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Serge Kubla libéré jeudi?

©Lieven Van Assche

Il est reproché à l'ancien vice-ministre-président wallon d'avoir joué un rôle d'intermédiaire entre les autorités congolaises et l'entreprise sidérurgique Duferco.

Le bourgmestre de Waterloo Serge Kubla a été entendu par les enquêteurs mercredi matin dans le cadre de son inculpation pour "corruption concernant une personne qui exerce une fonction publique dans un état étranger", fait savoir son avocat Roland Forestini.

L'audition a été "positive" selon son avocat Roland Forestini, qui espère que son client sera libéré jeudi.

"J'ai brièvement rencontré mon client vers midi et il collabore parfaitement avec les enquêteurs."
Roland Forestini

 Forestini a par ailleurs précisé que M. Kubla sera à nouveau entendu cet après-midi. "C'est plutôt bon signe. J'espère que sa libération pourra intervenir demain. Par contre, je ne pense pas que cela pourrait arriver aujourd'hui car le juge d'instruction n'aura probablement pas le temps de lire tous les PV d'ici là", a-t-il déclaré.

Serge Kubla a été placé sous mandat d'arrêt et incarcéré mardi à la maison d'arrêt de Saint-Gilles "afin de laisser le temps aux enquêteurs d'interroger d'autres personnes impliquées dans le dossier", avait précisé son avocat. Le parquet indique que le mandat d'arrêt a été délivré "compte tenu des risques de collusion avec d'autres intervenants à ce stade de la procédure". 

  • Ce qu'on sait de l'enquête

Kubla est soupçonné d'être auteur ou coauteur des faits par le juge d'instruction bruxellois Michel Claise.

L'enquête aurait démarré à la mi-2014 à la suite de la disparition d'un comptable belge faisant office d'intermédiaire entre Duferco et les autorités congolaises. C'est durant l'enquête que des transferts de fonds suspects ont été mis au jour.

Il est reproché à l'ancien vice-ministre-président wallon d'avoir joué un rôle d'intermédiaire entre les autorités congolaises et l'entreprise sidérurgique Duferco. En 2011, une délégation conduite par Serge Kubla s'était rendue en RDC où elle a rencontré le Premier ministre Adolphe Muzito. Celui-ci aurait exigé "des haricots pour les enfants", selon la presse congolaise. Une jolie formule pour désigner une commission indispensable à la signature d'un accord de cession des parts.

Duferco est soupçonné d'avoir "favorisé l'évolution d'investissements importants dans le secteur du jeu et des loteries" par la corruption d'agents publics congolais, selon le communiqué de presse diffusé par le parquet mardi. L'entreprise aurait été invitée à refinancer la Sonal (Société nationale de loterie) afin de faire avancer ses intérêts au sein du secteur sidérurgique congolais.

C'est dans ce cadre que serait intervenue la remise de 20.000 euros en liquide à l'épouse de l'ex-Premier ministre Adolphe Muzito à Bruxelles entre la fin 2011 et le début 2012. Cette somme n'aurait constitué que l'acompte d'un montant d'environ 500.000 euros destiné à graisser la patte de l'ancien chef de l'exécutif congolais.

Selon nos confrères  "De Tijd", Serge Kubla aurait lui-même reçu "plusieurs centaines de milliers d'euros" de l'entreprise sidérurgique via une société écran off-shore.

En 2012, la Sonal quitte le giron du Premier ministre pour passer sous la tutelle de la ministre du Portefeuille (l'équivalent du ministre du Budget). Les arrangements passés avec l'ancien chef de gouvernement deviennent caducs et les parts de la société paraétatique font l'objet d'un appel d'offres international.

Selon un article du site d'information Afrique Rédaction, Serge Kubla a également été président de la Société d'exploitation des Jeux (SEJ), une structure ayant passé des accords avec la Sonal afin de reprendre en main une partie des activités et du personnel de celle-ci. Aucune référence à ce mandat ne figure sur le site cumuleo.be.

Selon son avocat, Serge Kubla "n'est pas le personnage central du dossier". D'autres inculpations dans le cadre de celui-ci pourraient prochainement intervenir.

 

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