Cinq préventions retenues contre le Madoff belge

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L’affaire du "Madoff belge" est prise très au sérieux par la justice luxembourgeoise. Le parquet a retenu cinq préventions à l’encontre de Stéphane Bleus. En Belgique, aucun juge n’a été saisi.

Le moins que l’on puisse écrire est que la justice luxembourgeoise prend l’affaire Stéphane Bleus — le Madoff belge — très au sérieux. À ce stade, le parquet luxembourgeois a retenu cinq préventions à l’encontre de celui qui est aujourd’hui suspecté d’avoir escroqué des dizaines d’investisseurs pour un montant de près de 100 millions d’euros.

Réaction rapide

À ce stade de l’affaire, la plupart des investisseurs sont représentés par l’avocat fiscaliste Thierry Afschrift. C’est ce dernier qui est à la base du dépôt d’une plainte pénale au Luxembourg. Pour entreprendre cette démarche, il a fait appel aux services de l’avocat luxembourgeois Didier Schönberger.

Depuis le dépôt de la plainte, les choses n’ont pas traîné. L’affaire a été mise à l’instruction chez la juge Isabelle Jung et le parquet a retenu cinq préventions.

L’instruction a donc été ouverte pour escroquerie, abus de confiance, faux et usage de faux en écriture et infraction à la loi sur le secteur financier, a-t-on appris auprès du parquet du Grand-Duché.

Impossible, à ce stade, de savoir si un mandat d’arrêt européen ou international a été lancé contre Stéphane Bleus, en fuite.

Structure opaque

La structure imaginée en Grande-Bretagne et au Luxembourg pour attirer les investisseurs reste encore fort opaque. La société faîtière de cette structure s’appelle Value Axis et, selon nos informations, elle est domiciliée à Londres et au Luxembourg. Les trois autres sociétés luxembourgeoises s’appellent Optimam Partem Gestion spf, Gamma Trading Gestion spf et Pegasius spf. D’après nos informations, Gamma Trading et Pegasius étaient toutes les deux des sociétés de gestion de patrimoine familial. Afin de pouvoir accueillir de nouveaux investisseurs, elles auraient dû être transformées en sicafi, ce qui n’a pas été fait. Selon la Commission de surveillance du secteur financier (CSSF), les deux sociétés ne pouvaient donc légalement pas attirer des investisseurs. C’est pour cette raison que le parquet luxembourgeois a retenu l’infraction à la loi sur le secteur financier.

D’après l’Agefi, Gamma et Pegasius n’ont jamais publié de comptes annuels et elles changeaient de siège social plusieurs fois par an: quatre fois pour Gamma de 2009 à 2012 et trois fois pour Pegasius de 2011 à 2012.

À Bruxelles, où une plainte pénale a été déposée par Armand Broder, le curateur de Paragon, l’affaire en est au stade de l’information. Aucun juge n’a encore été saisi.

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