Hollande veut fermer "la Jungle" avec l'aide des Britanniques

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Dans le cadre de son premier déplacement présidentiel à Calais, il a confirmé sa volonté de démanteler le bidonville, où vivent actuellement entre 7.000 et 10.000 migrants. Il en a profité pour demander aux autorités britanniques de prendre leurs parts de responsabilités dans la résolution de la crise.

Pour la première fois depuis le début de son mandat, François Hollande se rendait à Calais, point chaud du transit migratoire entre la France et le Royaume-Uni. Alors que le ministre français de l'Intérieur Bernard Cazeneuve avait déjà fait part de sa volonté d'évacuer le bidonville surnommé "La Jungle", le président est venu confirmer cette décision, assurant que le démantèlement du camp serait complet et définitif, et qu'il aurait lieu d'ici "la fin de l'année". "Le gouvernement ira jusqu'au bout", a confirmé  François Hollande, qui ne s'est pas rendu dans le campement. 

En février dernier, la "jungle" de Calais avait déjà été en partie évacuée, à coup de gaz lacrymogènes et de bulldozer. Sept mois plus tard, le nombre de personnes vivant dans le plus grand bidonville de France n'a jamais été aussi grand. Selon les estimations, entre 7.000 et 10.000 migrants arrivés notamment de Syrie, d'Érythrée ou du Soudan vivraient dans ce campement.

Une population qui a presque doublé depuis le printemps, à cause notamment d'une hausse des traversées de la Méditerranée mais aussi de l'évacuation de plusieurs campements parisiens, comme celui du métro Stalingrad, où vivaient près de 1.500 demandeurs d'asile en plein coeur de la capitale.

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Les responsabilités britanniques

Le président français ne s'est pas contenté de rappeler sa volonté de fermer le camp. Il a également profité de son déplacement pour rappeler la responsabilité des autorités britanniques dans la situation calaisienne, et le rôle qu'elles doivent endosser dans la résolution de cette crise humanitaire majeure. "Je veux dire ma détermination à voir les autorités britanniques prendre leur part dans l'effort humanitaire que la France accomplit ici et continuera à accomplir demain".

Dans cette affaire, les destins de la France et du Royaume-Uni sont liés. En vertu des accords du Touquet, signés en 2003 entre Paris et Londres, la frontière britannique est située en France, et c'est donc aux autorités françaises de bloquer les flux migratoires.

Londres contribue toutefois financièrement, à hauteur de plusieurs dizaines de millions d'euros, au contrôle de cette frontière. Les Britanniques financent notamment un mur "anti-intrusion" en construction sur la rocade qui mène au porte de Calais au grand dam des associations de défense des étrangers.

"Ce n'est pas parce que le Royaume-Uni a pris une décision souveraine qu'(il) est dégagé de ses obligations par rapport à la France", a-t-il ajouté, faisant référence au résultat du référendum sur la sortie du Royaume-Uni de l'UE.

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En vue des élections à venir, Calais risque en tout cas d'être un des thèmes de campagne majeurs, alors que le débat sur l'immigration est à son comble, tiré par une droite qui occupe vastement l'espace médiatique. L'ancien président Nicolas Sarkozy, candidat à la primaire de la droite, s'est lui-même rendu à Calais la semaine dernière, d'où il avait prôné le rétablissement des contrôles aux frontières. Lui et ses proches multiplient les attaques contre la politique du gouvernement socialiste et critiquent notamment l'ouverture prévue de centres de migrants sur l'ensemble du territoire pour accueillir les milliers d'exilés de Calais.

Longtemps très discret sur le thème de l'immigration, le président français s'est ostensiblement saisi du dossier ces derniers jours, avec une visite samedi dans un de ces centres d'accueil. La France ne sera "pas un pays de campements", avait-il alors promis alors que les plus droitiers agitent la menace de "mini-Calais" dans tout le pays.

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