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La disparition du comptable: l'origine des maux de Kubla

La version de Serge Kubla (ici en visite dans une usine de la FN aux Etats-Unis) est aujourd’hui contredite par l’épouse de l’ex-Premier ministre congolais. Qui ment? ©BELGA

C’est l’expert-comptable Stephan De Witte qui a initié, avec Serge Kubla, un projet de loterie au Congo. En niant connaître Serge Kubla, l’épouse de l’ex-Premier ministre congolais laisse planer un parfum de mensonge dans le dossier.

Arrêté mardi et écroué à Saint-Gilles après son inculpation pour corruption d’une personne exerçant une fonction publique dans un État étranger, Serge Kubla (MR) a passé mercredi une deuxième nuit en prison. L’ancien ministre wallon de l’Économie et actuel bourgmestre de Waterloo, qui pensait finir paisiblement sa carrière politique après 2018, est aujourd’hui impliqué dans un dossier judiciaire qui risque de ternir son image. C’est la disparition d’un Belge qui lui vaut aujourd’hui tous les maux.

Stephan De Witte est expert-comptable. C’est sa disparition en République démocratique du Congo qui a porté l’affaire à la connaissance de la Justice.

En effet, selon nos informations, c’est lui qui a mis en cheville, avec Serge Kubla, un projet de loterie au Congo. "J’ai signalé sa disparition en juin 2014", nous a confié son ex-femme, Sigrid Viselé. Jusqu’à il y a deux ans, le spécialiste des chiffres faisait tourner avec sa femme un cabinet de conseil fiscal à Wemmel, De Witt-Visele Associates, renommé depuis son départ DWVA. Stephan De Witte "a quitté le cabinet pour mener de nouveaux projets au Congo. On avait des contacts pour notre fils dont j’ai la garde", explique Mme Viselé, qui précise qu’elle n’avait pas connaissance de la nature exacte des activités de son ex-mari en RDC. "Quand je me suis aperçue qu’on était sans nouvelles, que je ne parvenais plus à le joindre ni par téléphone ni par e-mail, j’ai contacté l’ambassade de Belgique à Kinshasa, explique-t-elle. L’ambassade a ensuite passé le relais au SPF Affaires étrangères, et c’est de là que l’enquête a débouché sur des liens" avec Serge Kubla, dit-elle. 

 

 

Libéré sous conditions?

Mercredi, Serge Kubla a encore été auditionné toute la journée par les enquêteurs avant de regagner sa cellule. "De ce que m’a rapporté mon associé, les enquêteurs étaient relativement satisfaits des réponses que M. Kubla a données. On verra la suite ce jeudi", nous a indiqué hier en fin d’après-midi son avocat, Me Roland Forestini.

À sa demande, son client devrait être entendu ce jeudi par le juge d’instruction Michel Claise, qui l’a inculpé. S’il est convaincu par les explications de Serge Kubla et qu’il estime qu’il n’y a pas de risque de contacts entre lui et d’éventuels protagonistes du dossier, il pourrait le libérer aujourd’hui. Toutefois, il devrait assortir cette libération de toute une série de conditions. Lors de son audition, Serge Kubla (67 ans) a reconnu avoir remis une enveloppe de 20.000 euros à l’épouse de l’ancien Premier ministre congolais Alphonse Muzito à l’hôtel Président de Bruxelles à titre d’acompte sur une somme évaluée à 500.000 euros. Serge Kubla aurait joué d’intermédiaire pour Duferco. Hier, rebondissement dans le dossier. Chantal Muzito, l’épouse de l’ex-Premier ministre affirme, par la voix de ses avocats, n’avoir jamais rencontré Serge Kubla.

Une des parties ment

Elle est dès lors "surprise" d’apprendre "par voie de presse" qu’elle aurait reçu une somme de 20.000 euros des mains du bourgmestre de Waterloo. "Notre cliente tient à informer l’opinion tant nationale qu’internationale qu’elle est surprise par ces déclarations, d’autant plus qu’elle ne connaît pas Monsieur Kubla et ne l’a jamais rencontré pour discuter de quelque sujet que ce soit. Elle n’a donc jamais reçu une quelconque somme d’argent auprès du concerné", ont indiqué ses conseils, Tshibangu Kalala et Kangulumba Mbambi. Elle se réserve le droit de poursuivre en justice "toute personne qui tenterait de nuire à son honneur et à sa réputation en tant qu’être humain, épouse et mère de famille".

Cette sortie laisse planer un parfum de mensonge dans le dossier, car elle prend le contrepied de l’aveu de l’ancien ministre wallon. "Mon client n’est pas responsable de ce que dit l’autre partie et ses avocats", rétorque Me Forestini. Il a demandé à son associé, qui est allé voir Serge Kubla en prison hier en début de soirée, de lui poser la question sur la version de Mme Muzito.

Dans le même temps, Duferco a nié hier toute implication dans des faits de corruption en RDC. Serge Kubla a pris un deuxième avocat, le pénaliste Denis Bosquet.

Quant au collège échevinal de Waterloo, il a désigné le premier échevin, Yves Vander Cruysen, comme bourgmestre faisant fonction pour quelques jours.

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