Human Rights Watch montre l'horreur à la frontière turque

La frontière entre la Turquie et la Syrie reste toujours fermée. ©REUTERS

L'ONG de défense des Droits de l'Homme a diffusé des images tournés par des réfugiés syriens à la frontière turque. Ils sont battus, parfois à mort, par les gardes-frontières alors que leur accueil est l'objet d'intenses tractations entre l'Europe et le régime d'Erdogan.

La guerre en Syrie, qui a débuté en 2011 par la répression dans le sang de manifestations demandant la démocratie, a fait plus de 270.000 morts et poussé au moins la moitié de la population à fuir son foyer. La grande majorité des réfugiés syriens sont dans les pays voisins, dont 2,5 millions en Turquie, soit le plus gros contingent.

©EPA

Mais une fois en Turquie, la plupart des migrants syriens - qui en principe ne peuvent être renvoyés vers leur pays déchiré par la guerre - vivent hors des camps. L'élue espagnole Marina Albiol, au retour d'une mission sur place, nous explique que "leur situation est épouvantable, ils sont exploités. Des enfants de 10 ans doivent travailler dans des usines."

Ce mardi, l'ONG Human Rights Watch a mis en ligne des images filmées par des Syriens pour illustrer la violence et l'atrocité de "l'accueil" des réfugiés en Turquie. A travers plusieurs témoignages, on apprend que les hommes et les femmes sont battus, parfois blessés par balles voire sauvagement tués. Des gardes-frontières turcs sont impliqués dans ces actes épouvantables. Les images, d'une rare brutalité, sont choquantes. Entre le mois de mars et le mois d'avril, Human Rights Watch a recensé la mort de cinq personnes, dont un enfant. 14 autres personnes ont été sérieusement blessées.

Les images de Human Rights Watch

Au sommet du pouvoir à Ankara, l'accueil des réfugiés syriens s'est pourtant monnayé avec l'Europe. Signé à Bruxelles le 18 mars dernier, mais critiqué notamment par l'ONU,, l'accord UE-Turquie prévoit le retour sur le sol turc de tout migrant arrivé en Grèce à partir du 20 mars et n'ayant pas fait de demande d'asile ou dont la demande a été rejetée. En retour, Ankara a obtenu une aide financière et une accélération de la libéralisation des visas et des négociations d'adhésion à l'UE.

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