chronique

Lettre aux twittos

Cécile Berthaud

Chers, chères, honnis, honnies, nous sommes 330 millions à avoir un point commun: nous utilisons Twitter. Après, c’est la fête des bigarrures.

Derrière la gentillette silhouette de l’oiseau bleu tout en rondeur, tout à son envol, on trouve sur le réseau une faune ornithologique pas piquée des vers. Perroquet (qui répète), pie (voleuse de ce qui brille), corbeau (planqué), pic-vert (qui fait du bruit pour faire son trou), vautour (charognard), colibri (qui tweete plus vite que son ombre), pigeon (fake news), coq (toujours mieux que les autres), canard (qui cancane), merle (discret et mélodieux), échassier (qui tente de prendre un peu de hauteur), aigle (au regard acéré), autruche et mouette rieuse, bien sûr. Bref, la gamme est fournie. Rien de bien étonnant puisque ce "réseau social en ligne", avatar des "technologies de l’information et de la communication", cette chose étrange et lointaine, c’est… nous. Humains. Avec le pire et le meilleur.

Le pire avec cette violence inouïe, ces insultes, cette libération de la parole haineuse. Ce qui fait de Twitter, à une extrémité du spectre, un dépotoir à fiel.

À l’autre extrémité du spectre, on a une malle aux trésors avec ces perles d’histoires captivantes en "thread", 280 signes par 280 signes; ces petites saillies pertinentes qui nous régalent; ces tweets qui attirent notre attention sur tel ou tel reportage qui vaut le détour; cette foule sentimentale et ses hashtags galvanisants. Et puis, ces petites bulles qui font sourire au milieu du sempiternel flux.

Alors, pour ces petits moments de relâche, entre ironie et cocasserie, merci à Serenity qui disait le 23 novembre "Arrêtez tout! J’ai découvert un truc dingue: quand tu cliques sur le lien en bas d’un tweet d’un journal ou autre ça ouvre un article entier qui complète l’info contenue dans le tweet, et c’est beaucoup plus précis dans l’article en fait." ; à @klaranned qui relevait le 5 décembre "Sometimes French even says ‘Mais qu’est-ce que c’est que ça?’, which means "But what is this that this is that that?" ; à @Repris2justess pour "Voiture, la radio passe "Je te promets" de #JohnnyHallyday. Ma fille, 7 ans: ‘Il promet trop de choses, lui.’ Bon courage aux garçons qui croiseront sa route." ; ou encore à @MateuilB, rompu à l’exercice, qui proposait le 16 mai: "L’UMP est devenu Les Républicains. Philippot crée son association Les Patriotes. Venez on lance notre truc, on l’appelle Les Gens."

Ca fait un peu "best of" cette compilation. C’est de saison, remarquez. Mais le tweet qui m’a le plus marquée en cette année 2017 n’y figure pas. Celui qui a (quasi) changé ma vie, celui qui m’a fait découvrir une perle, qui m’a redonné foi en l’humanité, c’est le tweet qui m’a fait découvrir FIP Radio. Et là, c’est la honte parce que 1) journaliste attentive aux médias français, je ne connaissais pas FIP Radio, 2) je vais passer pour une frotte-manche puisque ce tweet c’était celui de @jack le 12 septembre qui louait FIP "meilleure radio du monde". @jack, alias Jack Dorsey, le patron de… Twitter. C’est donc un Américain à 8.000 km de là qui me fait découvrir une discrète radio française. Twitter est stupéfiant. Dans le meilleur et dans le pire.

Que le meilleur gagne.

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