Les coulisses de la rédaction

©Nicolas Vadot

La vengeance est un plat qui se mange froid/Et soudain le ciel fut silencieux/Le ministre et les pigeons voyageurs/Comment Marie Arena a amélioré son néerlandais/Un anniversaire (presque) surprise/Une statue baladeuse/

Mémoire d’éléphant

 Vingt ans déjà qu’un cadre d’entreprise bien sous tous rapports a déniché un coin de nature sauvage à Cambron-Casteau et décidé de consacrer sa vie à y élever des oiseaux… Sous ses dehors de gentil ami des animaux, Eric Domb, patron et fondateur du parc Pairi Daiza, peut avoir la dent dure. Lors de son discours prononcé à l’occasion du 20e anniversaire de l’ex-parc Paradisio, Eric Domb a tenu à remercier "quelqu’un qui n’est pas là… que je n’ai d’ailleurs pas invité". "Il y a 20 ans, a-t-il raconté, je l’ai entendu dire qu’il allait me laisser me casser la figure avant de me racheter pour un euro… Je le remercie aujourd’hui". La vengeance est parfois un plat qui se mange congelé. Ou alors, cet amoureux des éléphants en a aussi la mémoire…

Quiétude aérienne

La traditionnelle Beci Garden Party s’est tenue mercredi soir dans les beaux jardins d’Axa Belgium, à Watermael-Boitsfort (autant en profiter, puisque l’assureur a prévu de déménager au centre-ville). Les invités ne s’en sont peut-être pas aperçus tout de suite, mais ils ont bénéficié pendant l’apéritif d’un environnement sonore très silencieux, devenu parfaitement inhabituel pour le quartier. En cause? La grève de Belgocontrol, entre 18h45 et 20h45, qui libérait pour une fois le ciel du sud-est de Bruxelles de ses nuisances sonores. Vers 20h50, Bernard Gustin, CEO de Brussels Airlines, qui s’inquiétait des conséquences de la grève sur les départs en vacances des prochains jours, s’est aperçu le premier d’un changement dans l’atmosphère. Levant le nez, il a pu voir le premier avion qui venait de décoller de Zaventem après l’interruption, couvrant enfin les conversations des convives de son rugissement.

Jean-Pascal Labille s’ennuie

Bouffée d’oxygène mercredi pour Jean-Pascal Labille dans la routine des affaires courantes. Le ministre des Entreprises publiques était convié par le Cercle de Wallonie, en ses terres liégeoises, à venir introduire le discours de Dominique Leroy. Bons mots et message actionnarial subtilement glissé: "Moi je le crie haut et fort. Si j’étais l’État, je ne vendrais pas". L’assemblée et l’administratrice déléguée de Belgacom en ont eu pour leur déplacement. "J’apprécie que Belgacom porte toute son attention à la problématique de la cybersécurité. Avec le récent hacking aux Affaires étrangères, nous avons été privés de mails pendant un mois et

demi au cabinet. J’ai dû acheter deux pigeons", ironise l’élu PS avant d’ajouter: "C’est bien de déployer la 4G pour les ambassades de Bruxelles…". (clin d’œil) "Mais, moi j’en veux aussi dans la campagne, en Wallonie!". Son message à Dominique Leroy, autour de l’apéro, aurait été aussi bref que clair envers la patronne, nous souffle-t-on: "On ne parle pas licenciements". En attendant que les ondes de l’internet ultrasonique envahissent le Val Saint-Lambert, Jean-Pascal Labille prépare son retour au bercail. Il a déjà entouré au bic… rouge la date du 1er octobre pour son retour à la tête des Mutualités socialistes. C’est loin. Cela va être long. Qu’est-ce qu’on va bien pouvoir faire pour s’occuper, se demande-t-il publiquement. Il lui reste à espérer que d’ici là, tout soit réglé au fédéral. Sinon…

La technique de l’oreiller

La scène se passe au cours d’un walking-sandwich-dinner au bureau de représentation du Parlement européen (dans l’ancienne gare Léopold, dont la petite façade second empire contraste avec l’imposant Caprice des Dieux). Des bulles, du jus d’orange, beaucoup de journalistes et quelques eurodéputés fraîchement (ré) élus. La socialiste Marie Arena est en grande conversation avec son nouveau collègue Ivo Belet (CD&V) et Linda De Win, l’intervieweuse vedette de l’émission "Villa Politica", sur la VRT. La papote a lieu dans la langue de Vondel, et Mme Arena s’excuse d’emblée pour sa maîtrise imparfaite du "Standaard nederlands". "C’est avec vous que j’ai fait ma première interview en néerlandais, c’était catastrophique", rappelle-t-elle à de Linda De Win (traduction libre). "Mais votre néerlandais est très bon", intervient Ivo Belet, bon prince. "Bien meilleur en tout cas que celui de Di Rupo!" s’exclame Linda De Win, dans un cri du cœur. "Mon ami est néerlandophone", sourit l’eurodéputée. Sur quoi Ivo Belet conclut très justement: "Rien de tel que le lit pour apprendre une langue" (traduction libre, ici encore). Elio Di Rupo sait ce qu’il lui reste à faire…

La canne du roi

L’asbl Quartier des Arts remet chaque année son prix à une association ayant particulièrement œuvré pour la promotion de l’art dans le centre-ville de Bruxelles. La présidence d’honneur de cette asbl composée de tout le gratin des arts, de la finance et de l’industrie de Bruxelles, est toujours assurée par le roi Albert II. C’est d’ailleurs l’un des seuls postes qu’il a conservés. Pour les 80 ans de l’ancien souverain, le Quartier des Arts avait tenu à organiser une petite cérémonie en son honneur. Ce fut l’occasion de constater qu’Albert n’a rien perdu de son humour. Le comte Georges Jacobs annonçait au roi qu’il pourrait "retrouver sa mobilité" dès la fin des discours. "Mobilité limitée…", a souri le roi en montrant la canne dont il s’aide désormais pour marcher.

On a perdu la Foi

Le prix du Quartier des Arts est allé à la Fondation Roi Baudouin qui a été couronnée pour le rachat de la statue La Charité, de Jan van Delen, une œuvre du XVIIe siècle. L’histoire de cette statue vaut d’être racontée: initialement installée aux côtés de trois autres vertus dans la chapelle Sainte-Ursule de l’église du Sablon, La Charité fut confisquée à la révolution française. Elle disparut alors pendant plus de deux siècles et fut finalement retrouvée… dans le hall d’entrée d’un immeuble du XVIe arrondissement à Paris. La Fondation Roi Baudouin a racheté l’œuvre au nez et à la barbe d’un collectionneur chinois. Elle a l’intention de replacer la statue dans la chapelle Sainte-Ursule. À noter que, des quatre statues d’origine, l’une, La Foi, est toujours introuvable...

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