chronique

Lettre aux lecteurs et lectrices de L'Echo

Cécile Berthaud

Chères et chers qui avez sous les yeux cette "Lettre à", avant toute chose, sachez que je trouve, personnellement en mon for intérieur et ça n’engage que moi, que vous avez de saines lectures.

Je dirais même des lectures brillamment choisies, manifestant une vive curiosité et un goût prononcé pour la pertinence. Sans oublier un sens certain du second degré, n’est-ce pas.

Et alors, je ne sais pas vous, mais moi ce soleil, cette petite bise, ces déjeuners et ces verres en terrasse, ce pouls de l’activité scolaire et économique qui a déjà ralenti, ça me met d’humeur badine. Pire. Limite, j’aime tout le monde. Tout le monde a l’air rayonnant (c’est juste l’effet de la luminosité), tout le monde semble beau (ça, c’est grâce aux verres teintés de mes lunettes solaires), tout le monde irradie de joie (ça, c’est les fringues aux imprimés pimpants). Même celles et ceux qui tirent la tronche, du moment qu’ils ont des solaires sur le nez, ça leur donne un style de dingue.

Et alors, je ne sais pas vous, mais moi, cette ambiance typique pré-vacances d’été, ça me replonge dans les parfums d’école.

Limite (bis), je ferais bien un 18 trous avec Trump ou une pétanque avec le gouvernement italien. Mais non, hein, faut pas déconner! Le soleil est aveuglant, certes, mais ce n’est justement pas pour rien que nos nez sont faits pour porter des lunettes solaires. Et ce n’est pas Pangloss – mais si, le type, là, qui faisait l’éducation de Candide – qui dirait le contraire.

Et alors, je ne sais pas vous, mais moi, cette ambiance typique pré-vacances d’été, ça me replonge dans les parfums d’école. Les longues journées de clarté, le soleil bien haut dans le ciel, la ville, la commune, le village qui déjà se dépeuplent, la frénésie qui s’étiole, les collègues déjà éparpillés, les "tu vas où en vacances?" donnent au boulot cette saveur des tout derniers jours de classe. Où l’on est pris entre le formalisme et la décontraction. Ce si singulier entre-deux.

Bon, ça dépend. Quand l’absence des collègues entraîne une surcharge de travail ou quand on doit boucler tous les dossiers-qui-ne-peuvent-pas-attendre-le-retour-de-vacances avant de partir, alors ça rappelle plutôt l’école secondaire ou l’unif et leur montagne d’examens avant la délivrance.

Mais quand c’est business as usual, alors ça me ramène en primaire (j’étais dans une école où il n’y avait pas d’examens. On ne maltraitait pas les petits enfants). La classe, l’enseignant et cette douce fébrilité parce qu’un petit pas de côté était permis. On poussait les tables, on faisait des jeux, on pique-niquait dans la cour. Des petits riens, des trois fois rien qui irisaient la monotonie, qui saupoudraient sur le très habituel quelques grains d’inhabituel.

Qu’on parte ou qu’on ne parte pas, l’été est une parenthèse, un appel d’air. Cet été 2018, ce n’est pas l’été 68. Cinquante ans après, ce n’est pas le vent des libertés qui souffle. Plutôt les vents contraires. Raison de plus pour aller reprendre notre souffle, nous regonfler à bloc, nous remettre du vent dans les voiles.

La "Lettre à" met les voiles pour quelques semaines. Bel été à chacune et chacun. Sachez en savourer tous les éclats, même les plus petits.

Et prenez soin de vous.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Contenu sponsorisé

Partner content