Evacuation de la jungle de Calais, le plus grand bidonville de France

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L'évacuation a commencé: des migrants sont arrivés ce matin au point de rassemblement fixé par les autorités françaises pour l'évacuation de la "Jungle" de Calais, ce campement précaire.

L'évacuation de la "Jungle" de Calais, vaste campement précaire de milliers de migrants dans le nord de la France, a commencé en début de matinée, avec l'espoir de tourner la page de ce symbole de la crise migratoire qui touche l'Europe.

Une centaine de Soudanais et d'Erythréens, des hommes principalement, se sont présentés avec valises et baluchons devant le hangar servant de quartier général à l'opération présentée comme "humanitaire" par le gouvernement.

Témoignages
En tête de file, Bachir, un Soudanais de 25 ans, sourit dans son sweat à capuche orange: "N'importe où en France" sera mieux que les tentes du camp.
A l'inverse Mohammed, un Éthiopien, regarde la file se former avec scepticisme. "Je suis mineur, je veux passer en Grande-Bretagne, les bus ne m'intéressent pas", dit-il avant de faire demi-tour vers le campement.

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Au total, de 6.000 à 8.000 migrants doivent être acheminés par car dans des centres d'accueil spécifiques partout sur le territoire français durant toute la semaine.

Hommes, femmes ou enfants, ils patientent depuis des mois dans ce bidonville boueux face aux côtes anglaises, avec, pour la plupart, l'espoir de traverser la Manche.

Quelque 1.250 policiers et gendarmes ont été mobilisés pour assurer le déroulement sans heurt de l'opération.

 

La Belgique "fera tout" pour qu'aucun camp de tentes ne s'installe sur son territoire et renforcera dès samedi son dispositif policier à la frontière avec la France, avait annoncé le cabinet de jan Jambon, ministre de l'Intérieur. ©BELGA

→  Et en Belgique? En réaction à la décision du ministre de l'Intérieur Jan Jambon (N-VA) de mobiliser 120 policiers à la frontière française en vue de la fermeture du camp de migrants de Calais lundi, les syndicats de la police ont activé en front commun (CGSP, SLFP, CSC et SNPS) le préavis de grève de la CGSP qui court depuis le début de l'année, a indiqué samedi le président du SLFP police, Vincent Gilles.Ce préavis couvre tout policier qui se déclarerait en grève dans le cadre d'une prestation prévue pour le plan Médusa 2. Il prend effet dès samedi et ne sera levé qu'à l'issue d'une négociation favorable.

 

→ Pourquoi cette évacuation?

Les migrants emabarquent dans des bus afin d'être relocasés dans différents centre en France. ©EPA

Insécurité, exaspération des populations locales, le camp de Calais était devenu un abcès, empoisonnant le débat autour de l'immigration et suscitant des tensions entre Paris et Londres. Fin septembre, le gouvernement socialiste a annoncé son démantèlement.

 

→ Que vont devenir les migrants?

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Le défi est de taille, mais les autorités, qui assurent disposer de 7.500 places d'hébergement, espèrent vider la "Jungle" en "une semaine". De lundi à mercredi, 145 autocars se relaieront pour transporter les migrants vers près de 300 centres d'accueil. Et dès mardi, des pelleteuses devraient commencer à déblayer tentes et baraquements.

Dimanche, des dépliants rédigés en plusieurs langues ont été distribués pour préciser le déroulement de l'opération et tenter une dernière fois de convaincre ceux qui ne veulent pas partir.

Plusieurs migrants ont déjà quitté le camp ces derniers jours pour ne pas s'éloigner de la région et préserver leurs chances de traverser la Manche, selon des bénévoles.

 

Juste une façon de contourner le problème...

Cette évacuation annoncée n'a pas clos le débat. Des membres de l'opposition de droite craignent désormais une multiplication de "mini-Calais" dans toute la France et plusieurs villes d'accueil se sont rebellées contre le plan de répartition du gouvernement.

"Accueillir dans des villes 30, 40 personnes (...) ça me paraît être la moindre des choses", a répliqué dimanche le ministre de la Ville Patrick Kanner, en réclamant "respect" et "humanité" pour les migrants.

Plusieurs associations d'aide aux migrants ont quant à elles regretté la précipitation des autorités et certaines ne cachent pas leur scepticisme sur la suite. "Le gouvernement rêve qu'en détruisant, cela va régler le problème migratoire, mais c'est une erreur: une bonne partie des gens qui vont partir reviendront, sans compter qu'il y a toujours de nouveaux arrivants, environ 30 par jour", estime François Guennoc, vice-président d'une association, l'Auberge des migrants.

Mais beaucoup de riverains s'avouent soulagés. "Si cela se fait comme prévu, on va pouvoir souffler et dormir un peu mieux", dit Bernard, 58 ans, dont le jardin a été saccagé à plusieurs reprises.

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