George Forrest dément toute implication dans le Kazakhgate

©Emy Elleboog

Pour le milliardaire belgo-congolais George Forrest, soupçonné d'avoir fait pression sur l'ancien roi Albert II afin d'être élevé au rang de baron, ses initiatives en faveur d'un anoblissement, qu'il rejette par ailleurs, n'ont "aucun lien, ni avec le Kazakhstan, ni avec la législation belge en matière de transaction pénale, ni avec les hommes d'affaires cités dans ce dossier".

L'homme d'affaires belgo-congolais George Forrest dément ce mercredi tout lien avec les dossiers du Kazakhgate. Cela fait suite à un article du Monde, que nous vous avions relayé mardi (Albert II serait impliqué dans le scandale du Kazakhgate), qui faisait état de pressions qu'aurait mises Georges Forrest sur Albert II pour être élevé au rang de baron. On apprenait alors que George Forrest aurait versé 95.000 euros à Jean-François Etienne des Rosaies, chargé de mission à l’Elysée sous Nicolas Sarkozy, en échange de son intervention auprès d'Albert II pour obtenir le titre de baron.

"Rien ne permet de faire un lien avec ladite affaire. Et pour cause, il n'y en a aucun. M. Forrest n'a strictement aucun lien, ni avec le Kazakhstan, ni avec la législation belge en matière de transaction pénale, ni avec les hommes d'affaires cités dans ce dossier."
Porte-parole de George Forrest

Les faits liés à ces dossiers précèdent de plus de deux ans les initiatives en faveur de son anoblissement, a-t-il déclaré dans un communiqué. "Rien ne permet de faire un lien avec ladite affaire. Et pour cause, il n'y en a aucun. M. Forrest n'a strictement aucun lien, ni avec le Kazakhstan, ni avec la législation belge en matière de transaction pénale, ni avec les hommes d'affaires cités dans ce dossier", a affirmé son porte-parole dans un communiqué, évoquant des "amalgames grossiers car sans aucun fondement".

L'homme d'affaires avertit par ailleurs qu'il "se réserve le droit de prendre toutes les mesures et actions nécessaires vis-à-vis de celles et de ceux qui veulent créer la confusion dans ce dossier malgré l'évidence des faits". Les faits du Kazakhgate remontent à 2011, soit plus de deux ans avant les initiatives qui ont été prises en faveur de son anoblissement, dans les années 2013 et 2014. A ce sujet, M. Forrest affirme qu'il "n'a jamais sollicité d'anoblissement". "Il n'a jamais mandaté, et encore moins rémunéré qui que ce soit afin d'intercéder en sa faveur à cette fin", a-t-il ajouté.

Risque de prescription 

Le directeur de la cellule fiscale du cabinet du ministre des Finances en 2011 Didier Reynders a évoqué un "risque de prescription" dans "au moins une affaire" pouvant bénéficier d'une loi de transaction pénale élargie. Son entrée en vigueur était menacée par le Sénat qui avait soulevé des incongruités juridiques. C'est en tout cas ce qu'a affirmé Grégory Matgen, l'ancien collaborateur MR devenu échevin DéFI à Woluwe-St-Lambert. ce mercredi devant la commission kazakhgate. Il relatait ainsi une conversation qu'il a eue avec ce directeur, Rudy Volders, aujourd'hui chef de cabinet du premier ministre Charles Michel.

Au Sénat, le projet de loi a été adopté en même temps qu'une proposition de loi réparatrice. Le ministre de la Justice Stefaan De Clerck s'était alors engagé à demander au collège des procureurs généraux qu'ils invitent les parquets à attendre l'entrée en vigueur du texte corrigé.

Le président du collège des procureurs généraux Frank Schins avait toutefois répondu dans une lettre au ministre que vu l'état avancé de négociations dans deux dossiers, celui de la Société générale à Anvers et un dossier à Bruxelles (Kazakhgate), il serait dommageable que le politique prive l'Etat de millions d'euros en cette période de crise institutionnelle que vivait le pays. "La demande du collège reflète le message qui m'a été véhiculé. Je pourrais y retrouver les propos de M. Volders", a indiqué Grégory Matgen

Les dossiers de la Société générale et du Kazakhgate furent les deux premiers à bénéficier de la loi de transaction pénale élargie. Grégory Matgen a également confirmée qu'en 2011, les travées du Sénat bruissaient de rumeurs relatives au secteur diamantaire anversois, soucieux de bénéficier des effets d'une loi de transaction pénale élargie.

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