PEPITe aide les grosses entreprises à réduire leur facture d'énergie

©Philippe Mack : CEO Pepite

Avec son logiciel, ENERGYmaestro, la PME liégeoise PEPITe permet aux grosses entreprises de diminuer leur consommation d’énergie. Prayon a réduit sa facture d’un million d’euros. DATAmaestro permet d’améliorer la qualité des produits.

A l’heure où les grosses entreprises sabrent dans les coûts et cherchent à réaliser des économies sur différents postes de leurs activités, PEPITe apparaît comme une alliée de premier choix. La PME liégeoise vient d’innover avec de nouveaux logiciels offrant de nouvelles opportunités à l’industrie lourde. Il y a notamment "ENERGYmaestro" qui permet aux entreprises de contrôler, en temps réel, leur consommation et de pouvoir améliorer leurs performances en la matière. "Notre clientèle cible est constituée des entreprises qui ont une consommation d’énergie supérieure à un million d’euros. C’est chez elles que les économies sont les plus spectaculaires et significatives (cimentiers, sidérurgie, industrie du papier, etc.). L’énergie est aujourd’hui un poste de coûts sur lequel les entreprises ont l’intention d’agir pour réduire les charges et améliorer leur compétitivité", explique Philippe Mack, CEO et fondateur de PEPITe.

Grâce à des capteurs déjà présents sur les lignes, le logiciel "ENERGYmaestro" de la PME liégeoise permet au préposé de suivre la consommation ou encore la production d’énergie et d’ainsi améliorer la performance de l’outil. C’est notamment le cas chez Prayon (Engis, en région liégeoise), producteur d’acide sulfurique. "Nous avions investi 50 millions d’euros dans de nouvelles installations à Engis, mais nous étions confrontés à un problème que nous n’arrivions pas résoudre. Les experts que nous avions consultés nous proposaient des solutions techniques qui nécessitaient encore de nouveaux investissements. C’est PEPITe qui nous avait proposé la solution la plus originale, à deux niveaux. Tout d’abord, le logiciel nous permet de suivre les zones de bonnes ou de mauvaises performances avec des gestes d’amélioration. D’autre part, c’est un projet participatif qui a, par exemple, permis à des gens qui travaillent sur le site depuis près de 10 ans sans jamais se voir de se rencontrer et de collaborer", témoigne Bernard Flament, responsable des services techniques du site d’Engis.

Un gain d’énergie d’un million d’euros

Un gain d’énergie d’un million d’euros

En effet, la nouvelle unité de production d’acide sufurique, baptisée Sulfine, est équipée d’une centrale de cogénération. Celle-ci récupère la vapeur issue du processus de fabrication pour produire de l’électricité (via une turbine), dont une partie est auto-consommée et l’autre vendue sur le marché. Une partie de la vapeur est aussi transformée en eau pour être réinjectée dans le circuit. Mais ce processus entraîne des pertes et c’est ici qu’ENERGYmaestro intervient avec un programme d’amélioration. "Grâce à PEPITe, nous avons réalisé un gain d’énergie évalué à un million d’euros par an", souligne Bernard Flament.

PEPITe/Prayon, nominés aux Energy Awards

Pour Prayon, qui a réalisé un chiffre d’affaires d’environ 836 millions d’euros en 2012, c’est évidemment tout bénéfice. "Vu la conjoncture, le logiciel de PEPITe nous a permis de gagner en rentabilité, de sensibiliser le personnel et de mettre en avant le côté durable de notre activité", rappelle-t-il. "Notre objectif est d’aider les industries à rendre leurs outils performants, c’est un travail de fond sur le terrain. Nous aidons les orpérateurs à fonctionner en mode anticipatif et préventif plutôt qu’en mode curatif", renchérit Philippe Mack.

La performance réalisée chez Prayon a permis au fabricant d’acide sulfurique et à PEPITe d’être nominés pour les Energy Awards, dont les gagnants seront connus lors d’une cérémonie ce mercredi sur le site de Tour & Taxis. La société a d’ailleurs noué un partenariat avec un fabricant d’équipements éoliens pour améliorer la performance des grands moulins à vent. "Le but est de rendre la production d’énergie éolienne et solaire moins aléatoire", dit-il.

"DATAmaestro", un autre logiciel de la PME liégeoise a fait le bonheur du sidérurgiste russe NLMK à La Louvière à La Louvière. "DATAmaestro est un outil d’analyse des données, il nous a permis de régler un problème de défaut de surface que nous rencontrons avec nos brames", dit Pasquale Risimini, IT manager de NLMK en Belgique. Il faut dire que le groupe russe travaille depuis près de 5 ans avec la PME liégeoise et que le contrat "DATAmaestro" est signé avec la filiale européenne.

"Notre objectif est d’aider les industries à rendre leurs outils performants." Problèmes de qualité

Problèmes de qualité

D’après Philippe Mack, la nouvelle version du logiciel "DATAmaestro" permet en effet de régler des problèmes de qualité des produits sidérurgiques et la productivité d’une ligne de production. Mais elle facilite également son utilisation et réduit le prix de sa mise en oeuvre par le fait que le logiciel amélioré est disponible sur le Net (dans le cloud). "Cette nouvelle version n’est clairement pas un investissement pour les industries visées, c’est plutôt une dépense opérationnelle, surtout que derrière, il y a un service qui est rendu aussi. Moyennant un minimum de formation, n’importe quel opérateur avec un smartphone ou une tablette peut l’utiliser", rappelle le CEO de PEPITe, préférant garder une certaine discrétion sur le coût de mise en oeuvre du logiciel d’analyse de données.

Les nouveaux logiciels offrent un nouvel éclairage sur la PME liégeoise, qui est une ancienne spin-off de l’Université de Liège. Elle a vu le jour en septembre 2002 dans le cadre de l’exploitation d’une technologie développée au sein de l’Alma mater. A l’origine, elle permet de trier des millions d’informations qui arrivent sur base de données et de tirer les conclusions qui s’imposent afin d’obtenir un produit de qualité, déceler les erreurs de production, etc.

Cap sur l’exportation

Le groupe CMI figure aussi parmi ses clients et la société est en contact avec EDF-Luminus en vue de la signature d’un contrat pour le monitoring des centrales. Satisfaits de leur première collaboration avec PEPITe, les dirigeants de Prayon ont d’ailleurs demandé à la PME de réaliser l’audit complet de tout le site d’Engis. Elle a par ailleurs apporté sa collaboration à une entreprise papetière canadienne.

Aujourd’hui, elle occupe une quizaine de collaborateurs et a réalisé un chiffre d’affaires d’environ 1,2 million d’euros en 2012 (600.000 euros en 2011) pour un résultat net de quelque 150.000 euros. L’ambition de Philippe Mack est de décrocher des contrats à l’étranger (Europe, Amérique du nord, etc.) et en Flandre. Pour s’en donner les moyens, l’entreprise n’exclut pas de procéder à une augmentation de capital. "Le projet est à l’étude, mais nous cherchons des partenaires qui peuvent nous aider à développer notre croissance à l’international. Notre conseil d’administration examine tout ce qui peut accélérer notre développement", confirme le premier responsable de PEPITe.

Il rappelle qu’en matière de financement de la recherche, divers canaux existent (Région wallonne, Europe) pour aider la PME à relever ses défis.

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