chronique

Lettre à Stromae

Cécile Berthaud

Cher Paul Van Haver,

Vous êtes de retour. Dites, avec l’arrivée des beaux jours – on n’y croyait plus – et l’approche du Mondial de foot – on ne tient plus –, votre come-back – on n’en pouvait plus – est l’une des meilleures nouvelles de l’année! Et alors, fidèle à vous-même, vous nous avez tricoté ça avec un art consommé du crochet.

De la vraie dentelle de Bruges ce retour sur le devant de la scène. D’abord, en février, c’est un de vos amis qui annonce, l’air de rien, sur les réseaux que vous allez être papa. Signe, scintillant comme une paillette, que vous allez bien mieux. Vous qui nous avez quittés il y a plus de deux ans, le moral dans les chaussettes, vous semblez avoir retrouvé le haut-de-forme, ou, au bas mot, le goût de la vie qui donne l’envie d’avoir envie d’un enfant.

Puis, ça continue avec le "petit détail qui tue" qui fait un style: vous, votre marque, c’est la surprise. Et donc fin mars vous avez fait irruption sur la scène de Forest National aux côtés d’Orelsan. Signalant ainsi que vous n’aviez point fait de croix sur la scène. En bon orfèvre, vous chamarrez votre retour de quelques interviews à des magazines. Et puis, le 6 avril, c’était la présentation au Bon Marché, à Paris, de la nouvelle collection de vêtements de votre label Mosaert, au maillage familial serré: votre femme, Coralie Barbier au stylisme, votre frère Luc Junior Tam à la direction artistique. Le tout premier défilé pour votre marque et dont vous signiez la bande-son. Morceau annoncé avec clip et paroles pour la fin du mois d’avril.

Deux jours après le défilé était diffusée votre interview par Laurent Delahousse dans l’émission télé "19h le dimanche" sur France 2. À l’heure de l’apéro, vous tiriez les fils de votre histoire, démêliez votre pelote, racontiez les chausse-trappes du succès, le poids de la pression alors que vous vouliez être une plume. C’est d’ailleurs ce que vous avez fait pendant votre absence scénique et médiatique, vous avez écrit pour les autres, participé à leurs projets. Et surtout ralenti le rythme auquel vous dévidiez la bobine. 200 concerts en deux ans vous ont laissé au bout du rouleau.

Projecteurs éteints, rideaux tirés, vous avez renoué les fils entre vous et vous, défait quelques coutures qui vous gênaient aux entournures, resserré des pans de votre existence qui s’étaient effilochés, plus quelques accrocs à repriser et ourlets à refaire. Un travail de patience, de recentrage et de rééquilibre. Et vous semblez de nouveau bien dans vos baskets.

Cette semaine, retour sur les réseaux sociaux. Sur Instagram, vous balancez une tête d’épingle de votre clip annoncé pour vendredi: deux secondes de vidéo (j’ai failli vous envoyer une lettre de réclamation!). Retour sur Twitter vendredi. Et diffusion de votre clip: la bande-son du défilé en est la musique, le clip utilise les images du défilé et les paroles combinent mode, business, réseaux, où l’on va et comment. Il y en a qui sifflent en travaillant, vous, vous tricotez en chantant.

Que vos aiguilles gardent le nord et nous fassent tourner la tête.

Cécile Berthaud

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