Lettre aux… Vieilles Canailles

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Non, mesdames et messieurs les politiques, ce n’est pas à vous que je m’adresse. "May" je comprends la méprise et votre tendance à "PSychoter" dès qu’il y a un nom d’oiseau qui vole.

Dans les gouvernements d’ici ou d’ailleurs, ça valse. Perso, je préfère le rock. Le vieux. Pardon, le vintage. Celui qui a commencé sur des galettes en vinyle et qui ne se presse plus, à ce jour, pour cause de mésentente cordiale. Messieurs Dutronc, Hallyday, Mitchell (par ordre alphabétique, je ne voudrais pas froisser des ego qui n’ont pris aucune ride), je vous chéris. Oui, ne réajustez pas vos lunettes, vous avez bien lu. Je vous chéris, vous, les vieux routards de l’insouciance, les baby-boomers des années 60, les légères, les pop, les colorées années 60. Quand, ce qui nous venait des Etats-Unis, c’était le rock ‘n’ roll, la banane gominée et les "yeah yeah". Dans votre sillage, la nonchalance est parée de paillettes et la frivolité a la voix grave des crooners. À vous regarder, on peut s’adonner à ce stupide penchant du "c’était mieux avant" (tu parles, les femmes devaient demander l’autorisation à leur mari pour ouvrir un compte en banque, la grippe de Hong Kong a tué un million de personnes dans le monde, l’Allemagne de l’Est construit le mur de Berlin, et autres réjouissances…).

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Mais bon, on peut faire comme si, le temps d’un concert que vous donnez ce dimanche 11 juin à Bruxelles. Sacrés filous que vous êtes, à nous vendre cher – de 69 à 159 euros la place, quand même – de la nostalgie en tubes, de la soupe réchauffée mais si réconfortante. Remarquez, vous ne nous prenez pas en traître, le nom de votre trio annonce la couleur: les Vieilles Canailles. Les "Trois Brigands" que vous êtes vont repartir, apparemment, avec 2,5 millions d’euros chacun après un mois de tournée. Étonnant qu’Emmanuel Macron, pourtant très "société civile", ne vous ait pas recrutés comme "strategy analysts" pour le financement des retraites.

Vous taxer de "Trois Brigands" n’est pas sympa (quoique… ceux de Tomi Ungerer ont le cœur tendre) car vous donnez de votre personne: 17 concerts de deux heures, en un mois, quand on a 74-75 ans, ce n’est pas rien. Et puis, quelle image que celle de trois artistes qui trouvent un terrain d’entente pour remonter un projet, alors que ça fait quasi trois ans que vos producteurs respectifs n’arrivent pas à se mettre d’accord pour publier CD et DVD du spectacle 2014 des Vieilles Canailles. Des businessmen, par définition des champions de la négociation, qui passent à côté de profits, tandis que des loubars confits du bout du bar, des artistes, par définition des champions de l’ego surdimensionné, à coups d’accolades et d’œillades fripouilles, vont s’en mettre plein les fouilles. C’est le monde à l’envers. Dites, pendant le concert, vous reprenez bien "Et moi, et moi, et moi" en chœur?

Je vous souhaite, à tous trois, d’allumer le feu.

Salut les copains,

Cécile Berthaud

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