"Il n'y aura plus de rapatriements vers le Soudan jusqu'à la fin janvier"

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Plusieurs Soudanais qui ont été renvoyés dans leur pays depuis la Belgique témoignent des maltraitances et de l'enfermement dont ils ont été victimes à leur arrivée au Soudan. La polémique enfle autour de l'action de Theo Francken. Aujourd'hui, Charles Michel suspend temporairement tout rapatriement.

"Jusqu'à la fin du mois de janvier, il n'y aura pas de rapatriements vers le Soudan." Alors que la polémique enfle sur le sort réservé dans leur pays aux Soudanais expulsés de Belgique, le Premier ministre Charles Michel a annoncé sur le plateau de "A Votre d'Avis" (RTBF) attendre la fin de l'enquête. "Je veux que la clarté soit faite sur cette situation. On ne peut pas accepter qu'il y ait la moindre ambiguïté."

De nouvelles interpellations au la gare du nord

Quatorze personnes ont été interpellées mercredi soir dans le Centre de Communication Nord (CCN) lors d'une action de la police des chemins de fer qui visait les migrants et les sans-papiers et à laquelle participait l'Office des Etrangers. Treize d'entre elles, parmi lesquelles un mineur, font l'objet d'une arrestation administrative et verront leur sort statué par l'Office des Etrangers. Une quatorzième personne a été arrêtée judiciairement, indique jeudi la police fédérale. 

Des témoignages publiés mercredi affirment que des Soudanais qui ont été renvoyés ces derniers mois depuis la Belgique ont été maltraités à leur retour au pays. Tous avaient rencontré précédemment l'équipe d'identification invitée par le secrétaire d'Etat en charge de la migration. 

Theo Francken avait en effet demandé l'aide du Soudan pour identifier les migrants d'origine soudanaise au Parc Maximilien. C'était en septembre dernier. Suite à cela, plusieurs Soudanais entendus par l'équipe d'identification à Bruxelles et renvoyés dans leur pays auraient été enfermés et maltraités à leur retour, selon des témoignages que l'Institut Tahrir pour la politique au Moyen-Orient (Tahrir Institute for Middle East Policy) a pu récolter.

"C'est ce contre quoi nous avions mis en garde il y a quelques mois. Nous voulions savoir comment ils allaient et s'ils étaient en sécurité. Ce n'est pas le cas. Ils craignent vraiment pour leur vie." (Koert Debeuf, l'Institut Tahrir)

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Het Laatste Nieuws a relancé la polémique autour de cette mission qui avait déjà fâché à l'époque.  Plusieurs témoignages indiquent que lors des auditions à Bruxelles, aucun Belge n'était présent, ce que conteste l'Office des étrangers. Ce dernier concède toutefois que le représentant présent ne parlait pas arabe, et encore moins le dialecte soudanais. Des menaces de la part de l'équipe d'identification ont ainsi pu passer inaperçues.

La défense de Francken. Theo Francken souligne que les procédures ont été correctement appliquées et conformément aux législations européennes et internationales. Invité de De Ochtend, il a ajouté que la Belgique avait demandé à l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) un monitoring des personnes concernées. L'OIM n'a reçu qu'un appel, mais qui concernait autre chose, précise le secrétaire d'Etat. Theo Francken souhaite qu'une enquête soit ouverte pour savoir si les migrants renvoyés vers le Soudan ont été torturés.

"Pour l'instant, nous n'avons pas reçu de signal que cela se produisait, pas même de la par de l'ONU."
"S'il apparaît qu'ils sont en effet torturés, c'est un gros problème. (...)Alors, personne ne sera renvoyé."
(Theo Francken)

Les écologistes ont dénoncé mercredi la "monumentale faute de jugement" commise selon eux par le secrétaire d'Etat:

"Ces rapatriements vers le Soudan, ou vers toute autre dictature, doivent immédiatement s'arrêter et le gouvernement doit s'expliquer au parlement." (Benoit Hellings, député fédéral Ecolo). Ce sera chose faite pour un peu plus d'un mois.

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