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Rénover sereinement grâce au courtier en travaux

Le courtier en travaux va non seulement s’occuper de récolter les devis, mais aussi suivre le chantier pour son client du début à la fin, explique Olivier Meuleman. ©Debby Termonia

Le Forem a épinglé des dizaines de métiers d’avenir: des métiers peu connus, mais qui seront porteurs d’emplois dans les années qui viennent. Nous avons choisi d’en détailler quatre. Le premier: courtier en travaux.

Rénover sa cuisine, repenser sa salle de bains, construire une annexe à sa maison ou simplement remplacer la chaudière ou réparer sa corniche. Quand on se retrouve dans cette situation, il n’est pas toujours simple de savoir par quel bout commencer.

Quels aménagements faire pour ne pas se retrouver avec une rénovation mal pensée, qui contacter comme entrepreneur, combien de devis récolter avant de faire son choix? Tout le monde n’est pas nécessairement porté sur le bricolage et les travaux manuels… Et le rythme de vie que l’on mène actuellement, la course entre le travail, les enfants, les loisirs, fait que l’on n’a pas toujours le temps de penser à ses projets à tête reposée.

Depuis quelques années, un nouveau métier est apparu afin de venir en aide aux candidats rénovateurs. Celui de courtier en travaux. Un métier encore peu connu, mais qui est appelé à croître dans les années à venir, comme l’estime le Forem dans son rapport sur les "Métiers d’avenir". "Même si les particuliers ont de plus en plus tendance à s’informer, la matière est complexe et ils peuvent trouver judicieux de faire appel à un conseiller/expert pour les aider", explique le Forem dans son rapport, en signalant au passage que le courtier connaît aussi sur le bout des doigts toutes les primes et aides disponibles aux candidats à la construction ou la rénovation.

Olivier Meuleman, de la société Bildis, s’est lancé dans la profession il y a 8 ans déjà. À l’époque, sa société avait d’ailleurs été primée par la Région Wallonne en tant que "société innovante". "Je suis persuadé qu’il devrait y avoir plus de gens comme nous sur le marché, dit-il. Les entrepreneurs aussi sont demandeurs. Pour eux, c’est aussi un avantage. Souvent, ils passent des soirées à réaliser des devis qui ne sont pas acceptés. En tant qu’intermédiaires, on leur évite le plus possible cela."

Lorsqu’Olivier Meuleman a lancé son projet de société de courtage en travaux, il s’est d’abord constitué un "portefeuille" d’entrepreneurs d’horizons divers, avant de se lancer véritablement à la recherche de clients. "Ils ont chacun leurs spécificités, que ce soit en électricité, en plomberie, en construction neuve,…" A l’heure actuelle, sa société gère une centaine de chantiers par an et dispose d’un "portefeuille" de 140 entrepreneurs, dont 40 travaillent très régulièrement pour lui.

Le principe du métier est simple. "Face à un projet soumis par un client, il s’agit d’abord d’identifier ses envies précises et ensuite de lui trouver l’entrepreneur qui pourra réaliser son projet exactement comme il le souhaite, en fonction de ses compétences et en tenant compte de son budget", explique Olivier Meuleman. Tout comme un courtier en assurance trouvera le contrat qu’il faut à son client en fonction de ses besoins et de son budget…

Un rival de l’architecte?

Le courtier en travaux n’est pas un entrepreneur. Il ne réalise donc aucuns travaux lui-même, mais assurera le suivi du chantier, du début à la fin, et cordonnera, si nécessaire, les différents corps de métier. "Nous suivons le planning d’intervention et réalisons une surveillance ‘officieuse’ du chantier." Mais n’empiète-t-il pas ici sur le métier d’architecte? "Les architectes sont amenés à faire de plus en plus de choses différentes, ils ont des charges administratives de plus en plus lourdes. Ils n’ont pas le temps de faire de la soumission aux entrepreneurs", dit Olivier Meuleman.

Cela coûtera-t-il plus cher au client? "Non, répond le courtier. Nous travaillons sur des volumes d’affaires importants et nous arrivons à avoir de bons prix sur les matériaux. Du coup, nos devis sont généralement 10 à 15% en dessous du prix du marché", dit-il.

Pour faire ce métier, il faut évidemment s’y connaître un minimum en rénovation. Avoir des affinités avec cette activité. Olivier Meuleman a lui-même pris goût à la rénovation lorsqu’il était étudiant. "Je rénovais mes kots afin de payer moins cher le loyer." Plus tard, il a lui-même travaillé à la rénovation de sa propre maison, avec l’aide de professionnels. Pour être courtier, il faut non seulement s’y connaître un minimum en construction, mais aussi avoir des compétences en matière de gestion. Olivier Meuleman est d’ailleurs, à l’origine, comptable et il a aussi suivi une formation en gestion d’entreprise. Il travaille avec un collaborateur ayant un profil similaire et, jusqu’à il y a peu, avec un architecte employé à mi-temps. Sa société, il aimerait bien évidemment la faire croître. "Mais si on veut garder la satisfaction du client, il faut le faire lentement. Car c’est avant tout grâce à notre réputation que l’on vit…"

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