu’une autre. Le contraire eut d’ailleurs été étonnant, vu le haut degré d’interpénétration économique entre les trois régions du pays.

L’opposition Open Vld en Flandre n’a pas manqué de le rappeler hier au ministre-président Kris Peeters après que celui-ci se soit félicité de la performance flamande. "Il serait plus pertinent de comparer les performances de la Flandre avec celles d’autres régions européennes généralement à la pointe", a souligné Bart Tommelein, chef de groupe Open Vld.

Et à ce jeu-là, si l’on se réfère au récent rapport "Flanders Outlook 2014" de l’administration flamande, la Flandre n’en sort pas à son avantage face à des régions comme le Pays Basque ou la Bavière, que ce soit en termes de croissance économique, de taux d’emploi des plus de 50 ans ou de formation continuée des travailleurs.

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