chronique

Lettre aux pessimistes

Cécile Berthaud

Chères et chers rumineurs, j'ai une nouvelle à vous annoncer.

À vous les rumineurs d’idées sombres, à vous les buveurs de verres à moitié vides, à vous les contemplateurs de nuages gris, à vous les convaincus du "tout fout l’camp", je voulais annoncer une nouvelle particulière. Et rare. Une bonne nouvelle. Mais avant, je tiens à préciser qu’il n’y a pas de mépris ou d’ironie à votre endroit de ma part. Je suis une pessimiste défaillante ou une optimiste instable, ça dépend comment on voit les choses, et particulièrement les verres. Pour faire simple, j’ai pour usage de dire que je suis optimiste les jours pairs et pessimiste les jours impairs. Voilà, c’était juste une petite précaution pour que la ligue des pessimistes ne me tombe pas dessus à bras raccourcis pour stigmatisation.

Non, je parle d’une nouvelle véritablement, intrinsèquement, irréfutablement bonne, du genre, la Wallonie a refait toutes ses routes. Mais ça, c’est proche de l’utopie.
Cécile Berthaud

Donc, revenons-en à cette rareté que j’ai dénichée. Une bonne nouvelle. Mais une vraie. Pas juste une nouvelle qui n’est pas mauvaise, du genre, le prince Harry va se marier. Non, je parle d’une nouvelle véritablement, intrinsèquement, irréfutablement bonne, du genre, la Wallonie a refait toutes ses routes. Mais ça, c’est proche de l’utopie. On va s’en tenir à une nouvelle réalisable et réalisée: quatre pays vont quitter la liste des pays les plus pauvres. Le Bhoutan, Kiribati, São Tomé et Principe et les Îles Salomon. Dans ces quatre pays, l’accès à l’éducation et aux soins de santé s’est clairement amélioré, et le revenu national brut par habitant a triplé pour trois d’entre eux.

Une nouvelle qui tombe à quelques jours du lancement du mois de l’optimisme, en France (tout un mois, faut bien ça pour les Français), et à quelques mètres de la Journée internationale du bonheur. Car, oui, notre monde s’est doté d’une journée consacrée au bonheur. C’est assez récent (2013) et ça fait un peu rattrapage de dernière minute. Oups, les gars, les filles, avec notre développement économique, notre productivité, notre PIB, nos retours sur investissements, on avait un peu perdu de vue ce truc, là, comment ça s’appelle déjà? C’est un peu la même sensation que t’as quand tu piques un client à un concurrent, tu vois? L’euphorie? Euh, ouais, mais en moins fort et plus durable. Le bonheur, oui, c’est ça! C’est l’ONU qui est à l’initiative de cette journée, et le bonheur y est abordé surtout sous l’angle économique. Mais celui qui a soufflé cette idée à l’oreille de l’ONU, c’est le Bhoutan, le fameux pays qui compte en bonheur national brut (BNB) plutôt qu’en produit national brut (PNB). Il semble donc que, lentement mais sûrement, le Bhoutan trace son petit bonhomme de chemin.

Au passage, vous noterez, et c’est savoureux, que la Journée du bonheur tombe en même temps que celle du conte ("ils vécurent heureux et eurent beaucoup de…"), du macaron, et de la santé bucco-dentaire (très important d’avoir de belles dents quand on est heureux, qu’on sourit souvent, et qu’on croque des macarons).

En croisant les doigts,

Cécile Berthaud

Lire plus de "Lettre à..." : www.lecho.be/dossier/lettre/

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