billet

Majesté, Sire. Ou rien du tout...

Nathalie Bamps

Ce jour où j'ai serré pour la première fois la main du Roi. Et de la Reine. Car voilà voilà, on est parti au Canada, et c'est ma première visite d'Etat.

C'est ma première visite d'Etat. Quand j'écris ces mots déjà, je pense à Sheila. Sauf qu'ici, ça ne va pas vraiment être la "surprise-party", je vous le dis...

Depuis une semaine, je ne parle plus que de ça. Je sais, mes collègues, ça les gonflait (si si @benmathieu, je sais...). Repérer les bons clients, les chouettes boîtes à épingler, booker des interviews, potasser le CETA. Ce maudit CETA qui a fait voir rouge aux Wallons, mais qui fait briller les yeux de tas d'entrepreneurs de la délégation.

Bref, j'avais la pression. Faire le job, ramener des infos.

Oui mais, ce que vous ne savez pas, c'est que la principale question qui me taraudait l'esprit était: "Comment vais-je dire bonjour au Roi Philippe. Et la Reine Mathilde?"

Oui. Bin oui. On leur dit quoi, à ces gens-là? On fait la courbette devant eux? Bref, je n'en dormais pas (là j'exagère, mais ça vous donne l'ampleur de ma préoccupation existentielle).

Officiellement, cette visite a démarré dimanche matin. Rendez-vous fixé à Melsbroeck, l'aéroport militaire. Déjà, accueil royal, au son de la fanfare militaire. Et pas que pour Philippe et Mathilde. Nous, petites gens de la presse, on y a aussi eu droit. Avec l'honneur de monter les premiers dans l'avion. "Faut bien qu'on soit de bonne humeur", lâche une de mes consœurs. Ca, c'est dit!

L'avion se traîne sur la piste, dans le fond de la classe, les photographes se marrent. "On roule jusque Laeken, ils ont oublié deux valises". Bon, à ce train-là, le Canada, on n'y est pas.

Et puis boum, ça décolle (enfin).

Et ma question me revient. Après le plateau-repas, le Roi et la Reine vont débarquer devant moi. Je dis quoi? "Salut tiche, ça va?", lance un de mes camarades. Oui, c'est ça Antoine... Une claque dans le dos, on va boire une pinte? Sûr qu'il va aimer, Philippe.

Ma collègue du Soir, abonnée des visites d'Etat, pour elle, c'est clair: Sire pour monsieur, Madame pour madame. Simple, efficace. Bon allez, j'arrête de penser à ca. On ne va pas me fusiller.

Et puis, vient le moment crucial. IL est face à moi. Je lui serre la main. Ensuite à ELLE (nettement plus bavarde que son mari). Et moi, je dis platement "bonjour". Rien d'autre. Nada. Ca valait la peine de me casser la tête. Bon tant pis, on fera mieux demain. Mais sérieux, vous, vous auriez fait quoi?

Allez, pour la route, je vous livre cette magnifique photo de la Reine (celle du Roi était floue).

Ha oui, à l'arrivée à Ottawa, c'est ballot, les portes arrières ne se sont pas ouvertes. Résultat, l'image officielle du Roi des Belges descendant l'avion pour fouler la première fois le sol canadien depuis son oncle Baudouin en 1977 est un collector signé du seul photographe AFP local qui était sur le tarmac. Les autres, coincés à l'arrière de l'A330, pleurent encore...

©AFP

Ca aussi, c'est fait!

Allez, moi, je vais me coucher. A demain!

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Contenu sponsorisé

Partner content