L'admiration du Madoff belge pour Jean-Pierre Van Rossem

Les sociétés actives au Panama ne doivent pas déposer de bilan et il y a peu de contrôle sur l’argent qui y entre. ©Teake Zuidema/Hollandse Hoogte

En septembre 2012, Stéphane Bleus a créé une société au Grand-Duché. Baptisée Moneytix, elle a été constituée par deux structures qui remontent au Panama. Une nouvelle piste.

Bien malin qui dira où et quand s’arrêtera l’histoire de Stéphane Bleus, cet escroc suspecté d’avoir grugé des dizaines de victimes pour près de 100 millions d’euros. Une nouvelle piste mène au Panama!

Société dormante

Dans la foulée de son arrestation mardi chez un ami à Anvers, l’escroc a été placé sous mandat d’arrêt. Il a été inculpé d’escroquerie, de blanchiment d’argent et d’exercice illégal de la fonction d’intermédiaire financier.

On l’a compris   et déjà écrit  , l’homme aura des comptes à rendre à la Justice. Et des histoires à raconter. À l’heure de décortiquer la structure mise au point par Stéphane Bleus, les enquêteurs auront fort à faire. Si l’essentiel des activités de Stéphane Bleus se déroulait à Bruxelles via la société Paragon International Management Holding (PIMH), la structure financière de l’ensemble passe par le Grand-Duché de Luxembourg et la Grande-Bretagne avec des ramifications dans les Îles Vierges britanniques.

Comme Van Rossem?

Nous avons mis la main sur une nouvelle société constituée au Grand-Duché et menant au Panama. Celle-ci, baptisée Moneytix, a été constituée le 13 septembre 2012 par TBA Management Corp. et par TMR Management Corp, toutes deux situées au Panama. Derrière TBA Management Corp., on retrouve Stéphane Bleus.

Cette société, qui n’a publié aucun acte après sa publication, avait pour objet "l’acquisition, la détention, la gestion et la réalisation d’actifs financiers". Et en y regardant de plus près, on se rend compte que le troisième administrateur de la société est Xavier Barnich, que l’on peut présenter comme l’ancien bras droit de Stéphane Bleus.

 

Pourquoi le Panama? Les sociétés actives là-bas ne doivent pas déposer de bilan et il y a peu de contrôle sur l’argent qui y entre. Intéressant dans le cadre d’une escroquerie.

Cette histoire et le nom de la société nous font penser au Moneytron, du nom de ce système d’arnaque pyramidal mis au point en 1988 par Jean-Pierre Van Rossem.

À l’époque, Van Rossem expliquait à qui voulait l’entendre qu’il "suffisait" d’injecter d’énormes montants dans les marchés financiers pour arriver à prévoir les réactions des autres investisseurs. L’affaire n’était qu’un leurre et lorsque les plus gros clients de Van Rossem avaient exigé d’être remboursés, ils l’avaient été avec les fonds des nouveaux entrants! Étrange similitude avec les pratiques de Stéphane Bleus, non?

D’après certains proches de Stéphane Bleus, il vouait une forme d’admiration au système imaginé par Jean-Pierre van Rossem. Pour mémoire, le créateur du Moneytron avait été condamné, en 1995, à cinq ans de prison ferme pour faux, usage de faux, escroquerie et banqueroute frauduleuse.

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