Démantèlement de la "jungle de Calais" sous haute tension

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Nuit calme à Calais où la veille migrants et militants se sont opposés aux forces de police alors que le gouvernement français a lancé le démantèlement du bidonville qui abrite les migrants. Des cabanes ont été incendiées.

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La nuit a été calme aux abords de la "jungle" de Calais, après les violences qui ont émaillé le démarrage lundi de la destruction d'une partie de ce bidonville regroupant des milliers de migrants, selon les autorités locales. Les travaux doivent se poursuivre mardi pour la deuxième journée consécutive, sous la surveillance d'un imposant dispositif des forces de l'ordre.

La destruction engagée la veile est la première étape vers le démantèlement de ce camp de migrants devenu le plus grand bidonville du pays. Depuis des années, des migrants, venus pour la plupart de Syrie, d'Afghanistan et du Soudan, y transitent dans l'espoir de gagner la Grande-Bretagne, en profitant notamment du ballet des camions entre les deux pays.

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En début de soirée, quelque 150 migrants, certains armés d'une barre de fer, se sont introduits une heure durant sur la rocade portuaire jouxtant la "jungle", lançant des pierres ou s'en prenant aux véhicules en partance pour l'Angleterre. Selon un correspondant de l'AFP, les forces de l'ordre ont répliqué par des tirs de gaz lacrymogène, avant d'évincer les protestataires de la route.

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Arrivés avec deux bulldozers, les employés d'une entreprise privée mandatée par l'Etat avaient entamé tôt lundi matin la destruction d'abris de fortune vides situés sur une zone de 100 m2 dans le sud du camp. Cette partie du bidonville abrite de 800 à 1.000 migrants selon la préfecture mais 3.450 selon les associations.

Les migrants ont d'abord observé à distance cette opération, sur un secteur du camp quadrillé par les policiers anti-émeutes, mais la situation s'est tendue en début d'après-midi.

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A la suite d'un départ de feu de cabanes, des projectiles ont été lancés sur les policiers par des migrants et des militants radicaux "No Border" (qui luttent pour l'abolition des frontières), impliquant environ 150 personnes, selon la préfecture. Les forces de l'ordre ont riposté en faisant usage de gaz lacrymogène. Une vingtaine de cabanes ont été incendiées, nécessitant l'intervention des pompiers, selon un photographe.

Trois militants "No Border" ainsi qu'un jeune migrant ont été interpellés selon la préfecture, qui a aussi fait état de cinq policiers légèrement blessés.

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Le gouvernement français avait obtenu jeudi l'aval de la justice administrative pour évacuer la partie sud du camp. Les migrants doivent être relogés dans des centres d'accueil à Calais ou ailleurs en France.

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La partie nord, qui abrite dans des tentes et cabanes entre 1.100 et 3.500 réfugiés selon les sources, n'est pas concernée par cette décision de justice et les migrants y restent installés.
Il y a un mois, 500 à 700 migrants avaient déjà dû quitter une bande de 100 m de profondeur longeant l'axe routier stratégique menant au port de Calais.

Cohabitation tendue

La récente crise migratoire a augmenté le nombre de migrants transitant par la région, même si la France reste plutôt à l'écart des grands flux. Au fil des mois, la cohabitation avec les populations locales est devenue très tendue.

Plusieurs agressions de migrants par des habitants de la région ont été signalées ces dernières semaines, et une dizaine de personnes ont été inculpées. Les manifestations pro- ou anti-migrants se multiplient également, menaçant souvent de déraper en batailles rangées. Dans ce contexte, l'extrême droite ne cesse de progresser dans la région, où le Front National (FN) est arrivé largement en tête (43%) lors des élections régionales début décembre 2015.

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Dans son ordonnance la semaine dernière, la justice française avait estimé que le cocktail d'insécurité, d'insalubrité et de violences, entre migrants et forces de l'ordre ou vis-à-vis de riverains, justifiait la l'évacuation du sud de la "jungle".

Pour le gouvernement, l'objectif est à terme le démantèlement total du camp, où survivent entre 3.700 et 7.000 migrants selon les sources, que le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve présente comme une "démarche de mise à l'abri des migrants".

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L'Etat privilégie une double solution. D'une part l'hébergement d'une partie des migrants dans un "Centre d'accueil provisoire", des conteneurs chauffés jouxtant la "jungle" elle-même, où 1.200 personnes se sont installées depuis janvier.

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De l'autre surtout, les départs dans l'un des 102 "Centres d'accueil et d'orientation" disséminés partout en France, où les migrants sont censés réfléchir au dépôt de demandes d'asile plutôt que de tenter la traversée clandestine risquée vers l'Angleterre.

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